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samedi 18 décembre 2010

Visite de Wen Jiabao en Inde. Scandale des spectres 2G. Russie et Pakistan

Le 16 décembre 2010




Deux cadres maoïstes népalais de la région de Lumbini ont été arrêtés en Inde en possession d'explosifs destinés à leurs camarades maoïstes indiens (Times of India).



Alors que le Premier chinois Wen Jiabao se trouve à New Delhi, le Gouvernement tibétain en exil déclare que la question tibétaine et celles des différends frontaliers entre l'Inde et la Chine sont intimement liées. La question tibétaine est un des éléments essentiel des relations bilatérales entre les deux pays insistent les ONG tibétaines en exil. En retraçant l'historique, elle rappellent que « la plupart des Indiens n'ont aucune idée de la manière dont la Chine est devenue un des pays voisins ». Il n'y avait pas de Chine sur leur frontière nord lorsque l'Inde accéda à l'indépendance en 1947. C'est seulement en 1949 que les troupes d'occupation chinoises envahirent le Tibet. Ce qui ne fut d'abord pas remarqué par les Indiens car le Tibet, vaste, sauvage et relativement peu peuplé, conservait malgré tout son caractère de « tampon » entre les deux grandes nations. Telle était la situation lorsque l'Inde reconnut la souveraineté chinoise sur le Tibet. Cette situation a entre- temps considérablement changé. Le rythme de ce changement s'est encore accéléré récemment avec la construction de tunnels dans l'Ouest du Cachemir occupé par le Pakistan (PoK) du Pakistan, ce qui place plusieurs villes indiennes à portée de missiles chinois. L'extension du réseau ferroviaire chinois jusqu'aux frontières du Népal, du Sikkim et de l'Arunachal Pradesh, où d'après The Tribune, un autre tunnel (117 km) viendrait d'être percé passant sous le Mont Galongla et connectant directement le district tibétain de Bomi à celui de Mo Tuo (Metok en tibétain) à la frontière indienne en Arunachal Pradesh, représente également une menace pour la sécurité indienne. Le voyage entre Bomi et Motuo prend actuellement 10 heures de marche.



Il serait naïf de croire qu'une paix durable entre l'Inde et la Chine et dans la région soit possible sans règlement de la question tibétaine, conclut le de facto Premier ministre tibétain, Samdhong Rimpoche (Idem).



Mais l'essentiel des conversations sino-indiennes devrait porter sur les importations et exportations respectives et mutuelles des deux pays, sur les investissements et sur les moyens d'équilibrer une balance commerciale nettement favorable à la Chine : 30 milliards de dollars, 2% du PNB indien et 3 fois le volume des exportations indiennes vers la Chine. Alors que la Chine est le premier partenaire commercial de l'Inde, celle-ci ne vient qu'au 7e rang des partenaires de la Chine. Cependant le taux de croissance de ce déficit commercial ralentit depuis 2006. Des accords pour des échanges entre secteurs privés respectifs des deux pays évalués à 16 milliards de dollars devraient être signés au cours de la visite de Wen Jiabao, à l'issue de laquelle ce dernier, « de manière significative » souligne The Tribune, se rendra au Pakistan.



Les Indiens demandent un accès plus facile au marché chinois pour leurs produits et leurs investissements. L'Inde pousse sa production en matière de produits pharmaceutiques, génériques en particulier, biotechnologie, ainsi que son expertise en services financiers cependant qu'elle espère profiter du savoir-faire chinois en matière d'infrastructures (The Tribune).



A l'issue de l'incident entre Paras et des membres de la famille Koirala à Pokhara (cf supra), l'ancien prince héritier aurait été mis sous les verrous pour trois jours (Idem).



Un mendiant du village de Sahawar Shah, âgé de 70 ans, a été élu maire par les résidents. Le nouveau maire n'en continue pas moins à mendier en dehors des heures où il exerce ses fonctions officielles (Idem).



Comme dans beaucoup de cultes animistes, dont l'hindouisme n'est d'ailleurs qu'une « fédération », les femmes sont considérées comme impures pendant leurs périodes de menstruation, et tenues à l'écart de certains endroits et l'accès à certains lieux de culte leur est interdit.
 Parmi les religions monothéistes le judaïsme et l'islam comprennent eux aussi ce genre d'interdit, relique de l'animisme.



L'accès au Temple de Sabarimala (Periyar, Kerala) est ainsi interdit aux femmes entre 10 et 50 ans. Afin de défier cette règle, depuis 2006, l'actrice Jayamala violerait régulièrement l'interdit. Avec de nombreux partisans elle espère ainsi obtenir, au nom de l'égalité des sexes, son abrogation. Ses partisans invoquent que «  coutumes et traditions, y compris religieuses, évoluent continuellement … il fut un temps où l'accès de certains temples était interdit aux 'intouchables' … beaucoup acceptent maintenant l'idée de femmes prêtres... » Paradoxes de l'hindouisme ! D'une part conservateur et souvent facteur d'arriération. D'autre part doué d'une capacité d'évolution et d'une flexibilité inhérente, remarquablement absentes du catholicisme par exemple.



Yahoo News India annonce que Antony, ministre indien de la Défense gardera la pression sur les USA au sujet de la portion de leur aide détournée par le Pakistan pour s'équiper en armement visant l'Inde et subsidier les groupes terroristes anti-indiens.



Le scandale dit des « 2G spectrum » (auquel je ne me suis guère intéressé jusqu'à présent) continue à faire la Une. Pour rappel le ministre des Communication, A. Raja, a alloué des spectres de communication pour les téléphones sans fil de seconde génération (2 G) à partir de 2007, à leur prix tel qu'en 1998 sur la base du principe « premier arrivé, premier servi » plutôt que sur celle de soumissions consécutives à un appel d'offres. Ce qui aboutit à un manque à gagner pour les caisses de l'état central se montant à un trillion de INR. Le ministre Raja a depuis lors donné sa démission à la mi-novembre mais le scandale, le plus important depuis l'Indépendance du pays en 1947, continue à faire des vagues et donne lieu à un chapelet d'enquêtes visant des personnalités en général liées au Congrès.



Le 17 décembre 2010



« Notre relation a transcendé la dimension bilatérale pour revêtir une portée globale et stratégique » a déclaré Manmohan Singh en portant un toast à son hôte Wen Jiaobao à l'issue d'une visite de deux jours de ce dernier où l'on discuta affaires mais aussi sécurité, terrorisme, contentieux frontaliers et non prolifération. Une ligne téléphonique directe (hot line) entre les deux premiers ministres avait été inaugurée peu avant la visite du Chinois, ce qui ne peut manquer de rappeler la guerre froide entre l'URSS et l'OTAN. Sur les points les plus sensibles, la Chine aurait accepté de soutenir à l'ONU le projet de résolution bannissant les organisations terroristes en général, Al Quaeda et Lashkar-e-Taiba en particulier. Delhi de son côté serait rassuré sur le point du contrat de fourniture par la Chine au Pakistan de nouveaux réacteurs en plus de ceux fournis avant l'existence du NSG. Ces nouveaux réacteurs ont assuré les Chinois seront strictement conformes aux règles de l'AIEA. Cependant le réel souci des Indiens concerne les réacteurs de Khushab et de Chasma qui échappent eux au contrôle de l'AIEA.



« ISI blows cover of CIA man in Islamabad » annonce le Times of India. Un Pakistanais du Nord Waziristan, Karim Khan, dont le fils et le frère ont été tués lors d'une attaque de drones a, d'après le Times of India, sous l'instigation de membres de l'ISI, nommément assigné le principal agent de la CIA (Station Chief) en poste à Islamabad. Les plaignants le désignent comme le pilote des drônes, par GPS. L'identité des Station Chiefs est en général tenue secrète. Le monde de l'espionnage américain serait en émoi, y compris au siège central de l'agence en Virginie. Le Station Chief devrait être évacué du Pakistan de manière imminente. Alors que la presse en général se garde d'attribuer la responsabilité de de cette « révélation » à l'ISI, la presse indienne ne semble pas en douter, se gargarisant de la dernière « trahison » de l'allié des USA.



Le 18 décembre 2010



The Tribune rapporte un wikileak suivant lequel Bin Laden aurait promis aux insurgés cachemiri qu'ils ne tomberaient pas « à court de fonds » et qu'il était prêt à engager 20 millions de dollars pour les supporter.



