Le 21 octobre 2010
À la veille de trois jours de "dialogue stratégique" entre les USA et le Pakistan, et à quelques jours de la visite du Président Obama les Indiens continuent à s'inquiéter qu'une partie de l'aide américaine censée être utilisée pour renforcer la capacité du Pakistan de poursuite des différents groupes terroristes présents sur son territoire dans le Nord Waziristan à la frontière Afghane, soient détournée pour renforcer les lignes de défense de ce pays contre l'Inde.
Cette aide devrait se monter à deux milliards de dollars, s'ajoutant à des milliards de dollars en aide militaire et aux 7,5 milliards en aide non-militaire à la lutte anti-terroriste étalés sur cinq ans du Kerry-Lugan-Berman Bill. Chidanad Rajghatta (Times of India, October 21, 2010) s'étonne que ce pactole soit envisagé deux semaines après que le Ministre indien de la Défense, AK Antony, se soit ouvert à Washington de sa crainte que les armes et équipements fournis par les Américains ne soient dirigés contre l'Inde, alors que par ailleurs le plus gros contrat d'armement entre l'Inde et les USA (10 milliards de dollars) vient d'être signé cette année et qu'un second contrat de la même importance (126 avions de combat multi-rôle) devrait être discuté lors de la visite du Président Obama au début de novembre. Alors que également, l'implication du Pakistan, « ce douteux allié ... maniant le terrorisme d'état comme instrument politique » dans l'attentat du 26/11/2009 à Bombay est avérée, de même que la présence d'Osama Bin Laden au Pakistan où d'après un officiel de haut rang de l'OTAN il vivrait dans « un confort relatif » ‒ et certainement pas dans une grotte ‒ protégé par les natifs et les Services secrets pakistanais (ISI), poursuit le journaliste.
David Headley et Gilani
Je notais ici, 6 janvier 2010, qu'un musulman d'origine américaine, issu d'un couple mixte, David Headley alias Daood Gilani, suspect d'avoir contribué à l'organisation de l'attaque de Bombay en 2008, avec l'aide du mouvement terroriste pakistanais Lashkar e Taiba (LeT) n'est autre que le fils du demi-frère de Daniel Gilani, Porte-parole du Premier ministre pakistanais, Sayed Yusuf Reza Gilani.
La presse indienne en reparle fréquemment ces derniers temps. Le Times of India (18 octobre) rappelle que deux des trois épouses de Headley-Gilani (dont une Américaine et une Marocaine) avaient prévenu le FBI des activités suspectes de leur époux en 2005 et en 2008, peu avant l'attentat de Mumbai. Mike Hammer, porte-parole du NSC (National Security Council, White House) répond que ces informations étaient trop générales pour les communiquer aux Indiens : « Had we known about the timing and other specifics related to the Mumbai attacks, we would have immediately shared those details with the government of India ».
David Coleman Headley, alias Daood Gilani, a plaidé coupable devant une cour fédérale américaine et avoué aux enquêteurs indiens qui eurent accès à lui à cette occasion, que des membres des services secrets pakistanais (ISI) étaient impliqués dans chaque initiative importante du LeT et qu'il avait personnellement été entraîné par d'ancien officiers et vétérans de l'armée pakistanaise ayant opéré sur le front Cachemiri avec l'Inde, entre autre le Major Iqbal et le Lieutenant Colonel Hamza (Times of India, 20 October).
Le Times of India (21 October, 2010) ajoute aujourd'hui des précisions tirées de la moisson d'informations récoltées par les enquêteurs indiens (NIA : National Investigation Agency). Non seulement Mumbai mais aussi Pune, Goa, Pushkar et Delhi auraient dû être visés. Daood Gilani aurait filmé les abords de la résidence du Premier ministre indien en mars 2009 mais considéra l'appareil sécuritaire l'entourant trop difficile à pénétrer. Delhi aurait échappé à un attaque majeure suite à l'interception à la frontière d'un ressortissant pakistanais chargé, sur la recommandation de Gilani -Headley, de s'en prendre au National Defence College. Les concepteurs de ce plan espéraient ainsi tuer « plus d'officiers de l'armée indienne qu'au cours de toutes les guerres indo-pakistanaises ».
