Le 19 novembre 2010
Dîné ce soir avec Priya, qui finalement n'est pas une ancienne serveuse mais infirmière. Née en Allemagne, émigrée en Californie sans doute à la fin de la 2e Guerre mondiale, elle s'est en fin de carrière, il y a une vingtaine d'années, installée à Mac Leod Ganj dans l'intention de devenir saddhu. Elle déchanta assez rapidement quand elle comprit ce que, concrètement, cela voulait dire, mais resta à Mac Leod. Peut-être n'avait-elle plus le choix. Elle doit à présent avoir dans les 80 ans mais est encore très soucieuse de son apparence et court comme une chèvre dans les collines de l'Himachal Pradesh. J'ai l'autre jour fait en sa compagnie une marche de 10 km jusqu'à Kanyara où elle va sans doute s'installer dans la maison d'un de ses amis, Manjid, jeune trentenaire, qui achève de construire. Elle ne peut cacher son goût des hommes qu'elle concilie sans difficulté avec une pratique ancienne de la méditation et du yoga ainsi que la redécouverte il y a quelques années, non du christianisme, mais de Jésus.
Bien que je sois arrivé à lui faire comprendre que le diabète m'ayant rendu, sinon complètement impuissant, très peu performant en la matière, elle vient deux ou trois fois par semaine prendre un verre de vin rouge chez moi vers 18 h 30 et fait de temps en temps allusion, sur le ton de la plaisanterie à la possibilité de relations plus intimes.
Elle a été mariée deux fois, dont une en Inde avec un musulman je crois, et a deux enfants aux USA.
Elle vit d'une pension très modique qui, je crois comprendre, qui ne lui permettrait pas de se ré-installer aux USA et d'y vivre décemment, ce qu'elle semble parfois regretter.
Elle part demain pour Chandigarh, puis va passer les trois mois les plus désagréables de l'hiver chez des amis au Kérala. "Malgré tout,
La Dolce Vita", commente-t-elle en avalant un gorgée du verre de vin rouge que je lui ai offert. Comme lors de son retour je ne serai plus à Mac Leod, j'ai décidé de lui offrir ce dîner d'au revoir sinon d'adieux.
Bien que très au fait du bouddhisme – elle a géré la logistique de retraites dans la région – de la méditation et du yoga, elle ne se fait guère plus d'illusion que moi-même et parle des religions en général comme de «
holy business » (le business du sacré). Est-ce son atavisme germano-américain ou son ancienne profession d'infirmière, elle est aussi plutôt directe et a son franc parler, ce qui doit lui cause nombre d'inimitiés dans le quartier mais surtout dans le milieu des expats, résidents à long terme à Mac Leod ou Dharamsala mais aussi des sympathies. Ses amis sont en général des Indiens, dont certains dans la trentaine ou la quarantaine, ou des moines étrangers, thaï, vietnamiens, mais peu de tibétains. Je ne comprends pas encore pour quelle raison exactement, elle ne semble pas aimer beaucoup les Tibétains. Guère de femmes non plus parmi ses relations. À petite dose sa compagnie me convient.
Elle ne peut cacher non plus qu'elle n'aime guère les juifs. Elle n'est donc pas, probablement, une « juive allemande ».
Des juifs, il y en a pas mal à Mac Leod, au printemps et en été, jeunes en général. Mais « il y en avait beaucoup plus avant » me dit Priya, en général des jeunes réservistes.
Mais il y en aussi de plus âgés. J'en connais un, Jacques Picard, Américain de l'état d'Alaska. Ancien journaliste free-lance dans le domaine des médecines alternatives, il a sans doute, comme moi, jeté son dévolu sur Mac Leod Ganj pour des raisons économiques. Sa pension ne lui permettrait pas le même train de vie aux USA. Comme Priya, il semble avoir rompu les liens avec les USA. Lui aussi semble parfois le regretter.
« Où mourir ? » reste une des questions existentielles que je me pose le plus souvent même si, comme me le disait mon ancien ami (nous ne nous parlons plus ; il ne m'a pas pardonné de ne pas haïr Sarkozy, je crois) Renaud, « la vieillesse, ou le vieillissement, est partout un naufrage ». Naufrage plus ou moins précoce, plus ou moins rapide mais dont l'issue est identique pour tous.