En brève également, l'influence du Dalaï Lama diminuerait dans la communauté tibétaine en exil. Il est vrai que deux jeunes tibétains m'ont déjà laissé entendre que le Dalaï Lama était « très intelligent » mais … Et un jeune moine, Tashi, avec qui je voyage lundi soir en bus de nuit vers New Delhi, m'a dit « nous avons perdu le Tibet à cause des Gelugpa (le lignage du Dalaï Lama) ».



Dans « Implications of Iran going nuclear : Saudi, Pak moves to be watched » (The Tribune) D.Suba Chandan évoque la possibilité, en cas où l'Iran arriverait à développer de l'armement nucléaire, de voir les identités et entités sunnites et chiites resserrer le rangs et, concrètement, le Pakistan fournir savoir-faire, équipement ou protection (parapluie nucléaire) à l'Arabie Saoudite et à d'autres pays du Golfe, également sunnites. La révolution iranienne de 1979 et l'islamisation (« sunnisation », commente The Tribune) du Pakistan sous le régime du général Zia ont en effet accentué l'antagonisme sunnites-chiites au Pakistan et installé une tension dans les rapports irano-pakistanais. Un accord secret aurait déjà été signé en ce sens en 2003 entre l'Arabie et le Pakistan où l'influence du wahabisme n'a cessé de croître depuis les années 80. Le Pakistan avançant ses pions en Afghanistan, économiquement (pipeline amenant le gaz turkmène) mais aussi par Talibans interposés, afin de se préparer au retrait des troupes américaines, risque également de ne pas laisser l'Iran, voisin occidental de Kaboul, indifférent. Cela intéresse l'Inde dans la mesure où de tels engagements, bien que signant l'arrêt de mort des rêves de non-prolifération et de désarmement, entraînerait aussi un déplacement vers le Moyen-Orient de l'épicentre des tensions nucléaires et une réorganisation, moins « indo-centrique », de l'appareil dissuasif pakistanais.



Les organisateurs des Jeux du Commonwealth devraient encore des millions de dollars à quelque quinze firmes étrangères (Australie, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne) ayant organisé les cérémonies d'ouverture et de fin des Jeux. Non seulement les factures ne sont pas payées sept semaines après les échéances mais les appels téléphoniques et les -e-mails sont restés sans réponse. De plus les firmes rencontreraient des difficultés à récupérer matériel et outillage valant plusieurs dizaines de millions de dollars.



Un wikileak révèle que Rahul Gandhi aurait en 2009 déclaré à l'ambassadeur américain Roemer que les « extrémistes hindous représentent un danger plus grave pour le pays que le LeT ou les islamistes indiens (mujahideens) »(Idem).



Avec la visite du Président Medvedev la semaine prochaine au cours de laquelle seront signés une quinzaine d'accords renouvelant la « relation stratégique » entre la Russie et l'Inde, il se confirme que cette dernière se trouve au centre d'un mouvement de re-déploiement géostratégique, confirmation d'alliances anciennes (USA, Russie), création de nouvelles (France, UE) et tentatives de désamorçage du potentiel de conflit avec la Chine (The Tribune). A l'issue de sa visite, Wen Jiabao a cependant critiqué les réactions de la presse indienne à sa visite, qu'il a sans doute trouvées trop tièdes, voire hostiles. Reconnaissant que la presse en Inde est libre, il ne l'en a pas moins invité à jouer un rôle plus positif dans la promotion de l'amitié entre les deux pays au lieu de risquer d'endommager les relations bilatérales (The Times of India).



La Russie, en plus de s'engager dans une coopération en matière d'armement – conception conjointe d'un avion de combat de 5e génération – et de nucléaire civil, rappelle qu'elle appuie depuis vingt ans un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité pour l'Inde et, après l'UE, appelle Islamabad à mettre un terme à l'activité de quelque quarante camps d'entraînement terroristes sur son territoire. Ces derniers, a déclaré Alexandre Kadakin, ambassadeur russe à Delhi, sont le centre d'où le cancer du terrorisme international visant Moscou, Mumbai, Madrid, Londres se déploie (The Tribune),



Le Times of India se scandalise que le leader du JuD, Hafiz Saeed - en résidence surveillée depuis décembre 2008 suite à l'implication de son mouvement dans l'attentat de Mumbai mais libéré, « faute de preuve » par la Haute Cour de Lahore suite au refus de l'Inde de livrer le seul terroriste survivant Ajmal Kasab – soit dernièrement apparu en public, en compagnie de poids lourds de la politique pakistanaise, à l'occasion d'une manifestation contre l'abrogation de la loi sanctionnant le blasphème actuellement débattue au Parlement. La manifestation était organisée par le JuL (Jamât Ulema-e-Islam) peut-être pour faire oublier l'embarrassant wikileak révélant que son leader Fazlur Rehman avait demandé l'appui de l'ambassadrice américaine Patterson afin d'obtenir le poste de Premier ministre.



Malgré les optimistes déclarations d'intention sino-indiennes, on ne peut empêcher l'impression que de nouveaux axes se dessinent : USA, UE, Russie, Inde d'une part, Chine, Pakistan, Corée du Nord, Myanmar, d'autre part.

mercredi 15 décembre 2010

Snobish Bores. Kangra. Coopération stratégique Inde-UE. Wikifakes. Gaz.

Le 8 décembre 2010




Kayani, général en chef de l'armée pakistanaise aurait échappé hier mardi à une attaque de roquettes tirées par les Talibans dans le Sud-Waziristan (The Indian Express).



Considérant son impeccable respect des règles de non-prolifération, l'Allemagne, s'ajoutant aux USA et à la France, soutient l'admission de l'Inde au NSG (groupe des fournisseurs de matériel nucléaire) bien qu'elle n'ai pas signé le Traité de Non Prolifération.



Les Wikileaks, dont ceux concernant la sécurité de l'Inde, se poursuivent. On apprend entre autre que la plus grande partie des fonds alimentant les groupes terroristes tels que le Let et les Talibans, proviennent d'Arabie Saoudite. Kevin Rudd, ministre australien des Affaires étrangères, un sinophile, mais aussi un « réaliste brutal », aurait conseillé aux USA d'être prêt à faire usage de la force si la situation l'exigeait.



Le 9 décembre 2010



Un attentat  a fait une victime et 39 blessés hier à Bénarès. Motivé par le jugement rendu récemment ordonnant le partage entre hindous et musulmans du site de la mosquée Babri démolie par des extrémistes hindous à Ayodhya, il a été revendiqué par les Indian Mujaheedeen, les mêmes qui sont aussi à l'origine de l'attentat contre la German Bakery de Pune l'année dernière,. Parmi les blessés, plusieurs touristes étrangers. L'Uttar Pradesh a connu 18 attentats depuis 2000 dont trois à Bénarès.



En riposte certains milieux du VHP contestent le principe même d'un partage du site entre hindous et musulmans. Les pesanteurs de l'histoire indienne semblent refuser de céder et refaire surface à chaque nouvel attentat, petit ou grand, qui ponctue la vie quotidienne du sous-continent depuis la Partition. Elles semblent laisser peu de chance à l'optimisme de libéraux indiens tels que Shashi Tharoor ou Chetan Bhagat de voir jamais se réaliser leurs projections qui, pour sympathiques qu'elles soient, n'en sont pas moins aussi naïves que l'ont été celles de nos gauches européennes. Ces dernières avaient l'excuse de ne pas être familières de l'islam et des musulmans, avec lesquels nos relations récentes jusqu'à la fin de la colonisation nous avait placé dans la position de l'oppresseur. La gauche indienne n'a pas cette excuse. Un millénaire de présence musulmane dans le sous-continent et quatre siècles de domination de l'Hindoustan par l'islam moghol devraient pourtant leur avoir enlevé leurs illusions.