Les retombées du quasi-fiasco des Jeux du Commonwealth se poursuivent, le Centre (gouvernement central, en particulier le SAI, Suprem Audit of India, et CAG, Comptroller and Auditor General) ayant promis enquêtes et sanctions. Kalmadi, président du Comité olympique indien n'a pas été invité à la réception en l'honneur des athlètes indiens médaillés ; l'avance globale consentie à l'entrepreneur privé Emaar basé à Dubai (1 milliard 230 millions de INR) a été bloquée et une procédure de récupérations d'autres fonds déjà engagés va être lancée par le Ministère du développement urbain (UD) et le DDA (Delhi Development Authority).
Bien que certains grands hôtels, hébergeant les officiels, annoncent de bons résultats, l'industrie hôtelière à New Delhi n'a enregistré que 40 % d'occupation contre 90 % escomptés. Sur les 30 000 chambres supplémentaires prévues à la demande du Centre, 5 000 ont été réservées, un « all time low » jamais enregistré pour la période. Les pertes quotidiennes pour l'industrie des aliments et boissons (Food and Beverages Industry) se monteraient à 50 millions de INR par jour.
Par ailleurs on apprend que les télévisions dans les chambres du village olympique n'ont jamais fonctionné, pas plus que les connections WIFI à l'internet annoncées, sans parler des prises de courant non protégées dans les douches, de tuyaux d'incendies non raccordés et de chauffeurs ne parlant pas l'anglais ou ne connaissant pas la carte de la ville (Times of India, 20 October, 2010).
Le 22 octobre 2010
L'étau se resserre sur le Comité Olympique, Kalmadi et certains de ses collaborateurs immédiats. The Indian Express tente aujourd'hui un premier le bilan des résultats d'enquête du CVC (Central Vigilance Commission) relativement aux Jeux du Commonwealt : 200% de dépassement budgétaire (6 milliards 680 millions de INR au lieu de 2 milliards 221, 18 millions de INR ; pas de contrôle du cahier des charges ; contrats gonflés au bénéfice de firmes qui ne remplissaient pas les critères d'éligibilité ; tarifs différents, parfois de 300 %, pour des biens identiques fournis à différents moments ; fonds allouées pour des biens et services inutiles. Par ailleurs le Times of India annonce que la main d'œuvre non qualifiée employée (70.000 ouvriers) in extremis pour rendre les sites olympiques fonctionnels ou habitables a été payée à un taux inférieur ( entre 110 et 130 INR/jour) au salaire minimum (203 INR/jour) ou attend encore de l'être. De même pour la main d'œuvre qualifiée payée 200 INR/jour au lieu de 248 INR/jour.
Le même quotidien relève qu'à l'issue du « dialogue stratégique » entre les USA et le Pakistan, le président Obama a annoncé qu'il visiterait le Pakistan en 2011 comme prévu, décevant les espoirs de la délégation pakistanaise de haut niveau – elle comprenait le ministre des affaires étrangères Qureishi et le général Kayani – d'une visite précédant la visite d'Obama en Inde le 6 novembre, ou la suivant immédiatement.
La Chine, autre sujet d'inquiétude pour l'Inde, l'est aussi pour le Japon. Cette nouvelle conjoncture pousse ces deux derniers pays à resserrer des liens considérés jusqu'à présent comme allant de soi et un peu négligés. L'éditorial de Harsh V. Pant, enseignant au King's College de Londres, préconise « un rôle plus important pour la marine indienne en Mer de Chine et pour les Forces d'autodéfense japonaises dans l'Océan indien, ajoutant que cela serait encore mieux si les USA participaient à ces manœuvres indo-japonaises ». Les récentes initiatives chinoises sur la frontière sino-indienne en Arunachal Pradesh et l'incident entre un navire de pêche chinois et les garde-côtes japonais dans les eaux territoriales des Sengaku ne peuvent que « rapprocher l'Inde et le Japon » et renforcer le système d'alliances des pays de la région avec les USA, qui en définit l'architecture sécuritaire.