Où préférerais-je «sombrer » ? Où ce naufrage sera-il le moins pénible ? Je crois que finalement ce serait en Belgique. Il me semble que « me laisser couler » dans l'océan de ténèbres, ou de lumière, qui précède la perte de conscience serait plus facile dans le cadre familier de la Belgique ou de l'Europe qu'en Inde ou au Népal bien que ces régions me deviennent aussi familières. J' ai d'ailleurs au début de cette année failli vivre au Népal mes derniers moments. Sans drame.
J'ai rencontré au cours de mes pérégrinations en Inde et au Sri Lanka plusieurs de ces retraités, américains, britannique, français, qui ont quitté leur pays d'origine, parfois y ont vendu une maison ou un appartement, pour s'installer sous les tropiques. Beaucoup d'entre eux semblent parfois regretter leurs choix. Priya me l'a carrément avoué : « Que foutons-nous ici, alors que l'Europe est si belle et confortable ? » m'a-t-elle dit un jour où nous évoquions, l'Inde, sa pollution, ses infrastructures défaillantes et ses moyens de transports sous-développés.
Tout cela me renforce dans ma décision de garder un pied-à-terre en Belgique. Car ce que je cherche d'abord, comprends-je de plus en plus, c'est le changement. Le printemps et l'été en Europe, l'hiver en Inde et au Népal. Le Bouddha lui-même ne resta-t-il pas jusqu'à sa mort un voyageur, comme Bruce Chatwin (
Anatomy of Restlessness) ne sachant pas tenir en place, sauf pendant la saison des pluies ? Cela lui fit explorer le monde de son temps et approfondir la relativité universelle ou, en termes bouddhologiques, le caractère conditionné, in-essentiel, de toutes entités et identités.
Comme lors de l'année (2007-2008) passée au Sri Lanka et dans le Sud de l'Inde, je commence d'ailleurs, après dix mois sur la route, de songer avec nostalgie aux vallées de l'Ardenne et de l'Eiffel, et même à Liège et aux deux ou trois relations que j'y conserve. Le soir avant de m'endormir, je me promène en imagination dans les rues de Liège ou dans les forêts avoisinantes.
À Mac Leod Ganj, la température fraîchit. Il a plu hier et avant-hier. Non pas l'ennui, mais une sorte de lassitude s'installe et je me réjouis de quitter l'endroit pour le Népal et Lumbini où les choses semblent se prêter pour que j'y passe la Noël et la plus grande partie de janvier. Élise Sintès qui travaille sur un projet connexe au mien pourra me fournir des informants. Et le LIRI peut me loger.
Mais peut-être vais-je aussi, enfin, passer au cours du printemps et de l'été prochain des fins de semaine prolongées dans l'un ou l'autre coin d'Europe que je voudrais découvrir avant de mourir. La liste est longue : Grèce, Balkans, Bulgarie, Roumanie, Arménie, Géorgie, Russie d'Europe et Portugal. Et plus loin, Cuba, Brésil, Argentine.
Mais par où commencer ? La Grèce sans doute, peut-être Samos, lieu de naissance d'Épicure.
Ces retraités, de tous âges, nationalités et milieux sociaux ne forment qu'une partie de la population locale. Certains y louent des chambres ou des flats, d'autres sont propriétaires. Les natifs, qui doivent être à présent minoritaires à Mac Leod, sont les Gaddi, tribus de pasteurs, nomades ou sédentaires, Brahmines et Rajputs, ayant fui les persécutions religieuses du Penjab au 18e siècle, comme ils le firent vers le Népal. Les aborigènes qu'ils ont déplacés sont composés de différentes tribus (ST) : Sipi, Herara et Hali.
Des immigrants tibétains y apparurent dès le 19e siècle mais c'est l'arrivée du Dalaï Lama il y a un demi-siècle qui provoqua l'afflux de réfugiés tibétains à l'origine de la relativement récente notoriété de Dharamsala-Mac Leod Ganj, lui méritant le surnom de
Little Lhasa. Vivent aussi dans la région les descendants d'émigrés népalais (Gorkhas) qui occupent, entre autres, quelques hameaux sur les hauteurs de Mac Leod, à proximité du Lac Dal. Ont entre autres résidé à Mac Leod Ganj, le Maharadja de Kangra (capitale du district, dynastie des Katoch, une des plus anciennes de l'Inde, remontant au Mahabharata disent les historiens indiens), James Bruce, 8e Comte (Earl) d'Elgine et 2e Vice-Roi des Indes, ainsi que l'artiste peintre britannique Alfred W. Hallett qui y mourut en 1986.