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Winston Churchill disait des Indiens qu'ils étaient des « emmerdeurs et des snobs » (snobish bores). L'opinion de V.K. Kapoor (The Tribune, 'Nazrana, Sukhrana, Jabrana', 9 décembre 2010) n'est guère plus indulgente ; « Al -Beruni described the Indian character as 'sentimentality with brutality, family ties with well-concealed adultery, … renunciation with avarice and chastity with sex obsession … a weakness for adulation and titles … Some of the scions of the princely states of India are called 'Maharajas' and 'Maharanis'. They [still]enjoy the decayed remains of past glory. Napoleon called these people 'hereditary asses, imbeciles, and the curse of the nation'. Privilege breeds boredom and boredom breeds empty people. Behind the hero stands an invalid. … Words have no fixed meaning; treachery comme easy, and truth is so slippery that it cannot be seized. … To be honest and straightforward is like wearing a chastity belt in a brothel. » (Al Beruni décrit la personnalité de base des Indiens comme faite de 'sentimentalité et de brutalité, … d'attachement à la famille s'accommodant de l'adultère, soigneusement masqué, … de renoncement et d'avarice, de chasteté et d'obsession sexuelle … ainsi que d'un faible pour les titres ronflants … Certains des rejetons des anciens rajas se font encore appeler 'maharaja' ou 'maharani', jouissant encore des restes avariés de leur gloire passée. Napoléon appelait ce genre de personnages 'ânes héréditaires, imbéciles et malédiction de la nation'. Les privilèges engendrent l'ennui, et l'ennui produit des gens sans substance. Derrière les façades héroïques, on trouve des invalides. … Les mots n'ont pas de sens fixe, la trahison est facile et la vérité tellement fuyante qu'il est impossible de s'en saisir. … Être honnête [dans ce contexte] reviendrait à porter une ceinture de chasteté dans un bordel.)



C'est un Indien qui le dit. Quant à moi, je me contente de trouver parfois dans ce fumier quelques perles d'humanité qui contredisent ce portrait peu flatteur, comme ce berger Gaddi reconverti dans le commerce d' écharpes, châles et pantoufles de laine ou de feutre, qui m'explique qu'on ne sait pas si les Gaddis descendent de soldats d'Alexandre – qui aurait livré bataille pas loin d'ici à Kangra entre 326 et 317 AEC – ou de pasteurs nomades hindous fuyant le Rajasthan devant les musulmans en deux vagues, l'une au 8e EC, la seconde vers le 16e EC. Ou ce gentil vendeur de journaux propriétaire d'un joli petit chien blanc appelé Tofu, et qui me garde les journaux du jours quelque soit l'heure où je passe les chercher. Ou deviens-je moi-même déjà un peu indien ?



Le 10 décembre 2010



Visité hier le fort de Kangra qui fut longtemps le siège du pouvoir des Katoch, une des plus anciennes dynasties indiennes, mentionnées dans le Ramayana sous le nom de Trigarta. Rajanaka Susarma Chandra, un des protagonistes du Mahabharata, combattant au côté des Kauravas, un Katoch, aurait bâti le Kangra Qila. Suite à la défaite des Kauravas, les Katoch auraient renoncé au Sud du Pendjab (Multan) n'en conservant que la partie montagneuse, le Jalandhar, actuel Himachal Pradesh. Voilà pour la légende épique. Quant à l'histoire, la dynastie est mentionnée par Ptolémée (Sôter I) qui accompagna Alexandre le Grand en Inde au 4 e siècle AEC. Porus (Phaegus/Parmanand Chandra) qui stoppa l'avancée des grecs vers l'Est aurait été un Katoch.  Le Fort de Kangra serait le plus important de tout l'Himalaya. « Who hold the fort holds the hills » (Qui tient le fort, contrôle la partie montagneuse du Pendjab) disait-on. Shahjahan relaie l'opinion suivant laquelle le fort de Kangra est tellement ancien qu'on ne peut estimer son âge, ainsi que celle suivant laquelle il aurait toujours été propriété des Katoch. Les Maures d'Espagne se seraient inspirés de son architecture pour leurs propres ouvrages fortifiés sur la péninsule ibérique.



Descendu à pied de Mac Leod et pris le bus pour Kangra au Dharamsala Bus Stand. Prends à pied la direction du fort, 3 km en dehors de la ville. Je m'approche donc progressivement du site découvrant au passage un très beau et sauvage paysage de cours d'eau, de collines et de roches abrupts. Puis le choc à la découverte du mastodonte dominant le confluent des rivières Manjhi et Ban Ganga. Choc d'autant plus profond que je commence à réaliser l'importance historique et culturelle de l'endroit où je me trouve, que je suis en fait aux franges orientales de ce Pendjab, ce pays des Cinq Rivières tellement important dans l'histoire et la culture du sous-continent, puisqu'il en est en quelque sorte la matrice, lui donnant son nom et sa religion. La visite du bâtiment lui-même, de ses différents niveaux, de l'aire des temples puis, tout au sommet de la citadelle, de l'aire résidentielle, enfilade de terrasses donnant vue sur les monts et vaux environnant, et qui sert d'arrière-fond à plusieurs miniatures évoquant des scènes de la vie de la Cour de Kangra, ne me déçoit pas non plus. Je me promets d'y revenir. Le Dalaï Lama a bien choisi son coin, pensai-je, un des plus sacrés non seulement pour l'histoire du bouddhisme tibétain mais aussi pour l'histoire du sous-continent.et de ses rapports anciens avec l'Europe.



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Beaucoup de magasins sont fermés aujourd'hui en l'honneur de Liu Xiao Bao, lauréat du Prix Nobel de la Paix qui lui sera remis in absentia aujourd'hui à Oslo.



L'hiver s'installe. Le soleil aujourd'hui n'a pas réussi à dissiper le brouillard qui enveloppe Mac Leod. Cela devrait durer jusqu'en février. Ambiance assez semblable aux hivers belges.



Je devrais partir pour Delhi et le Népal en fin de la semaine prochaine, le 20 au plus tard, et m'étonne de partir avec quelques regrets. Heureux signe que j'ai bien trouvé ma place, dans cette région de l'Inde, à cheval sur les bassin du Ganges et de l'Indus, qui vit passer les envahisseurs aryens venant d'Iran, dont les dynastes Katoches sont mentionnés dans le Ramayana et le Mahabharata, où les gènes grecs prolifèrent encore, et qui vit passer les missionnaires indiens qui convertirent le Tibet au bouddhisme ainsi que l'a rappelé hier le Dalaï Lama au cours d'un brunch offert aux députés du Parlement de l'état (Times of India, 10 décembre 2010). En réponse le Premier ministre de l'état qualifie le Dalaï Lama de « Bouddha vivant » universellement reconnu comme figure de paix. Ce lieu restera-t-il un des hubs à partir desquels se dessinera la réponse de l'humanité à la folie paranoïaque et sanguinaire des monothéismes ? Je le crois et l'espère.



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Deux jours après l'attentat de Bénarès trois bombes grossières trouvées, comme celle de Bénarès, dans une poubelle, ont été désamorcées à Allahabad (Idem). Le Premier de l'Union, Manmohan Singh, annonce son intention d'approfondir la coopération de l'Inde avec l'UE dans les domaines de la lutte contre le terrorisme et autres menaces « non-traditionnelles » à la sécurité (Ibidem).





Le 11 décembre 2010



Après les Wikileaks, les Wikifakes. Les journaux pakistanais The News et The Express Tribune se sont excusés hier d'avoir relayé de faux wikileaks diffusés par des sites web pakistanais anti-indiens attribuant à des diplomates américains une description peu élogieuse d'officiers indiens « vaniteux, uniquement préoccupés de leur image, et génocidaires ». Le quotidien The Nation, connu pour ses positions anti-indiennes, n'aurait par contre manifesté aucun regret, publiant au contraire un éditorial intitulé «  Le vrai visage de l'Inde » (Times of India, 11 décembre 2010).



La Chine se lancerait dans la construction de mosquées et l'aménagement de cimetières réservés aux musulmans un peu partout dans le pays, pour satisfaire aux besoins et exigences de ses quelques 20 millions de musulmans. Le Guandong et les provinces côtières qui ont vu ces dernières années une immigration importante de musulmans de leur habitat traditionnel dans l'Ouest du pays seraient particulièrement concernés (Idem).



L'ancien Vice-Président taïwanais Lien Chan, lauréat du Prix Confucius pour la Paix, récemment créé en catastrophe pour faire pièce au Prix Nobel accordé à Liu Xiao Bao, se serait excusé de ne pouvoir assister à la cérémonie de remise du prix (Idem).