Rapporté de Kaboul (Ibidem.), par Deb Riechmann : Qiyamuddin Kashaaf, porte-parole de la Sura (Conseil de Paix) récemment mis en place par le gouvernement Afghan comme cadre des négociations avec certains Talibans, souhaite que les négociations soient placées sous les auspices de l'Arabie Saoudite. Pour rappel ce pays entretenait d'étroits liens avec les Talibans au cours de la guerre civile au début des années 90. L'Arabie et les UAE furent les premiers à reconnaître l'état Taliban, suivi par le Pakistan. Le ministère saoudien des Affaires étrangères pose comme condition à toute implication que les Talibans Afghans rompent tous liens avec Osama Bin Laden et Al Qaeda. Cette exigence est partagée par les USA et le gouvernement afghan.
Le 23 octobre 2010
L'auteur d'un article dont j'ai perdu la référence ironise sur l'opinion défendue par certains membres du Tea Party suivant laquelle le Président Obama étudierait le Coran en secret. Cette ironie est blessante pour les musulmans avant de l'être pour le premier président noir des USA. Elle manifeste une constante dans l'opinion de certains libéraux américains comme dans celle d'une certaine gauche ouest-européenne : la permanence d'une tolérance (de l'islam en l'occurrence) fondée sur la condescendance et l'ignorance, et ne voyant dans leur alliance avec les milieux musulmans que les bénéfices électoraux à court terme sans vraiment connaître les gens à qui ils s'allient.
Ce sont eux précisément qui devraient « étudier le Coran » afin de pouvoir en parler en connaissance de cause, comme je suis sûr le Président des USA l'a fait, non parce qu'il serait un crypto-musulman – je crois qu'au fond il est bouddhiste – mais pour les raisons que l'on sait : il a passé une partie de sa jeunesse dans un pays musulman, en milieu musulman. Mais surtout je crois parce que n'étant pas du type à parler de ce qu'il ne connaît pas, ni à prendre ses désirs pour des réalités, il a probablement au moins lu, attentivement, le Coran.
Le Coran n'est pas un très gros livre. Nos gauchers, gauchistes et chrétiens de gauche sont inexcusables de ne pas prendre le peu de temps et de peine que sa lecture leur prendrait. Leur perception de l'islam et des musulmans en serait peut-être modifiée. Cela nous épargnerait beaucoup de ces vains débats où depuis vingt ans ressortent des arguments fondés non sur une connaissance de l'islam et des cultures musulmanes mais sur ce qu'on appelle en anglais le wishful thinking (consistant à « prendre ses désirs pour des réalités ») et l'ignorance.
Ils comprendraient alors probablement que les rançons et autres tributs payés par les états occidentaux que ce soit aux Palestiniens, aux Afghans ou aux Pakistanais, que ce soit sous forme d'aide ou de subventions, ne sont pas des épiphénomènes récents résultant d'une conjoncture particulière – l'occupation des territoires par Israël – mais font partie de la panoplie d'outils déjà énumérée dans le Coran, pour signifier et compléter la sujétion politique des communautés, nations et états non-musulmans. Le principe en est simple et identique à celui des groupes mafieux : payer pour être protégé, c'est-à-dire ne pas être attaqué. L'islam n'est que l'éthos clanique et mafieuse faite religion.
C'est dans ce contexte qu'il faut replacer les deux milliards de dollars en aide militaire que les USA viennent de s'engager à verser au Pakistan, s'ajoutant aux 7,5 milliards de dollars en aide civile sur cinq ans déjà conclus, et au reste.
