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dimanche 31 octobre 2010

Visite d'Obama en Inde. Inde, Pakistan, USA, et Chine. Laïcité à l'indienne

Le 30 octobre 2010



« ISI has a Nepal set-up too, says Headley, American terrorist reveals that unit uses Nepalese Muslims through their families in India » [L'ISI a une antenne au Népal également, déclare Headley. Le terroriste américain révèle que cette antenne utilise des musulmans népalais ayant de la famille en Inde] titrait le Times of India du 28 octobre. De cela je me doute depuis que je connais le Népal. Ce pays ai-je quasiment immédiatement pensé lorsqu' en 2006 je le visitai une première fois,  représente exactement le genre d'environnement – frontières indo-népalaise poreuse, sécurité déficiente à l'aéroport de Katmandou – où des membres d'Al Quaeda ou autres nébuleuses terroristes pourraient échapper aux recherches des Services Secrets occidentaux ou indiens. L'article commet cependant une erreur factuelle en situant la minorité musulmane dans le Sud-Est du Terai alors qu'elle vit majoritairement dans le Sud-Ouest, immédiatement à l'ouest de Bhairawa (Siddhartha Nagar). Lumbini est d'ailleurs entouré de villages musulmans de trois côtés. Cette antenne népalaise serait dirigée depuis Karachi par Abdur Rehman, ancien major de l'armée pakistanaise. 



« US makes truce on Headley blip » annonçait hier en première page le Times of India (29 October). Pour dissiper les accusations indiennes de négligence (sloppiness) des services secrets américains lorsque les attaques venant du territoire pakistanais visent l'Inde – et non l'Afghanistan ou les pays membres de l'OTAN – le directeur de la NI (National Intelligence) des USA a ordonné une enquête sur la manière dont les différents services et départements ont communiqué suite aux alertes émanant de deux des épouses de Headley – un des concepteurs de l'attentat de Mumbai - insistant qu'il n'y avait en tous cas jamais eu de rétention intentionnelle d'information de la part des USA.



Le Times of India (30 octobre) annonce que les officiels américains préparant la visite du président Obama ont mentionné l'économie 26 fois, les exportations américaines 17 fois, et le lien stratégique 3 fois. Il publie aussi un article (Pakistan on The Mind) où l'américain Bruce Riedel (Brookings Institution, ancien conseiller du Président Obama) prévient que l'agenda officiel portera essentiellement sur les échanges économiques, la vente d'armes, le changement climatique, et la lutte contre le terrorisme mais que « ce sera le Pakistan qui dominera les conversations privées entre Obama, Manmohan Singh et Sonia Gandhi parce que l'avenir du Pakistan constitue aujourd'hui la question principale en Asie du Sud. Ce pays, épicentre du jihadisme global, contrôlant la plus grande partie du trafic commercial vers l'Afghanistan, et dont l'armée combat les Talibans dans le Sud tandis qu'elle les soutient dans le Nord, représente d'après l'auteur le danger principal pour la paix mondiale mais particulièrement pour l'Amérique et l'Inde. L'Amérique doit cependant, poursuit l'article, éviter d'alimenter la paranoïa pakistanaise en l'assurant que ses intérêts légitimes en Afghanistan ne sont pas menacés, en particulier que la croissance de l'influence et des intérêts indiens indiens en Afghanistan ne menace pas le tracé de la Ligne Durand séparant la minorité pachtoune pakistanaise de leurs frères majoritaires en Afghanistan. Cette frontière n'est en effet pas reconnue par le gouvernement Afghan qui a des prétentions sur les territoires en majorité pachtounes du Pakistan.

Le contrôle de la situation au Pakistan ne pourra cependant aboutir qu'en impliquant l'Inde et les USA mais aussi la Chine conclut l'article.



La Chine cependant semble mal accepter le regain d'influence des USA en Asie du Sud-Est, qui fait suite aux provocations de l'Empire du Milieux en mer de Chine du Sud. Elle n'accepte pas mieux le redéploiement de la diplomatie indienne vers l'Asie du Sud-Est (Vietnam et Malaisie) et de l'Est (Japon et Corée du Sud), dessinant en pointillé les contours d'une possible alliance des démocraties de l'Asie du Sud et de l'Est autour d'une Chine dictatoriale. Ce que la présente réunion de l'ASEAN (ANASE) à Hanoï, à laquelle participaient la Chine, les USA et l'Inde, vient de mettre en évidence. Latha Reddy, Secrétaire aux affaires étrangère (Est) répond à un article du Quotidien du Peuple,  soupçonnant la politique indienne dite « Look East » de renforcement des relations avec le Japon, le Vietnam et la Malaysie, de viser à "encercler la Chine". Latha Reddy affirme qu'il s'agit de renforcer des relations bilatérales déjà anciennes et que cette démarche ne vise aucun pays tiers.



Cette nouvelle redistribution des cartes pourrait cependant donner aux USA et à l'Inde un levier de pression sur la position de la Chine par rapport au Pakistan et en particulier sur la livraison de deux réacteurs nucléaires à ce pays. .