Le processus de négociation d'une accord bilatéral entamé en 2007 entre l'Inde et l'UE et portant sur le commerce et les investissement vient de franchir une étape importante hier à Bruxelles (Idem). Les deux parties sont convenues de s'accorder mutuellement accès à leurs marchés respectifs en matière de services. Cet accord représente d'après les signataires, Manmohan Singh, Hermann Van Rompuy et José Manuel Barroso, des opportunités illimitées pour les deux partenaires, et précède la conclusion prévue pour mars 2011 d'un accord complet de libre échange (BTIA : Broad Based Trade and Investment Agreement).



Le 12 décembre 2010



Wikileaks, suite. Comme le gouvernement espagnol de droite (Aznar) après l'attentat de Madrid, qui l'avait d'abord attribué aux terroristes basques, le parti indien du Congrès – dont un large pan de la politique consiste à éviter l'affrontement avec sa clientèle musulmane – aurait, après l'attentat de Mumbai, attribué l'attaque à des extrémistes hindous. La répugnance à envisager la vérité lorsqu'elle n'est pas pratique semble être un trait universel. L'occasion n'a pas été perdue par certains milieux musulmans indiens qui encore aujourd'hui répugnent à reconnaître la responsabilité du Pakistan dans ce méfait.



Sommet Inde-UE. Après les affaires, la sécurité. Une déclaration commune définit la lutte contre terrorisme international comme une des priorités essentielles de la relation stratégique entre les deux partenaires. Ces derniers s'associent également pour promouvoir l'intégration au droit international d'une Convention globale sur le terrorisme transfrontalier, légiférant sur la tolérance ou l'hébergement d'entreprises terroristes sur les territoires nationaux. Ce qui semble viser directement le Pakistan.



Le Sunday Times of India se réjouit de ce qu'il voit, de la part de l'UE, contrastant avec la prudence américaine, comme un rapprochement des thèses indiennes, pour lesquelles le double-jeu de leur voisin est une évidence qui n'a pas besoin d'être démontrée. La déclaration conjointe appelle explicitement le Pakistan à faire comparaître les responsables de l'attentat de Mumbai devant la justice.



Le quotidien publie par ailleurs un article de Shaun Gregory(Université de Bradford, GB) intitulé 'US is paying for Pak protection racket' (Les USA paient le Pakistan pour se protéger d'attaques sur leur territoire). Bien que son auteur ne soit pas indien, l'article  reflète assez bien le regard que porte l'Inde sur la relation américano-pakistanaise. Sans aller jusqu'à accuser les USA de complicité avec l'état et l'armée pakistanais, Shaun Gregory écrit que « les USA paient le Pakistan pour empêcher qu'ils atteignent leurs propres objectifs en Afghanistan et soutiennent un état qui est le centre mondial du terrorisme international et de la prolifération nucléaire. … La plus grande partie des 11 milliards de dollars versés au Pakistan par le gouvernement Bush II entre 2001 et 2008, aurait été investies dans de l'armement visant l'Inde, à ré-équilibrer la balance des paiements pakistanaise, et à accroître les actifs économiques et financiers de l'armée pakistanaise. … De ce pactole, une très petite partie aurait été consacrée à la lutte contre le terrorisme interne (sur le front afghan). Les patrouilles frontalières pakistanaises étant financées par les USA, l'article souligne l'absurdité de voir financer par les USA la défense des frontières du Pakistan, de sa sécurité et de sa souveraineté, qui normalement ressort des compétences exclusives de tout état normal :.. La Chine par contre se gardant de gaspiller des ressources à financer l'armée pakistanaise ou l'ISI par exemple, jette les fondations d'une relation à long terme en investissant plutôt en infrastructure durables - pipelines, port de Gwadar – ainsi que dans le renseignement. Les USA investissent massivement à fonds perdus pour des intérêts à cour terme tandis que le Chine investit sélectivement mais pour le long terme. Si la raison profonde des options américaines n'est pas la crainte de voir ce pays soutenir encore plus activement le terrorisme international, et de le voir fournir matériel et technologie nucléaire à des groupes terroristes étrangers, n'est-il pas temps se demande l'auteur de « mettre un terme à l'aide militaire américaine au Pakistan » ?



Pour convaincant que semblent ces arguments l'article omet cependant de mentionner un autre des motifs possibles des USA, sans doute le plus substantiel : empêcher l'influence chinoise de s'y développer.



Le 13 décembre 2010



Le ministre indien du Pétrole a signé au Turkménistan avec ce pays, le Pakistan et l'Afghanistan un accord de contribution a financement du projet américain de construction d'un pipeline de gaz naturel d'Asie centrale (10 milliards de dollars) destiné à faire concurrence au réseau russe de transport de ce carburant. Malgré ses craintes relatives à la sécurité du projet – l'Inde a accepté de prendre livraison du gaz à la frontière turkmène, son transport subséquent à travers l'Afghanistan et le Pakistan lui incombant – la participation des USA au consortium semble suffire à la rassurer (Times of India).



Après la déclaration conjointe Indo-UE sur le terrorisme transfrontalier, le quotidien (Idem) considère la déclaration de Angel Merkel, visant nommément le Pakistan, suivant laquelle « le terrorisme ne peut jamais être un moyen d'atteindre des objectifs politiques », comme une seconde victoire diplomatique de l'Inde au cours de la visite européenne de Manmohan Singh.



L'article « The US 'viceroy' rules Islamabad » (Idem) voit la relation américano-pakistanaise par le bout de la lorgnette opposé à celui de Gregory Shaun (cf supra, 12 décembre). Les « trois A » Allah, Armée et Amérique, mais surtout le dernier, définiraient le Pakistan. Ce pays serait devenu « une colonie américaine », d'après Kamran Rehmat éditeur du Islamabad Dateline. Au point que le général Kayani aurait discuté avec l'ambassadrice Patterson l'éventuel remplacement de Zardari comme président, que ce dernier lui aurait suggéré sa soeur pour lui succéder au cas où il serait assassiné et qu'un des maulana (théologien) les plus critiques de l'impérialisme américain, Fazlur Rehman, secrétaire général de la Jamiat Ulema-e-Islam, aurait sollicité l'appui de l'ambassadrice américaine à sa candidature comme premier ministre.



Le 14 décembre 2010



Le gouvernement du Bihar, dans la foulée de la ré-élection triomphale de Nitish Kumar, et dans la cadre de sa politique de sécurisation de l'état et de résorption du chômage, aurait décidé d'engager 50 000 policiers (Times of India).



Les universités britanniques seraient devenues des viviers de terroristes islamistes d'après Anthony Glees, directeur des Security Studies à l'Université de Buckingham (Idem).



Paras – le joyaux qui génère l'or - ancien prince héritier de la couronne népalaise - et ami personnel de CC -  aurait à nouveau frappé. Il est réputé pour être susceptible et avoir la gâchette facile. Il a ainsi exécuté en public dans un bar un chanteur qui se serait moqué de lui ou de la famille régnante. Cette fois c'est en réponse à de supposées « insultes » visant son père, de la part de la Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Sujata Koirala, rencontrée également dans un restaurant à Pokhara où elle se trouvait en compagnie de son époux et de son fils, que le Prince tira, en l'air, une volée de cartouches (Idem).



Le Premier chinois Wen Jia Bao arrive demain à Delhi pour parler affaires. Les commentateurs se concentrent sur la question "comment continuer à collaborer en matière économique alors que les contentieux politiques et frontaliers entre les deux pays se multiplient au point que certains se demandent si la Chine ne représentera pas dans un futur qui pourrait être proche une menace plus imminente que le Pakistan?"



Le 15 décembre 2010



Les chutes de neige sur les sommet du Chamba rendent difficile le travail des patrouilles le long des 216 km de frontière de cette région avec l'état instable du Jammu et Cachemire. Le dernier attentat perpétré par des agents infiltrés du Cachemire avait en 1998 fait 35 morts (Times of India).