Il y a peu de chance que ces aides atteignent d'avantage leur objectif – mettre fin à la présence de Taliban dans le Nord Waziristan et ailleurs – qu'elles ne l'ont fait par le passé. Que ferait le Pakistan, qui ne produit et n'exporte quasiment que fruits, légumes et coton, si Al Quaeda et les Talibans disparaissaient du paysage ? Il n'aurait alors plus de levier pour extorquer des USA et autres nations occidentales des ressources que leur économie est incapable de produire. C'est ce que le Pakistan et surtout l'armée pakistanaise et l'ISI (Sécurité) ont bien compris, recevant d'une mains les aides diverses censée renforcer leur capacité de combat du terrorisme, de l'autre affectant ces ressources à renforcer leurs lignes de défense contre l'Inde, et d'une troisième main, si je peux dire, en redistribuant des miettes, sans doute substantielles, à ceux-là même que ces fonds devaient permettre de mieux combattre, alimentant ainsi la « pompe à finance ». Comme prescrit par l'Évangile, la main droite du Pakistan ne sait pas ce que fait sa main gauche mais comme le dieu hindou Shiva, le Pakistan a beaucoup de mains.
Dans les rapports des musulmans avec les infidèles, le Coran fait de duplicité et tromperie vertu.
Yahoo India (22 October 2010) résume les trois jours de dialogue stratégique sous le titre US to Pakistan: Stop anti-India terror groups, soulignant qu'à la demande de les soutenir dans leur différend avec l'Inde sur le Cachemire, les Américains, ont répondu à leurs hôtes pakistanais, parmi lesquels Qureshi, ministre des affaires étrangères et le général Kayani, que les USA étaient alliés de l'Inde autant que du Pakistan et qu'ils préféraient que ce conflit soit résolu bilatéralement. L'article insiste aussi sur l'exigence américaine que le Pakistan mette un terme aux activités de groupes terroristes visant l'Inde ou le Cachemire indien autant qu'à ceux opérant à sa frontière avec l'Afghanistan, groupes qui, résume le porte-parole du State Department, représentent une menace pour le Pakistan, l'Afghanistan, l'Inde, la région ainsi que pour les États-Unis.
La récente suggestion faite à l'Inde par les USA de consentir à ce que le Cachemire indien occupe un siège à l'ONU semble oubliée pour le moment.
Les réactions des lecteurs à l'article du Times of India "Relations with Pakistan not at India's expenses" (23 October 2010) ainsi que celles des bloggers indiens, dont certains vivant aux USA, sont cependant pour la plupart négatives, reportant sur les USA le soupçon que ces derniers entretiennent vis-à-vis du Pakistan, celui de « double jeu », et se scandalisant de voir mettre sur le même pied une démocratie qui a fait ses preuves, l'Inde, et un pays qui reste l'épicentre global du terrorisme et de la prolifération nucléaire. Les USA sont accusés de vouloir embrasser en même temps « le serpent et le crapaud ». Voir entre autres le blog Indus Calling.
Faisant suite aux déclarations d'un pasteur protestant américain qualifiant le yoga de « démoniaque » et « d'agent de l'hindouisme », Yahoo India (21 October 2010) rapporte la réaction du Père John Ferreira, directeur du Collège Saint Pierre à Agra, professeur de yoga, qualifié dans l'article de yoga guru, suivant laquelle « le yoga n'appartient à aucune religion » et que Jésus était « un grand yogi ».
Un billet du Times of India (rubrique The Speaking Tree, 23 October 2010) relate l'expérience d'un couple d'hindous qui voyageant en Scandinavie en compagnie d'un natif, découvre une église abandonnée au milieu d'un bois. Ils sont impressionnés par le site et regrettent de le voir la construction se détériorer. Ils reviennent au même endroit deux ans plus tard et sont surpris de voir le site occupé par un groupe que nous qualifierions de « New age » et que quelques corps d'habitation sont en train de pousser aux alentours. Dans l'église, à la croix se sont ajoutés des symboles inattendus : le lotus et la swastika hindoue, car explique un des résidents « nous croyons en l'unité de toutes les religions ». La divinité, conclut le touriste hindou et auteur du billet (arunajethwani@gmail.com) s'exprime partout que ce soit dans la lueur d'une chandelle, l'incandescence d'un bâton d'encens, le son des cloches ou celui du gong.