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À l'issue d'un procès portant sur le meurtre d'une jeune épouse en rapport avec le montant d'une dot – y manquaient un dressoir, un enregistreur et un raccord de bouteille à gaz – la Haute Cour de Mumbay a déclaré qu'il est du devoir d'un époux de défendre son épouse contre les in-laws (beau-parents). L'époux, 52 ans, âgé de 31 ans à l'époque des faits, a été condamné à trois ans de prison (Ibid.).



Laïcité à l'indienne



Rowan Williams, archevêque de Canterbury, répondant à la question « Comment situeriez vous le pluralisme à l'indienne par rapport à la laïcité française ? » lors d'une conférence (Chevening Lectures) au British Council de Delhi, déclare : «  Alors que le pluralisme indien reconnaît aux confessions religieuses, toutes égales devant la loi, d'être actives et visibles, la laïcité occidentale semble vouloir prendre le chemin de confessions religieuse [discrètes au point d'être] 'invisibles '. L'exemple de l'Inde nous rappelle que ce n'est pas la seule ni la meilleure manière d'assurer la neutralité de l'état dans les sociétés plurielles ».



R.Williams ne dit pas que sur ce chemin l'Inde est à présent suivie par une grande partie du monde « anglo » et en tous cas le Royaume-Uni et les USA. L'interdiction de la burqua, du voile et des minarets sont des phénomènes jusqu'à présent exclusivement continentaux. Une fracture entre l'Europe continentale et l'aile occidentale, « anglo-saxonne », de l'Alliance atlantique serait elle en train de s'approfondir de ce point de vue aussi, insérant comme une zone tampon entre un Extrême-Orient (Chine, Vietnam, Japon, Corée) où l'islam et le terrorisme islamique sont remarquablement discrets et un Extrême-Occident où les appartenances religieuses, continueraient à être libres de s'affirmer et de s'affronter, comme elles le font depuis quarante ans. Les premiers détournements d'avions et attentats remontent en effet aux années soixante-dix, visent exclusivement l'Ouest et épargnent remarquablement un Extrême-Orient qui a su garder les religions à leurs places. À cela, la myopie intellectuelle de l'archevêque semble laisser croire que suffiront de pieuses mises en garde adressées aux politiques « de ne pas exploiter les religions à des fins politiques ».



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Alerte dans le fret aérien provenant du Yémen via Dubai, à destination des USA et du Royaume-Uni. Deux des vingt-sept colis découverts, aux dernières nouvelles, « auraient pu exploser ». Les services secrets américains auraient été alertés par leurs collègues saoudiens. L'Arabie wahabite, autre exemple avec le Pakistan de la structurelle duplicité de l'islam, d'une part promeut sa version intégriste de l'islam – le wahabisme – et d'autre part, depuis qu'elle est elle-même la cible de plus intégristes qu'elle même, collabore ponctuellement avec les puissances infidèles.



Le 31 octobre 2010



« Les USA apporteront-ils ou non leur soutien à un siège permanent pour l'Inde au Conseil de sécurité de l'ONU ? » demande le Sunday Times. Pourquoi Obama ne s'engage-t-il pas plus franchement comme Bush II le fit en faveur de l'acceptation de l'Inde au sein du club des nations dotées d'armes nucléaires ? Les USA attendent probablement de voir comment l'Inde, en tant que membre temporaire du CS votera dans ce cadre au cours des deux années qui viennent. Dans le passé l'Inde a la plupart du temps voté contre les propositions des USA (90% de votes contre). Ces dispositions indiennes sont peu-être en train de changer. Symptôme : l'Inde s'est jointe aux USA lors du vote sur le nucléaire iranien.



D'après le Sunday Tribune l'Inde vient d'annoncer à Hanoï, dans le cadre de sa politique « open sky » avec les pays de l'ASEAN, que la possibilité d'octroi de visas à l'arrivée serait ouverte aux ressortissants vietnamiens, cambodgiens, laotiens et philippins à partir du 1er janvier 2011. Le même journal élabore sur ce thème (p.21) en rappelant que l'Inde a signé l'année dernière un accord avec l'ASEAN portant sur les échanges de biens, accord qu'elle voudrait maintenant, en contrepartie d'un plus large accès de sa production pharmaceutique, élargir à la libre circulation de la main d'oeuvre spécialisée – informaticiens, électroniciens, paramédicaux, enseignants – entre ces pays.



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Cet après-midi, un bonhomme déguisé en grizzli entre dans les magasins du Main Chowk et de Temple Road, émettant d'effrayants grognements et refusant d'en sortir à moins d'être payé de quelques paisas. Comme la célébration de Halloween et de Diwali coïncide, et que depuis des décennies les expats et baba-cools de Mac Leod Ganj y célèbrent cette fête païenne européenne, je ne sais si le bonhomme incarne Ravana, personnification du mal pour les hindous, ou quelque sorcier du folklore nord-européen.

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