La visite de Wen Jia Bao se déroule sur un fond géopolitique mouvant. La Chine a rétabli la semaine dernière ses relations militaires avec les USA. Elle les avait interrompues après la livraison d'armes américaines à Taïwan au début de l'année. L'Inde a rompu les rapports militaires suite au refus chinois de délivrer un visa normal à un général indien basé au Jammu-Cachemire, territoire contesté entre l'Inde, le Pakistan et la Chine. Le fait que l'ambassadeur indien à Oslo ait assisté à la remise du Prix Nobel de la Paix au dissident chinois Liu Xiao Bao ne devrait pas interférer estiment les commentateurs (Idem). Notant que la Chine est le seul membre permanent du Conseil de Sécurité dont l'appui à la candidature indienne n'est pas assuré, le quotidien titre aussi (p. 11) « India won't bend backward for UNSC seat » (L'Inde ne se livrera pas à des contorsions devant la Chine afin d'obtenir son appui pour l'obtention d'un siège permanent).

mercredi 8 décembre 2010

Wikileaks. Afpak. Islam indien. La Chine se met-elle le monde à dos ?

Le 1er décembre 2010



Suite aux Wikileaks, un officier supérieur pakistanais aurait déclaré que les USA cherchent à perpétuer un état de « chaos contrôlé » au Pakistan, avec comme but ultime de « dénucléariser le Pakistan » (Times of India).



Par ailleurs Indrani Bagchi se réjouit que ces fuites révèlent que les craintes de l'Inde relatives au Pakistan, à ses intentions et au danger qu'il représente non seulement pour l'Inde mais pour la paix mondiale, soient largement partagées entre autres par certains diplomates américains. Quand à l'opinion de Hillary Clinton suivant laquelle l'Inde ne serait qu'un « self appointed front-runner » (coureur de tête, candidat, auto-désigné) dans sa poursuite d'un siège permanent au Conseil de Sécurité, elle ne devrait guère déranger l'Inde (Idem).

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Quarante-sept % des filles seraient données en mariage avant l'âge de 15 ans alors que l'âge minimum légal est de 18 ans depuis 1978. La première loi fixant un âge minimum (12 ans) avait été votée en 1929. Les état les plus affectés seraient le Rajastan, l'Uttar Pradesh, le Madhya Pradesh, l'Haryana et le Jharkhand (Idem).



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"Peu importe qu'ils soient corrompus à moins qu'ils fassent leur travail", semble avancer l'éditorialiste Jug Suraiya. Comment Nitish a-t-il transformé le Bihar de Lalu Prasad, synonyme pendant 20 ans d'arriération, de féodalisme et de grand banditisme ? Non pas en déracinant la corruption prétend l'auteur mais en la canalisant à des fins productives d'équipement, d'infrastructure et de maintien de l'ordre. Nitish n'a pas supprimé la corruption mais l'a légalisée en faisant des entrepreneurs de criminels tolérés/protégés par Lalu. Les routes construites pas ces mafieux ayant renoncé au crime et à l'extorsion au bénéfice de contrats publics seront probablement défectueuses mais au moins, il y aura des routes (Idem).



Le 2 décembre 2010



Mumbai est peut-être la capitale économique de l'Inde mais l 'état du Maharashtra dont elle est la capitale régresse au point de risquer de rejoindre le peloton des états « malades » (bîmâr) de l'Union indienne : le BIMARU (Bihar, Maddhya Pradesh, Rajasthan, Uttar Pradesh). Le Maharashtra dépense en effet moins que ces états, à l'exception du Bihar, pour les soins de santé et l'éducation. Plus inquiétant son taux de croissance est également inférieur à celui de ces états (Times of India).



Le 3 décembre 2010



Le Times of India rapporte un Wikileak suivant lequel Nawaz Sharif, Premier de l'état du Penjab, et frère du chef de l'opposition pakistanaise au président Zardari , Shahbaz Sharif, aurait prévenu l'aile caritative » (JuD) de l'organisation terroriste Lashkar e Taiba de l'imminence du blocage de lignes de crédit de l'ONU après que leur implication dans l'attentat de Mumbai devînt évidente. Cela permit à ces organisation de « vider les comptes » avant que les sanctions ne deviennent effectives.



Il se confirme que les équipements du Village Olympique (piscine olympique, salle d'entraînement, pistes) ont été construits par une société, Sportina Exim, ne faisant pas partie du consortium auquel le contrat avait été adjugé. Sportina Exim ne disposant ni des compétences ni de l'expérience requise, n'était pas éligible. C'est pourtant elle qui fit le travail, et le factura presque le double du prix d'abord estimé : 630 millions de INR au lieu de 380 millions (Times of India, 2 décembre 2010). Par ailleurs les enquêteurs du Income Tax Service (Taxes sur les revenus) allèguent qu'une quinzaine d'officiels du Comité olympique et autres instances gouvernementales de et à Delhi auraient reçu 15 % des bénéfices de sociétés fournissant équipement sportifs, pistes de courses en matières synthétiques, éclairage extérieur, finition de paysage urbain, etc.



Sur l'AfPak, les Wikileaks ne font que confirmer ce dont on beaucoup se doutaient depuis longtemps déjà : une partie au moins de l'aide américaine au Pakistan (16 milliards de dollars depuis 2001) destinée à combattre les Talibans est au contraire utilisée pour les soutenir, ainsi que les Hekmatyar et Haqqani sur le front ouest, et le LeT sur le front indien et cachemiri, tandis qu'une autre partie (des centaines de millions de dollars) est détournée vers les « coffres de l'état ». Mais quelle que soit l'importance des sommes engagées par les donateurs étrangers, "rien n'amènera le Pakistan à abandonner son support à ces groupes" estimait un envoyé américain à Islamabad en 2009. Zardari affirme cependant que "si le Pakistan riposterait certainement à toute attaque indienne, consécutive par exemple à l'attentat de Mumbai, il ne laissera pas non plus déterminer sa politique par des 'acteurs non-étatiques' ". Par rapport au matériel nucléaire, les craintes américaines ne sont pas tant qu'un groupe terroriste quelconque s'empare des installations nucléaires pakistanaises mais plutôt que certains membres de l'establishment militaire pakistanais ne détournent des quantités suffisantes de matériel nucléaire pour fabriquer en dehors du pays « a rogue nuclear weapon » (une bombe « illégale »).



Le 4 décembre 2010



Les firmes chinoises actives en Inde et ayant également des intérêts dans le Pok (Cachemire occupé par le Pakistan) pourraient faire l'objet de mesures spéciales voire de sanctions. L'attitude ambiguë de la Chine par rapport à la question cachemirie, ses éventuelles prétentions sur le Nord du Cachemire et le Ladakh ainsi que sa collaboration avec le Pakistan en matière de sécurité et de nucléaire finit visiblement par énerver les Indiens (The Tribune).



Le Grand Lama de Kalmykie (Russie) espère que le Dalaï Lama, dont la dernière visite en Kalmykie remonte à 2004, sera de nouveau autorisé à visiter « un jour » cette république d'Asie centrale. Les Kalmouks sont apparentés aux Mongoles (Times of India).



Wikileaks. Le Pakistan auarit rejeté  la suggestion américaine (Sénateur Kerry) d'un pacte de non-agression entre lui-même et l'Inde tant que les USA ne traiteront pas l'Inde et le Pakistan de « manière égale » (Idem).



D'après Chetan Bhagat (Idem) l'électorat indien comprend de plus en plus de « EV » (enlightened voters : électeurs éclairés) et de moins en moins de « PV » (passive voters). C'est d'après lui ce qu'illustre le vote des Bihari réélisant Nitish à la tête de sa coalition JD(U)-BJP. Le Congrès serait sanctionné pour s'être trop longtemps compromis, par pure tactique électorale, avec le populisme de Lalu Prasad Yadav, simple façade de la politique corrompue et criminelle qui régna pendant 15 ans dans l'état du Bihar.



Les caractères du PV (électeur passif) sont d'après C.Bhagat : il ne vote pas ; s'il le fait, il vote pour le parti pour lequel sa famille a toujours voté ; ou pour un candidat de sa caste ou religion ; ou pour un candidat qui l'a invité à une grande bouffe (a nice party) avant les élections. L'électeur passif se soucie peu d'intégrité et de corruption.



Il décrit ainsi un type d'attitudes que l'on peut retrouver sous toutes les latitudes. Cette description conviendrait également assez bien à l'électorat qui a maintenu le PS au pouvoir en Wallonie pendant trente ans.