À la veille de trois jours de "dialogue stratégique" entre les USA et le Pakistan, et à quelques jours de la visite du Président Obama les Indiens continuent à s'inquiéter qu'une partie de l'aide américaine censée être utilisée pour renforcer la capacité du Pakistan de poursuite des différents groupes terroristes présents sur son territoire dans le Nord Waziristan à la frontière Afghane, soient détournée pour renforcer les lignes de défense de ce pays contre l'Inde.
Cette aide devrait se monter à deux milliards de dollars, s'ajoutant à des milliards de dollars en aide militaire et aux 7,5 milliards en aide non-militaire à la lutte anti-terroriste étalés sur cinq ans du Kerry-Lugan-Berman Bill. Chidanad Rajghatta (Times of India, October 21, 2010) s'étonne que ce pactole soit envisagé deux semaines après que le Ministre indien de la Défense, AK Antony, se soit ouvert à Washington de sa crainte que les armes et équipements fournis par les Américains ne soient dirigés contre l'Inde, alors que par ailleurs le plus gros contrat d'armement entre l'Inde et les USA (10 milliards de dollars) vient d'être signé cette année et qu'un second contrat de la même importance (126 avions de combat multi-rôle) devrait être discuté lors de la visite du Président Obama au début de novembre. Alors que également, l'implication du Pakistan, « ce douteux allié ... maniant le terrorisme d'état comme instrument politique » dans l'attentat du 26/11/2009 à Bombay est avérée, de même que la présence d'Osama Bin Laden au Pakistan où d'après un officiel de haut rang de l'OTAN il vivrait dans « un confort relatif » ‒ et certainement pas dans une grotte ‒ protégé par les natifs et les Services secrets pakistanais (ISI), poursuit le journaliste.
David Headley et Gilani
Je notais ici, 6 janvier 2010, qu'un musulman d'origine américaine, issu d'un couple mixte, David Headley alias Daood Gilani, suspect d'avoir contribué à l'organisation de l'attaque de Bombay en 2008, avec l'aide du mouvement terroriste pakistanais Lashkar e Taiba (LeT) n'est autre que le fils du demi-frère de Daniel Gilani, Porte-parole du Premier ministre pakistanais, Sayed Yusuf Reza Gilani.
La presse indienne en reparle fréquemment ces derniers temps. Le Times of India (18 octobre) rappelle que deux des trois épouses de Headley-Gilani (dont une Américaine et une Marocaine) avaient prévenu le FBI des activités suspectes de leur époux en 2005 et en 2008, peu avant l'attentat de Mumbai. Mike Hammer, porte-parole du NSC (National Security Council, White House) répond que ces informations étaient trop générales pour les communiquer aux Indiens : « Had we known about the timing and other specifics related to the Mumbai attacks, we would have immediately shared those details with the government of India ».
David Coleman Headley, alias Daood Gilani, a plaidé coupable devant une cour fédérale américaine et avoué aux enquêteurs indiens qui eurent accès à lui à cette occasion, que des membres des services secrets pakistanais (ISI) étaient impliqués dans chaque initiative importante du LeT et qu'il avait personnellement été entraîné par d'ancien officiers et vétérans de l'armée pakistanaise ayant opéré sur le front Cachemiri avec l'Inde, entre autre le Major Iqbal et le Lieutenant Colonel Hamza (Times of India, 20 October).
Le Times of India (21 October, 2010) ajoute aujourd'hui des précisions tirées de la moisson d'informations récoltées par les enquêteurs indiens (NIA : National Investigation Agency). Non seulement Mumbai mais aussi Pune, Goa, Pushkar et Delhi auraient dû être visés. Daood Gilani aurait filmé les abords de la résidence du Premier ministre indien en mars 2009 mais considéra l'appareil sécuritaire l'entourant trop difficile à pénétrer. Delhi aurait échappé à un attaque majeure suite à l'interception à la frontière d'un ressortissant pakistanais chargé, sur la recommandation de Gilani -Headley, de s'en prendre au National Defence College. Les concepteurs de ce plan espéraient ainsi tuer « plus d'officiers de l'armée indienne qu'au cours de toutes les guerres indo-pakistanaises ».