Certains de ces expats ainsi que certains touristes jeunes ou moins jeunes sont attirés ici par la réputation du Dalaï Lama, et la possibilité de participer à des retraites de méditation ou de suivre des formations en yoga.
Les Tibétains, jeunes ou vieux, moines célibataires ou mariés, commerçants ou travailleurs sociaux sont en général souriants, calmes et sympathiques.
Cools. Alors qu'il y a beaucoup de mendiants indiens dans les rues de Mac Leod, je n'ai à ce jour pas encore vu un seul mendiant tibétain. Société sans caste et donc sans doute plus solidaire. Par contre on trouve parmi eux des « marginaux », revendeurs de
charas, alcooliques ou portés à « taper » le touriste trop aimable ou trop poli. Ils ne sont pas très différents des marginaux occidentaux. Alors que les Indiens sont plutôt directs et parfois agressifs lorsqu'ils sollicitent, lesTibétains seront comme en général les mongoloïdes, les Vietnamiens par exemple, plus discrets dans leurs approches. Ils ne passent à la caisse, ou aux sollicitations d'un autre type, que lorsqu'un lien de sympathie suffisant a été établi. Ce qui peut prendre un peu de temps. Les jeunes cherchent en général une «
girl friend » européenne, américaine, australienne ou japonaise, ou un mécène quelconque qui puisse leur faciliter l'obtention d'un visa vers un pays développé. Beaucoup ne sont intéressés que par l'anglais et négligent l'hindi et le chinois.
De la part des moines – qui cherchent aussi des mécènes, ou mieux, des disciples ayant les moyens – il faut aussi s'attendre à des sollicitations plus directes – n'est-ce pas pour la bonne cause ? – au bénéfice en général des communautés monastiques locales. De ce dernier type de sollicitation, l'épisode de Tashi que je relate un peu plus haut (17 octobre) est la parfaite illustration.
Le 20 novembre 2010
Le bilan des années Nitish au Bihar a beau être largement positif par rapport aux « années sombre » de Lalu Prasad – dans les domaines de la sécurité, de la qualité des routes et dans une moindre mesure de l'éducation – les investissements sont encore insuffisants, beaucoup sont encore sans travail, la petite corruption prospère, les coupures de courant sont fréquentes. Cela n'empêche, prédit Rajdeep Sardesai (
Hindustan Times, 19 November) que Nitish (JD) sera un des pôles de la politique anti-Congrès, avec Narendra Modi (Gujurat) avec qui il partage beaucoup de traits – austérité, intégrité personnelle et caractère autoritaire – bien que ce dernier se situe à l'autre extrême du spectre politique (aile droite du BJP),
*
Raghav Bahl (
Idem, «
China is ahead, but India can catch up ») rappelle que lorsque Deng Xiao Ping mit la Chine sur la voie des réformes, son économie était moins importante que celle de l'Inde. La Révolution culturelle avait détruit les institutions économiques, il n'y avait ni banque centrale, ni bourse ; les universités étaient vides ; il n'y avait plus de tribunaux et les purges avaient décimé la profession des avocats.
Trente ans plus tard le PNB de la Chine est quatre fois supérieur à celui de l'Inde (5 contre 1, 25 trillions de dollars).
Comment et pourquoi ? Un cocktail de politiques inspirées en même temps de l'Union soviétique dont certains s'attendaient, dans les années 70, à ce qu'elle dépasse les USA, et du Japon. De la première « l'art d'extraire à bon marché – main d'oeuvre sous-payée - des surplus colossaux et de les accumuler dans les mains de l'état pour les revendre au taux du marché international ou les réinvestir massivement en infrastructures, éducation et soins de santé. Du second un strict contrôle de l'immigration et des investissements étrangers. Aucune autre nation – même occidentale – n'a tiré de la pauvreté un aussi grand nombre de gens en aussi peu de temps.
Comment l'Inde peut-elle rattraper ce retard ? En investissant de manière prévisionnelle, entre autres en matière de routes, éducation et soins de santé, et en s'ouvrant d'avantage aux capitaux étrangers, prêche l'auteur de
The Amazing race between China's Hare and India'a tortoise.
