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jeudi 11 novembre 2010

Inde et USA (suite). Le Dieu du védanta. Le Yémen futur Pakistan ?

Le 8 novembre 2010




Les USA peuvent faciliter une trève indo-pakistanaise, non l'imposer, déclare Obama à New Delhi, conseillant de commencer par régler les questions les moins sensibles avant d'aborder le contentieux cachemiri, rapporte le Times of India, tandis qu'un contributeur anonyme (p. 6) cite un des otages du Taj pour qui « cette visite ne signifie rien tant que les USA ne livrent pas Headley-Gilani à la justice indienne ». Indrani Bagchi (p. 7) se demande d'ailleurs à quoi peut servir un avion de reconnaissance en mer fourni par les USA alors que le Pakistan n'a pas de marine.



Une courte bande dessinée (idem) montre dans une première image deux Yéménites commentant « Tu as entendu ? Al Quaeda au Yémen a essayé de mettre des bombes sur des avions cargo à destination des USA ? » dit l'un. « Youpie ! » répond l'autre dans une deuxième image, « tu vois les implications ? » avant de poursuivre dans la troisième et dernière image : « Nous allons pouvoir, comme le Pakistan, réclamer 2 milliards de dollar par an pour combattre le terrorisme ! »



Un remarquable billet sur Dieu, la physique et le védanta, « Finding a Sustainable God » résume admirablement la théologie du védanta (école orthodoxe de l'hindouïsme). 
Dieu est-il mort et enterré ? se demande l'auteur du billet. Oui et non. Le vieux Dieu, celui qui est en dehors des choses (the outsider) ne tient pas la route [car] nous savons que l'espace, étant infini, n'a pas d'extérieur où Dieu pourrait se tenir. Dieu pourrait-il alors résider à l'intérieur de l'espace ? Pas d'avantage car l'espace et tout ce qui s'y trouve sont fait de la même substance, les galaxies, étoiles et planètes n'en étant que des densifications. À cause de cette densité plus grande leur expansion ralentit et elles restent en arrière [par rapports à la substance moins dense, un peu comme des grumeaux dans une soupe gazeuse]. Un Dieu résidant dans l'espace n'est pas d'avantage imaginable car il y serait comme une tache ou un défaut [un grumeau parmi d'autres]. Si Dieu n'existe ni dans ni en dehors de l'espace, Dieu ne peut exister et n'existe pas, continue KM Gupta. Dieu pourrait-il résider dans l'esprit, poursuit-il ? Pas d'avantage car – citant Spinoza – la substance pensée et la substance pensante [la nature naturée et la nature naturante] sont identiques. Dieu ne peut donc d'avantage « prendre pied » dans l'esprit humain. Par conséquent le seul Dieu qui tienne la route (sustainable) est l'Univers lui-même, conclut-il. Si l'on accepte cette définition on échappe à l'athéisme. Mais ce Dieu ne crée ni ne gère l'univers. L'Univers se crée, se gère et se dissout lui-même à cause de nécessités mathématiques ou géométriques. Le Dieu du Védanta, Brahman, n'est autre que cette substance globale traversant éternellement des cycles d'expansion et de contraction. L'auteur conclut par cette citation de la Chandogya Upanishad : Tout ce qui existe dans l'espace vient de l'espace, subsiste dans l'espace et se dissout dans l'espace.



The Tribune retient des déclaration d'Obama celle suivant laquelle l'engagement du Pakistan contre le terrorisme est insuffisant, ni rapide ni efficace assez. Sur le front économique c'est le déséquilibre des échanges qui retient l'attention et la déclaration du Président des USA suivant laquelle les Américains ne comprendrait pas que l'Inde puisse continuer à leur vendre ses produits sans réciprocité.



La perspective de vente de matériel militaire américain ne doit pas nuire aux échanges anciens entre la Russie et l'Inde - avions de combat Sukhoi 30 et tanks T-90 - non plus qu'aux projets pendants (missiles de croisière et avion de transport) note Ajay Banerjee (idem) :. Les USA fourniront huit avions de reconnaissance maritime et anti-sous-marins. Les moteurs de l'avion de combat léger Téjas (indien) seront équipés de moteurs General Electric (GE 414). [Parmi les fournisseurs traditionnels de l'Inde – et qui le resteront sans doute – il faut aussi compter la France et Israël].



« The Talibans' social wars » (idem) rappelle que la guerre des terroristes pachtounes est aussi culturelle. Ils ne s'en prennent pas seulement aux Américains et à la culture occidentale mais aussi, au nom de l'intégrisme wahabite, à la culture traditionnelle pachtoune, particulièrement à son droit ( pashtunwali) et à ses tribunaux (jirga) tribaux coutumiers, ainsi qu'à sa littérature et à sa poésie. Les minorités chiite, soufiste – très importante au Pakistan comme dans l'islam indien – ainsi qu 'ahmadi, sont aussi leur cible. Leur objectif ? Imposer un islam pur tel que défini par le wahabisme, en Afghanistan d'abord, au Pakistan ensuite.



Le 9 novembre 2010



« Obama backs India for UNSC Seat » titre en première page le Times of India. Le Président américain insiste aussi sur la nécessité, pour le Pakistan de cesser d'abriter des groupes terroristes et de poursuivre les auteurs de l'attentat de Mumbai, et pour l'Inde d'engager des pourparlers avec le Pakistan. Manmohan Singh répond que cela est impossible tant que son voisin se réserve le recours au terrorisme comme moyen de pression.



Cela n'empêche pas que « Pak ou pas Pak , la visite d'Obama est certainement un grand succès ». Telle est la conclusion de Rajeev Deshpande (idem) aux trois journées indiennes de Barak et Michelle Obama.



Rajat Pandit (idem) rappelle qu'à côté des livraisons de matériel militaire les USA et l'Inde ont conduit 60 manoeuvres et wargames (simulations de combat/ jeux de guerre) conjoints au cours de la décennie écoulée et qu'en ce moment même, 200 soldats indiens sont en Alaska pour prendre part aux exercices Yudh-Abhyas/ Balance Iroquois, et que 90 officiers indiens suivent des formations aux USA.



Dans « The Eagle Has Landed » (idem) Harsh V Pant (King's College, Londres) souligne que malgré la chute de tonus de l'économie américaine et les récents déboires électoraux des Démocrates au Congrès, les USA restent le principal facteur d'équilibre géo-politique et stratégique en Asie du Sud et du Sud-Est. Aucune des puissances de la région – Japon, Corée du Sud, Indonésie – ou des pays encore émergents comme le Vietnam ne veut d'une Chine dominante. L'auteur remonte à 2009 lorsque qu'un Obama récemment élu cultiva d'abord la relation USA-Chine, allant jusqu'à imaginer un G2 gérant l'équilibre en Asie-Pacifique. La Chine, super-pouvoir potentiel, analyse l'auteur, commença alors à se comporter comme un super-pouvoir effectif. Elle réagit très mal à la fourniture à Taïwan d'armements américains pour une valeur de 6, 5 milliards de dollars, puis refusa de condamner la destruction d'un navire sud-coréen par la Corée du Nord en mars, ainsi que de s'excuser lorsqu'un navire chinois viola les eaux territoriales japonaise, ré-itérant au contraire ses prétentions sur toute la Mer de Chine du Sud, prétentions contestées par six pays : Japon, Taïwan, Philippine, Vietnam, Indonésie, Malaisie. De tous ces pays, l'Inde était sans doute le plus difficile à convaincre de l'opportunité d'un renouvellement ou d'une approfondissement de leur alliance avec les USA. C'est maintenant chose faite.

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