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Les retombées du quasi-fiasco des Jeux du Commonwealth se poursuivent, le Centre (gouvernement central, en particulier le SAI, Suprem Audit of India, et CAG, Comptroller and Auditor General) ayant promis enquêtes et sanctions. Kalmadi, président du Comité olympique indien n'a pas été invité à la réception en l'honneur des athlètes indiens médaillés ; l'avance globale consentie à l'entrepreneur privé Emaar basé à Dubai (1 milliard 230 millions de INR) a été bloquée et une procédure de récupérations d'autres fonds déjà engagés va être lancée par le Ministère du développement urbain (UD) et le DDA (Delhi Development Authority).
Bien que certains grands hôtels, hébergeant les officiels, annoncent de bons résultats, l'industrie hôtelière à New Delhi n'a enregistré que 40 % d'occupation contre 90 % escomptés. Sur les 30 000 chambres supplémentaires prévues à la demande du Centre, 5 000 ont été réservées, un « all time low » jamais enregistré pour la période. Les pertes quotidiennes pour l'industrie des aliments et boissons (Food and Beverages Industry) se monteraient à 50 millions de INR par jour.
Par ailleurs on apprend que les télévisions dans les chambres du village olympique n'ont jamais fonctionné, pas plus que les connections WIFI à l'internet annoncées, sans parler des prises de courant non protégées dans les douches, de tuyaux d'incendies non raccordés et de chauffeurs ne parlant pas l'anglais ou ne connaissant pas la carte de la ville (Times of India, 20 October, 2010).
Le 22 octobre 2010
L'étau se resserre sur le Comité Olympique, Kalmadi et certains de ses collaborateurs immédiats. The Indian Express tente aujourd'hui un premier le bilan des résultats d'enquête du CVC (Central Vigilance Commission) relativement aux Jeux du Commonwealt : 200% de dépassement budgétaire (6 milliards 680 millions de INR au lieu de 2 milliards 221, 18 millions de INR ; pas de contrôle du cahier des charges ; contrats gonflés au bénéfice de firmes qui ne remplissaient pas les critères d'éligibilité ; tarifs différents, parfois de 300 %, pour des biens identiques fournis à différents moments ; fonds allouées pour des biens et services inutiles. Par ailleurs le Times of India annonce que la main d'œuvre non qualifiée employée (70.000 ouvriers) in extremis pour rendre les sites olympiques fonctionnels ou habitables a été payée à un taux inférieur ( entre 110 et 130 INR/jour) au salaire minimum (203 INR/jour) ou attend encore de l'être. De même pour la main d'œuvre qualifiée payée 200 INR/jour au lieu de 248 INR/jour.
Le même quotidien relève qu'à l'issue du « dialogue stratégique » entre les USA et le Pakistan, le président Obama a annoncé qu'il visiterait le Pakistan en 2011 comme prévu, décevant les espoirs de la délégation pakistanaise de haut niveau – elle comprenait le ministre des affaires étrangères Qureishi et le général Kayani – d'une visite précédant la visite d'Obama en Inde le 6 novembre, ou la suivant immédiatement.
La Chine, autre sujet d'inquiétude pour l'Inde, l'est aussi pour le Japon. Cette nouvelle conjoncture pousse ces deux derniers pays à resserrer des liens considérés jusqu'à présent comme allant de soi et un peu négligés. L'éditorial de Harsh V. Pant, enseignant au King's College de Londres, préconise « un rôle plus important pour la marine indienne en Mer de Chine et pour les Forces d'autodéfense japonaises dans l'Océan indien, ajoutant que cela serait encore mieux si les USA participaient à ces manœuvres indo-japonaises ». Les récentes initiatives chinoises sur la frontière sino-indienne en Arunachal Pradesh et l'incident entre un navire de pêche chinois et les garde-côtes japonais dans les eaux territoriales des Sengaku ne peuvent que « rapprocher l'Inde et le Japon » et renforcer le système d'alliances des pays de la région avec les USA, qui en définit l'architecture sécuritaire.