Peu après les fuites de Wikileaks révélant l'inquiétude des Occidentaux devant le rythme de production d'armes nucléaires par le Pakistan, le plus élevé au monde, l'Amiral en chef de la marine indienne annonce que le premier sous-marin doté de têtes nucléaires de facture indienne (INS Arihant) sera opérationnel dès 2012. L'Inde entrera ainsi dans le club des nations – USA, Russie et Chine - disposant de « la triade » nucléaire, c'est-à-dire de la capacité de lancer des missiles à têtes nucléaires depuis le sol, l'air ou la mer. À ce jour l'Inde disposerait de 60 à 80 têtes nucléaires, le Pakistan de 70 à 90 et la Chine d'environ 240 têtes dont sur 7 de ses 62 sous-marins et 3 montés sur des missiles stratégiques à longue portée à alors que l'Inde n'avait jusqu'à présent que 15 sous-marins conventionnels de construction déjà ancienne, et le Pakistan aucun (Idem).







Le 5 décembre 2010



Nicolas Sarkozy arrivé hier en Inde a confirmé que la France appuierait la candidature de l'Inde à un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité ainsi qu'au groupe des GFN (groupe des 45 pays fournisseurs de technologie et matériel nucléaires parmi les 189 états signataires du Traité de Non-Prolifération Nucléaire), un mois après que le président Obama ait apporté son soutien à l'entrée de l'Inde dans tous les groupes multilatéraux chargés de décider des règles de la non-prolifération et de veiller à leur application (GFN, Groupe Australie, Arrangement de Wassenaar, Régime de contrôle de la technologie des missiles). La France a signé en 2008 un accord avec l'Inde portant sur le nucléaire civil et AREVA, qui contribue à la construction d'une centrale nucléaire à Jaitapur (Maharashtra), s'apprête à fournir six réacteurs pressurisés à l'Inde, à condition toutefois que l'Inde accepte de modifier sa législation sur la responsabilité en matière de nucléaire civil en cas d'accident, de manière à l'harmoniser avec la législation internationale en la matière telle que formulée dans la Convention de Vienne (Sunday Times of India).



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Les décennies qui ont suivi l'indépendance indienne ont été marquées par de multiples conflagrations communautaires, surtout entre hindous et musulmans, où ces derniers furent aussi souvent les victimes que les premiers. Malgré le conflit relatif au Cachemire, toujours en cours, le discours serait à présent à l'apaisement, au soulignement de l'héritage commun des Indiens qu'ils soient hindous ou musulmans, et à la collaboration sur le front économique.



Avec des traits spécifiquement indiens, ce discours ressemble un peu à celui qui fut dominant en Occident jusqu'à la fin du 20 e siècle, réduisant tout antagonisme entre musulmans et non-musulmans à ses variables économiques et développementales : ces antagonismes et ces défauts d'intégration disparaîtraient dès que les écarts de revenus se réduiraient.



On sait maintenant que l'économisme en ces matières fut un leurre et il n'y a pas qu'Angela Merkel à penser que « le multiculturalisme est un échec » . Les concepteurs des attentats de New York et Madrid ne sont pas des marginaux banlieusards mais souvent des membres de la bonne classe moyenne, voire des élites musulmanes. Il semble pourtant que l'Inde, enivrée de son taux de croissance de 8%, et de ses succès économiques en général, adopte à son tour cet économisme naïf, ignorant ou voulant oublier qu'une structure sociale fondée sur la juxtaposition et la cohabitation de communautés endogames ne peu aboutir qu'à des développements séparés parfois coopérant – lorsque la conjoncture est favorable – parfois s'ignorant lorsque rien dans la conjoncture n'oblige au contact – parfois s'affrontant lorsque les ressources et opportunités se font rares, c'est-à-dire souvent et régulièrement.



La synthèse relativement harmonieuse entre hindous et musulmans sous les Moghols, jusqu'à la Mutinerie de 1857, donne il est vrai à ces développements récents une arrière-fond très différent de celui qui reste dans les mémoires collectives respectives de l'Occident et de l'Islam nord- africain et moyen-oriental, fait de croisades et de jihad, de piraterie en Méditerranée, d'impérialisme et de colonialisme. Ce passé commun où la société indienne fonctionnait un peu comme le fit l'empire ottoman sous l'autorité d'un islam relativement tolérant, ou décadent diraient les intégristes, suffira-t-il à fournir le terreau nécessaire à la poursuite d'un développement intégré du sous-continent ?



L' édito « Educate, don't appease » du Times of India (3 décembre 2008) reconnaît l'héritage commun, y compris génétique, des hindous et musulmans indiens. « Fundamentalists dislike the concept of a liberal islam flourishing in the syncretic soil of India. Indian Muslims, however, remain rooted in a Vedic civilisational ethic that has celebrated our religious plurality over 3000 years » (Bien que les fondamentalistes n'apprécient guère l'idée d'un islam libéral se nourrissant du terreau syncrétique de l'Inde, les musulmans indiens sont bien enracinés dans cette éthique védique pluraliste vieille de plus de 3000 ans) y prêche Minhaz Merchant. Il cite aussi un imam d'Ayodhya déclarant que « bien que nos religions soient différentes, nous partageons le sang des hindous » à quoi un Swami hindou répond « cela fait aussi de vous les descendants de Notre Seigneur Rama ».



Tout semble donc à nouveau baigner. Cependant un fait reste incontestable : les musulmans indiens bien qu'ils aient dominé le Nord du sous-continent pendant 400 ans, sont depuis la période britannique retournés au bas de l'échelle sociale où ils sont encore, parmi les plus pauvres et les moins éduqués. « Juifs, parsis, chrétiens, bouddhistes ont trouvé leur place en Inde et s'y sont développés ; plus récemment ils ont adopté une éthique libérale et moderne sans sacrifier leur culture et leurs traditions» poursuit M.Merchant. « Pourquoi pas les musulmans ? » semble-t-il suggérer, avant de fournir ses éléments de réponse : « leurs leaders, prêcheurs fondamentalistes et politiques en quête de leurs voix, sont 'leurs pires ennemis' ».



L'attitude des élites indiennes vis-à-vis des musulmans a été – pas très différente en cela des élites européennes – de les « apaiser » (appease : calmer, endormir), d'acheter leur tranquillité en leur concédant faveurs, quotas ou passe-droits. Ce qui les entretient dans un cocon d'arriération et en fait des proies faciles pour les hommes politiques, tels que Lalu Prasad Yadav, à la recherche d'une base.



D'après l'éditorialiste une meilleur démarche serait d'éduquer les masses musulmanes. Musulmans, modernes, progressistes et libéraux, ils fournirait à l'Inde son meilleur argument de propagande contre la théorie des « deux nations » à l'origine de la partition pakistanaise. Mais comment éduquer qui croit n'avoir rien à apprendre ?



La capacité des hommes à prendre leurs désirs pour des réalités me fascine. Les hindous, après 400 ans de colonisation musulmanes n'ont toujours pas lu le Coran et continuent à parler de l'islam sans le connaître en fait si ce n'est par ce que des « amis » musulmans leur en ont dit ou ce qu'ils en ont lu dans la presse.



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Swaminathan Anklesaria (Idem) s'émerveille d'avoir vu au cours de son récent séjour en Nouvelle Zélande tout un aéroport, voyageurs et employés, « riches et pauvres », s'immobiliser pendant deux minutes à la mémoire des 29 mineurs piégés au fond d'une mine, « Cela serait impossible en Inde » continue-t-il, où « un millier de mineurs meurent chaque année » sans que l'on en fasse mention dans la presse et les média. « La classe moyenne peut s'émouvoir des soucis de coeur de Jessica Lal ou de Ruchika Girhotra mais pas de la mort de mineurs. Malheureux mais pas catastrophique ! … L'Inde reste un pays impitoyable … où les négligences criminelles sont monnaie courante … où 70% des victimes d' accidents de la route sont des piétons … et l'attentat du 26/11 à Mumbai a fait moins de victimes que les nombreux attentats qui sont routine un peu partout en Inde, visant l'une ou l'autre communauté, mais dans des cadres moins prestigieux que l'Hôtel Taj Mahal. Les traits des voyageurs 'même ceux de 1re classe' dans cet aéroport néozélandais étaient ' marqués par une expression d'authentique chagrin' ». Comparé à l'Inde, on a l'impression que « riches et pauvres en Nouvelle Zélande sont liés par un authentique lien de fraternité » conclut l'édito.