Au début du 21e siècle les PNB respectifs de l'Inde et de la Chine étaient équivalents. L'Inde avait alors l'avantage d'institutions solides, avantage qu'elle a conservé. Conclusion, l'économie chinoise serait quatre fois supérieure à l'économie indienne mais aurait sur cette dernière moins de 10 ans d'avance. Car, d'après ce raisonnement, la solidité institutionnelle de l'Inde devrait lui permettre de rattraper rapidement son retard sur la Chine si elle en appliquait les recettes en matière d'investissement en matière d'infrastructures.
Cette projection ne me paraît guère solide. Car si elle intègre les variables « institutionnelles » elle ignore les variable culturelles et sociétales : la structure de castes isole les sous-groupes sociaux les uns des les autres, quand elle ne les jette pas les uns contre les autres, empêchant que se développent entre eux transactions économique ou financières, mariages et émergence d'un sentiment du « bien commun ». Tant qu'à présent, entre l'intérêt d'un État conçu comme une grappe de nations ou autres identités, et celui de sa caste ou de sa tribu, l'Indien choisit toujours le dernier. C'est de cette attitude que provient une corruption gangrénant un tissu social déjà fragmenté. En Chine par contre, s'il existe aussi des ethnies et groupes linguistiques, dont un dominant, les Han (80%), aucun interdit n'empêche les mariages inter-ethniques
Rendant compte de l'étude
The Drivers and Dynamics of Illicit Financial Flows from India de Dev Kar, économiste ayant travaillé pour le FMI, le
Times of India (20 novembre 2010) calcule que depuis la libéralisation de l'économie indienne en 1991, quelque 9,6 trillions de INR – valeur actuelle : 21 trillions de INR – en flux financiers illégaux (évasion fiscale, corruption, contrefaçons, trafic d'êtres humains et autres activités criminelles) dont 72% seraient à présent en dehors de l'Inde, auraient échappé au contrôle de l'état. De quoi commente le journal effacer la dette extérieure du pays telle qu'en 2008 tout en laissant 10,5 trillions de INR disponibles pour des investissements sociaux.
Le 22 novembre 2010
L'enquête sur les responsabilités du chaos qui a précédé les jeux du Commonwealth et les irrégularités qui y ont contribué semble avoir ouvert la boîte de pandore des reproches et accusations mutuelles non seulement entre le Congrès (auquel appartiennent tous les officiels chargés de la préparation des Jeux) et le BJP, mais aussi à l'intérieur du Congrès où Keshava Rao, sénateur de l'Andhra Pradesh, reproche à Manmohan Singh de n'être que le porte-parole (
rubber-stamp) de Sonia Gandhi. Ce dernier reproche émane plus souvent du BJP.
Dans la majorité des scandales y compris les plus récents, (
2G scam) – allocation de spectres de diffusion à des sociétés de télécommunication ne remplissant pas les conditions d'éligibilité – et Adarsh – vente à des politiques et haut-gradés d'appartements destinés à des veuves ou orphelins de guerre avec la complicité du Premier de l'état du Maharashtra, ce sont des hommes du Congrès qui sont visés. Kalmadi et ses assistants le sont pour le rôle joué dans l'impréparation des Jeux et les détournements de fonds s'y ajoutant, A Raja, ministre fédéral des télecoms, pour le 2G scam, Ashok Chavan Premier ministre du Maharashtra pour le site Adarsh de Colaba. Ces deux derniers viennent d'être poussés à la démission et Kalmadi pourrait ne pas tarder à les suivre.
Le Congrès a répliqué en mettant en cause Yeddyurappa, Premier Ministre BJP du Karnataka pour avoir facilité la vente de terrains à des prix de faveur à ses enfants.
Depuis quelques jours la presse est pleine des échos de cette grande lessive.
« L'Inde contemporaine » formule de manière saisissante Srivatsa Krishna « se caractérise par une économie du 21e siècle, dirigée par une classe d'entrepreneurs du type «
robber-baron » (baron voleur) sortie tout droit du 14 e siècle et soutenue par une bureaucratie fonctionnant comme au 19 e siècle. Il ironise entre autres sur le scandale
2G où « A Raja a pillé les comptes de l'état en attribuant une ressource rare à des compagnies qui ne sont pas capables de faire la différence entre une tour de télécommunication et la Tour penchée de Pise » (
Times of India, 21 novembre).