Rapporté de Kaboul (Ibidem.), par Deb Riechmann : Qiyamuddin Kashaaf, porte-parole de la Sura (Conseil de Paix) récemment mis en place par le gouvernement Afghan comme cadre des négociations avec certains Talibans, souhaite que les négociations soient placées sous les auspices de l'Arabie Saoudite. Pour rappel ce pays entretenait d'étroits liens avec les Talibans au cours de la guerre civile au début des années 90. L'Arabie et les UAE furent les premiers à reconnaître l'état Taliban, suivi par le Pakistan. Le ministère saoudien des Affaires étrangères pose comme condition à toute implication que les Talibans Afghans rompent tous liens avec Osama Bin Laden et Al Qaeda. Cette exigence est partagée par les USA et le gouvernement afghan.
Le 23 octobre 2010
L'auteur d'un article dont j'ai perdu la référence ironise sur l'opinion défendue par certains membres du Tea Party suivant laquelle le Président Obama étudierait le Coran en secret. Cette ironie est blessante pour les musulmans avant de l'être pour le premier président noir des USA. Elle manifeste une constante dans l'opinion de certains libéraux américains comme dans celle d'une certaine gauche ouest-européenne : la permanence d'une tolérance (de l'islam en l'occurrence) fondée sur la condescendance et l'ignorance, et ne voyant dans leur alliance avec les milieux musulmans que les bénéfices électoraux à court terme sans vraiment connaître les gens à qui ils s'allient.
Ce sont eux précisément qui devraient « étudier le Coran » afin de pouvoir en parler en connaissance de cause, comme je suis sûr le Président des USA l'a fait, non parce qu'il serait un crypto-musulman – je crois qu'au fond il est bouddhiste – mais pour les raisons que l'on sait : il a passé une partie de sa jeunesse dans un pays musulman, en milieu musulman. Mais surtout je crois parce que n'étant pas du type à parler de ce qu'il ne connaît pas, ni à prendre ses désirs pour des réalités, il a probablement au moins lu, attentivement, le Coran.
Le Coran n'est pas un très gros livre. Nos gauchers, gauchistes et chrétiens de gauche sont inexcusables de ne pas prendre le peu de temps et de peine que sa lecture leur prendrait. Leur perception de l'islam et des musulmans en serait peut-être modifiée. Cela nous épargnerait beaucoup de ces vains débats où depuis vingt ans ressortent des arguments fondés non sur une connaissance de l'islam et des cultures musulmanes mais sur ce qu'on appelle en anglais le wishful thinking (consistant à « prendre ses désirs pour des réalités ») et l'ignorance.
Ils comprendraient alors probablement que les rançons et autres tributs payés par les états occidentaux que ce soit aux Palestiniens, aux Afghans ou aux Pakistanais, que ce soit sous forme d'aide ou de subventions, ne sont pas des épiphénomènes récents résultant d'une conjoncture particulière – l'occupation des territoires par Israël – mais font partie de la panoplie d'outils déjà énumérée dans le Coran, pour signifier et compléter la sujétion politique des communautés, nations et états non-musulmans. Le principe en est simple et identique à celui des groupes mafieux : payer pour être protégé, c'est-à-dire ne pas être attaqué. L'islam n'est que l'éthos clanique et mafieuse faite religion.
C'est dans ce contexte qu'il faut replacer les deux milliards de dollars en aide militaire que les USA viennent de s'engager à verser au Pakistan, s'ajoutant aux 7,5 milliards de dollars en aide civile sur cinq ans déjà conclus, et au reste.