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Dîné avant-hier soir chez Tashi, ce jeune moine tibétain organisateur d'excursions bouddhistes avec qui j'ai visité le Lac Rewelsar en octobre dernier. Deux de ses confrères sont aussi présents : son professeur de philosophie et un jeune ermite chevelu, originaire du Sikkim, qui vit à Dharamkot. Nourriture excellente – légume vert, dont je ne connais pas le nom, étuvé, et pommes de terre baignant dans une sauce au fromage, oignons et piments rouges – arrosée de thé que Tashi, qui est drôle, je dois le reconnaître, qualifie "d'eau chaude parfumée".



Après un coup de sonde, auquel je ne réagis pas, de la part du professeur de philosophie – le Dzog Chen, approche Nyingma Pa d'obtention soudaine de l'illumination dès cette vie, serait « puissant et efficace » - visant à vérifier si je ne serais pas un client potentiel, la conversation s'oriente vers des sujets plus terre-à-terre. Il s'avère à mon grand plaisir que tous sont intéressés par la politique et la géopolitique. Après le problème tibétain, nous passons à la géopolitique régionale, à ce qui ressemble à une tentative d'encerclement de l'Inde par la Chine – répondant elle-même à ce qu'elle perçoit comme son encerclement par les USA et ses alliés – et à la réaction indienne : investissements en Afghanistan, et au Sri Lanka, nouveaux aéroports et logistique de combat en Arunachal et dans le Nord-Est en général, accords « stratégiques avec les USA, le Vietnam et le Japon … Nous rions bien à l'évocation de la coquille du Times of India qualifiant le Dalaï Lama de « leader taliban », et envisageons de fonder un groupe de talibans tibétains ....



Le chevelu est particulièrement franc et direct. Comme il évoque sans broncher l'exécution parfois nécessaire de terroristes ou de certains individus dangereux, Tashi, dans un murmure à résonance un peu sardonique, psalmodie un « Ôm Mani Padme Aum » expiatoire.



L'ermite sourit puis s'écroule sur un des lits poussés contre les murs lâchant : « Ah, des femmes, des cigares, du whisky » soupire-t-il.



« Ivre à l'eau chaude » commente Taishi.



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L'échec du parti du Congrès au Bihar et sa perte d'influence dans le Nord (Hindustan : Uttar Pradesh, Madhya Pradesh) pourrait-il mettre un terme au régime bi-parti (Congrès et BJP) qui s'est imposé de fait depuis le début des années 90 au bénéfice de coalitions disparates comme celle de Nitish au Bihar. Le Congrès apparaît de plus en plus complice sinon responsable des scandales qui ont scandé les derniers mois depuis celui des Jeux du Commonwealth jusqu'à celui du scandale de l'immobilier sur des terrains appartenant à l'armée à Mumbai (Adarsh) en passant par celui des spectres de télédiffusion à des sociétés inéligibles. Comparativement, le BJP paraît relativement intègre.



Les causes de cette évolution sont, d'après les commentateurs, de différents ordres : vieillissement de l'appareil du parti – l'âge moyen de ses cadres serait de 65 ans ; monopolisation depuis 2004 des postes importants par des représentants des milieux d'affaire (money bags) au détriment des militants de terrain, et peut-être permanence de la relation symbiotique entre le Congrès et la famille Gandhi (Sunday Times of India, 5 novembre 2010).



Le 6 décembre 2010



Les retombées des révélations de Wikileaks se poursuivent. Les USA auraient cherché sans succès, en 2006, deux ans avant l'attentat du 26/11 à Mumbay, à amener les autorité pakistanaise à sévir contre le Lashkar-e-Taiba (LeT) et son aile « humanitaire » le Jamaat ud Dawa (JuD) [dont les activités se concentrent sur le front indien]. Les activités de ce dernier furent brièvement perturbée au cours des six mois suivant l'attentat de Mumbai. Son chef Hafiz Muhamad Saeed fut libéré de tout contrôle après si mois de résidence surveillée. Par ailleurs le secrétaire parlementaire du ministre pakistanais de la défense aurait déclaré à l'ambassadeur américain Crocker qu'il était fier d'être membre du LeT et travaillait à étendre le soutien du gouvernement aux organisations jihadistes quand elles le demandaient (Times of India, 6 décembre).



Le 7 décembre 2010



La Chine aurait, à la demande du Pakistan, bloqué les efforts des USA au Conseil de Sécurité visant à imposer des sanctions au JuD et à Hafiz Muhamad Saeed, alors même que l'attentat de Mumbai se préparait. Le budget du Let serait de 5,2 millions de dollars levés principalement à travers les campagnes du JuD (Times of India).

Une brève annonce sur la même page que les Talibans envisagent de cibler les Chinois travaillant sur des projets de développement dans le Nord-Ouest du Pakistan (Idem). Bonne idée !  Ils veulent vraiment se mettre tout le monde à dos ...



Le LeT, loin de voir ses activités entravées par le gouvernement pakistanais, les étendrait en Inde même sous la forme d'un « réseau étendu de cellules dormantes ». Narendra Modi, situé à la droite du BJP et Premier ministre du Gujurat, aurait échappé à un attentat organisé par le LeT en juin 2009, quelques mois après le 26/11. Le LeT s'implique aussi en Afghanistan. Alors que les capacités de nuisance d'Al Quaeda se réduisent suite aux contre-attaques répétées des Américains et alliés, celles du Let ne font qu'augmenter, sous l'aile protectrice du Pakistan, qui combattrait en même temps Al Quaeda et les Talibans sur le front Afghan. Les ambitions globales du LeT seraient évidentes. Un indice en serait qu'en Inde même le LeT s'attaque de préférence à des cibles étrangères (Mumbai 26/11, ou German Bakery à Pune). Il représenterait, après Al Quaeda, d'après le Département d'Etat américain la menace la plus sérieuse contre les USA.



L'attitude de la Chine lui fait perdre amis et influence non seulement en Asie de l'Est mais partout dans le monde et jusqu'en Afrique. Alors qu'en novembre 2009 la déclaration conjointe du Président Obama et du représentant de la Chine laissait augurer d'un avenir proche dominé par le couple sino-américain, perspective dont l'Inde s'inquiéta à l'époque, un an après la situation semble s'être complètement inversée. En février 2010 déjà, l'ambassadeur US à Beijing relayait les inquiétudes de l'Inde et du Japon ainsi que de nombreux pays du Tiers-Monde. « Stomp around and carry a small stick » (Danse en rond armé d'un petit gourdin) commentait-il ironiquement, pastichant le fameux "Parler doucement en portant un gros bâton" de Théodore Roosevelt, ajoutant cependant que cette nouvelle assurance chinoise était plus formelle que substantielle (Idem, p. 10).



Les accords de défense sino-indiens sont suspendus depuis que la Chine s'ingère dans le différend cachemiri en n'accordant aux ressortissants du Cachemire indien que des visas agrafés, réservés aux ressortissants de territoires contestés.

mardi 30 novembre 2010

Liberté religieuse au Pakistan, et en Inde, Gandhisme, Gay Parade à Delhi

Le 30 novembre 2010




Plusieurs familles chrétiennes auraient du fuir Karachi chassées par la famille d'une jeune musulmane prétendument enlevée par un chrétien pourtant préalablement converti à l'islam (Times of India, 29 novembre 2010).



Un ancien officiel de l'état du Haryana aurait introduit auprès de la Haute Cour de cet état une requête visant à rendre publique la « religion » déclarée par Sonia Gandhi – née italienne et catholique – et ses enfants, sur le formulaire du récent recensement national. La Haute Cour a refusé la requête arguant qu'elle représentait une tentative d'empiètement sur la vie privée de citoyens, injustifiable même dans le cas de figures publiques.



Une autre figure publique – Obama – a réussi à garder le silence sur son appartenance confessionnelle, tout en participant ostensiblement aux rites de plusieurs des religions organisées présentes sur le territoire américain. Sans doute une première dans ce pays où l'appartenance confessionnelle a longtemps été considérée comme élément intégrant de l'identité personnelle.



Il est intéressant de voir que l'Inde, malgré les castes et le caractère « héréditaire » qu'y prennent souvent les options religieuses, même en Haryana, état pourtant connu pour son conservatisme, garde le cap en maintenant le caractère « privé » de la confession religieuse (Times of India).