Sur la même page est analysée comment le « système » fonctionne. Les fonctionnaires, plus compétents que les politiques, y joueraient un rôle crucial. Ce sont eux qui s'intermédieraient « pour guider pas à pas les politiques élus et les ministres » dans le dédale des réglementations pour contourner ces dernières au bénéfice des demandeurs, et au leur propre. Certains des fonctionnaires des départements les plus lucratifs – droits de douane et taxes sur le revenu – seraient multi-millionnaires. En effet aucun parti politique ne pourrait fonctionner sur son budget officiel sans recours à de l'argent sale. Les
babus, fonctionnaires d'une administration « suprêmement intelligente » et les
netas (politiques) ont mis en place un système où la politique, les élections et tout ce qui les entoure ne sont possibles que grâce à des quantités massives d'argent noir. Dans ce système, les
babus sont la pièce centrale car ils sont quasiment « invincibles ». La sanction pour un politicien convaincu de corruption est immédiate : ils sont acculés à la démission et perdent la confiance du public, ce qui complique leur ré-élection. Pour les militaires également la sanction suit en général rapidement la conviction. Mais les
babus sans qui aucun de ces marchés véreux ne seraient possible, avec la complicité d'une police achetée ou aux ordres, restent intouchables, comme s'ils vivaient « sur une autre planète ». L'opinion cependant commence à y voir clair et pas seulement celle du grand public. Un groupe de jeunes élus se serait récemment scandalisés de l'apparente immunité dont bénéficieraient les fonctionnaires sans la complicité active desquels le scandale immobilier Adarsh – (Colaba Mumbai) sur un terrain appartenant au Ministère de la Défense – n'aurait pas été possible.
Le
Sunday Times (November 21) annonce l'arrestation par le CBI dans une ashram de Haridwar (Central Bureau of Investigation, équivalent du FBI américain) de Aseemanand, alias Jatin Chatterjee, leader du groupe extrémiste hindou (
saffron activist) Abhinav Bharat, actif surtout dans la « re-conversion » de chrétiens indiens à l'hindouisme au cours d'un rituel bizarrement inspiré de celui du baptême chrétien et consistant en un bain dans des sources d'eau chaude. Plus grave le groupe est aussi soupçonné d'être à l'origine d'attentats anti-chrétiens dans des zones tribales et anti-musulmans à Hyderabad et Ajmer.
Sur la politique du Bihar et la probable ré-élection de Nitish, Swaminomics (
Ibidem) rappelle que sous Lalu Prasad Yadav, le Bihar rendait au Centre des milliards de roupies non investies chaque année cependant que les routes, les lignes électrique et les écoles se dégradaient. Cela ne l'empêcha pas de gagner les élections trois fois de suite. En effet les Yadavs et les musulmans, son électorat de base, constituaient ensemble 28% de l'électorat auquel il suffisait d'ajouter 7 à 8 % de voix achetées pour s'emparer du pouvoir au Bihar. Les Yadavs et leurs «
Muslim goons » (milices de casseurs musulmans) dominèrent la politique de l'état pendant 15 ans. Résultat : qui introduisait une demande de permis de bâtir ou de conduire recevait le soir même une menace d'enlèvement. L'activité économique déclina et plus personne n'osait sortir après 18 heures.
L'Inde s'est jointe à la Chine pour voter contre une résolution de l'ONU stigmatisant le Myanmar pour ses violations des Droits de l'Homme. Elle a de même qualifié de « pas important dans la bonne direction » les récentes élections que les termes de la résolution décrivent comme «
not free, fair, transparent and inclusive » (
Times of India, 21 novembre).
L'armée pakistanaise est la principale menace visant le Pakistan écrit Shaun Gregory (
Univ. of Bradford, UK). Comme la garnison du
Deserto dei Tartari de Buzzati elle a fait croire au peuple pakistanais en une menace indienne qui n'a jamais existé. Une telle propagande n'a comme but que de perpétuer son emprise sur la société pakistanaise et sa prétention au contrôle d'une énorme partie des ressources nationales (
Idem).
*
La température a bien diminuée de 5° en quelques jours. Il fait de plus en plus froid et humide. Les matinées et début d'après-midi étaient jusqu'il y a peu restés ensoleillées jusqu'à 16 heures. La grisaille maintenant envahit de plus en plus souvent le ciel dès la fin de la matinée. C'est le cas aujourd'hui.
Les touristes se font rares, les marchands cachemiri ont baissé leurs volets pour les suivre au Kérala ou ailleurs dans le Sud et une ambiance hivernale s'installe dans les rues de Mac Leod.