Il y a peu de chance que ces aides atteignent d'avantage leur objectif – mettre fin à la présence de Taliban dans le Nord Waziristan et ailleurs – qu'elles ne l'ont fait par le passé. Que ferait le Pakistan, qui ne produit et n'exporte quasiment que fruits, légumes et coton, si Al Quaeda et les Talibans disparaissaient du paysage ? Il n'aurait alors plus de levier pour extorquer des USA et autres nations occidentales des ressources que leur économie est incapable de produire. C'est ce que le Pakistan et surtout l'armée pakistanaise et l'ISI (Sécurité) ont bien compris, recevant d'une mains les aides diverses censée renforcer leur capacité de combat du terrorisme, de l'autre affectant ces ressources à renforcer leurs lignes de défense contre l'Inde, et d'une troisième main, si je peux dire, en redistribuant des miettes, sans doute substantielles, à ceux-là même que ces fonds devaient permettre de mieux combattre, alimentant ainsi la « pompe à finance ». Comme prescrit par l'Évangile, la main droite du Pakistan ne sait pas ce que fait sa main gauche mais comme le dieu hindou Shiva, le Pakistan a beaucoup de mains.
Dans les rapports des musulmans avec les infidèles, le Coran fait de duplicité et tromperie vertu.
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Yahoo India (22 October 2010) résume les trois jours de dialogue stratégique sous le titre US to Pakistan: Stop anti-India terror groups, soulignant qu'à la demande de les soutenir dans leur différend avec l'Inde sur le Cachemire, les Américains, ont répondu à leurs hôtes pakistanais, parmi lesquels Qureshi, ministre des affaires étrangères et le général Kayani, que les USA étaient alliés de l'Inde autant que du Pakistan et qu'ils préféraient que ce conflit soit résolu bilatéralement. L'article insiste aussi sur l'exigence américaine que le Pakistan mette un terme aux activités de groupes terroristes visant l'Inde ou le Cachemire indien autant qu'à ceux opérant à sa frontière avec l'Afghanistan, groupes qui, résume le porte-parole du State Department, représentent une menace pour le Pakistan, l'Afghanistan, l'Inde, la région ainsi que pour les États-Unis.
La récente suggestion faite à l'Inde par les USA de consentir à ce que le Cachemire indien occupe un siège à l'ONU semble oubliée pour le moment.
Les réactions des lecteurs à l'article du Times of India "Relations with Pakistan not at India's expenses" (23 October 2010) ainsi que celles des bloggers indiens, dont certains vivant aux USA, sont cependant pour la plupart négatives, reportant sur les USA le soupçon que ces derniers entretiennent vis-à-vis du Pakistan, celui de « double jeu », et se scandalisant de voir mettre sur le même pied une démocratie qui a fait ses preuves, l'Inde, et un pays qui reste l'épicentre global du terrorisme et de la prolifération nucléaire. Les USA sont accusés de vouloir embrasser en même temps « le serpent et le crapaud ». Voir entre autres le blog Indus Calling.
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Faisant suite aux déclarations d'un pasteur protestant américain qualifiant le yoga de « démoniaque » et « d'agent de l'hindouisme », Yahoo India (21 October 2010) rapporte la réaction du Père John Ferreira, directeur du Collège Saint Pierre à Agra, professeur de yoga, qualifié dans l'article de yoga guru, suivant laquelle « le yoga n'appartient à aucune religion » et que Jésus était « un grand yogi ».
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Un billet du Times of India (rubrique The Speaking Tree, 23 October 2010) relate l'expérience d'un couple d'hindous qui voyageant en Scandinavie en compagnie d'un natif, découvre une église abandonnée au milieu d'un bois. Ils sont impressionnés par le site et regrettent de le voir la construction se détériorer. Ils reviennent au même endroit deux ans plus tard et sont surpris de voir le site occupé par un groupe que nous qualifierions de « New age » et que quelques corps d'habitation sont en train de pousser aux alentours. Dans l'église, à la croix se sont ajoutés des symboles inattendus : le lotus et la swastika hindoue, car explique un des résidents « nous croyons en l'unité de toutes les religions ». La divinité, conclut le touriste hindou et auteur du billet (arunajethwani@gmail.com) s'exprime partout que ce soit dans la lueur d'une chandelle, l'incandescence d'un bâton d'encens, le son des cloches ou celui du gong.
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