L'Inde malgré son poids économique croissant continue à douter d'elle-même ainsi que le montre la récente campagne lancée par des hindous américains pour « récupérer le yoga ». Cet ensemble de pratiques a en effet de plus en plus adopté par des non-hindous, sans nécessairement entraîner de conversion formelle à l'hindouisme. Les promoteurs de la campagne, de manière un peu paranoïaque, craignent que l'origine indienne et/ou hindoue du yoga soit oubliée.



Le Times of India note aujourd'hui un fait de nature à rassurer les Indiens quant à la valeur des multiples produits de leurs traditions philosophiques, morales et religieuses, et au caractère universel de leur réception : l'apparition un peu partout dans le monde de monuments à la mémoire du Mahatma Gandhi. Depuis l'an 2000, soixante-cinq de ces monuments, souvent de simple bustes, auraient été installés dans des universités, des conseils municipaux, et même au Reichstag. Parmi ces villes : Trujillo (Pérou), Osnabruck (Autriche), Belgrade, Guadalajara (Mexique). Et l'on trouverait au moins une statue du grand homme au Chili, en Colombie, à Trinidad, en Ethiopie mais aussi au Maroc, en Syrie, au Tajikistan, et au Kazakstan.



La deuxième Delhi Queer Parade, organisée par l'organisation LGBT (Lesbian, Gay, Transgender and Bisexual Community) a rassemblé quelque 2 000 personnes dimanche dernier à Delhi, un an après que la Haute Cour de Delhi ait décriminalisé l'homosexualité. Alors que l'année dernière, lors du premier défilé, 1 000 personnes avaient défilé masquées, par peur d'être identifiées, cette année seules 300 personnes portaient un masque. De nombreux couples d'hétérosexuels sympathisants auraient également participé à la parade.



Le Times of India rapporte que le pardon accordé par le Président Asif Asi Zardari à une chrétienne pakistanaise accusée d'avoir insulté l'islam, a été déclaré illégal par la Haute Cour de Lahore, déniant au président le droit d'accorder son pardon en matière de blasphème. L'accusée avait été condamnée à mort en première instance.

dimanche 28 novembre 2010

Le Dalaï Lama, leader des Talibans ? Nitish, Premier ministre fédéral ?

Le 26 novembre 2010




La victoire de la coalition JD(U)-BJP au Bihar continue à faire la une des quotidiens. Ce premier vote important où l'électorat s'est prononcé à partir de critères économiques et non de caste, de religion ou de clientélisme laisse espérer une évolution semblable au niveau national. Certains remarquent que la flexibilité du BJP, au point de lui faire accepter de mettre une sourdine aux thèmes de l'hindutva ("hindouïté") et d'exclure de la campagne le représentant le plus vocal de cette tendance dans leur parti, Narendra Modi, Premier ministre du Gujurat, connu pour son islamophobie, lui a aussi bien réussi puisque qu'il passe de 55 à 91 sièges, tandis que le Congrès n'arrive même pas à conserver les 9 sièges qu'ils tenait lors de la précédente législature. Cette face moins confessionnelle, ou plus libérale, du BJP rapproche le parti du modèle envisagé par son patriarche Atal Bihari Vajpayee. Par ailleurs la débâcle du Congrès dans cet état parmi les plus lourds de l'Union, en voix, laisse envisager l'éventualité de Nitish comme candidat Premier ministre fédéral (Times of India).



Le 27 novembre 2010



À l'occasion du deuxième anniversaire de l'attaque d'un commando venu de la mer sur Mumbai l'Inde a rappelé sa détermination de trouver les responsables de cet attentat où 166 personnes trouvèrent la mort et des responsabilités du Pakistan à cet égard (Times of India).



Un groupe de musulmanes conteste la fatwa du Deoband suivant laquelle la formule de répudiation (talaq) est valide même lorsqu'elle est prononcée en l'absence de l'épouse concernée ou de témoins. « Si le mariage ne peut être conclu qu'avec le consentement de l'épouse comment pourrait-il être dissout sans qu'elle soit consultée ? » s'étonne cette association (BMMA) qui qualifie par ailleurs la fatwa de misogyne (Idem) ?



Le 28 novembre 2010



Il arrive partout que les journalistes soient distraits. Le Sunday Times (of India) de ce matin a laissé passer une bourde assez grosse ; annonçant que le Dalaï Lama a subi des tests suite à un épisode grippal, le journal titre en effet « Taliban leader Dalai Lama undergoes tests » (Le Dalaï Lama, leader des Talibans subit des tests) confondant évidemment « Taliban » avec « Tibetan ».

jeudi 25 novembre 2010

Inde, Népal, réponse indienne à la Chine, Don de sang islamiste

Le 24 novembre 2010




Les accoucheuses « aux pieds nus » (dai) de l'Haryana, état situé au nord-ouest de Delhi et dont la population est connue pour préférer les naissances de garçons à celles de filles, sont complices de ce trait de mentalité. Elles joueraient un rôle important de conseil et d'orientation dans les tests de détermination du sexe et dans la mise en contact des femmes enceintes avec des médecins pratiquant l'avortement, qu'elles pratiquent également parfois elles-mêmes (Times of India, 22 Novembre 2010).



Même les juges ne font pas confiance aux polices indiennes. C'est en tous cas ce qui ressort du cas de cette juge s'adressant directement au CBI pour déposer plainte contre son mari et sa belle-famille pour harassement (Idem).



L'impréparation et le désordre qui ont accompagné les CWG s'expliquent-ils par le fait que New Delhi est gouverné par quatre niveaux d'institutions différents ? En effet, les compétences sont partagées (Idem, Who Governs our Cities ?) entre : le Delhi Municipal Corporation (DMC), le New Delhi Municipal Council (NDMC), le Delhi Cantonment Board, et la dernière créée en 2007, NTC (National Capital Territory). A cela il faut ajouter la Delhi Development Authority (DDA) gérant les infrastructures urbaines.



Le Times of India du 23 novembre 2010 révèle qu'au cours des vingt-cinq dernières années aucune des quatre Commissions parlementaires chargées d'enquête suite à des soupçons de corruption ou autre délits n'a aboutit. La dernière – sur la présence ou non de pesticides dans les boissons sucrées – a répondu par la positive mais cette conclusion n'a été suivie d'aucune modification de la loi ou des réglementations.



Répondant au développement par la Chine d'infrastructure ferroviaire, routières et à l'afflux prévisible de troupes dans le Sud-Est du Tibet aux confins de l'état contesté de l'Arunachal Pradesh, l'Inde a créé dans cet état ainsi qu'au Sikkim voisin deux nouvelles divisions (plus de 36 000 hommes) d'infanterie composées de montagnards locaux. Alors que les deux seules divisions d'artillerie de l'Armée indienne visent le « front occidental » pakistanais une nouvelle division est prévue pour le « front oriental ». Deux escadrons d'avions de combat (Sukhoi-30MKI) seront basé à Chabua en Assam, ainsi que six escadrons de missiles sol-air Akash.



Le 25 novembre 2010



Le conseil de castes (panchayat) d'un village de l'Uttar Pradesh a déclaré illégale la possession et usage de GSM par des filles non-mariées afin de les empêcher de s'enfuir avec un garçon sans le consentement de leurs parents. Le même panchayat s'est opposé au mariage de deux membres d'un même gotra (clan) annonce le Times of India (24 novembre, 2010).



Le BJP s'oppose à la l'amnistie et réhabilitation de quelque 3 000 Cachemiri Indiens qui, après avoir fui au PoK (Cachemire occupé par le Pakistan) pour y suivre un entraînement au maniement des armes, désirent rentrer en Inde (Idem).



Le Hindustan Times (24 novembre) annonce que les fissures déjà anciennes entre les ailes « subitiste » et « gradualistes» du parti maoïste népalais (UCPN) se sont aggravées au cour de leur plenum réuni à Palangtar (Gorkha).



L'annonce ce matin de la victoire écrasante (¾ des votes) de Nitish et des sa coalition JD(U)-BJP au Bihar marquerait la fin d'un ère dans la politique indienne, et le début du vote intelligent, où la bonne gouvernance détermine le choix des électeurs et non plus la caste, la confession religieuse ou le clientélisme. D'autant plus remarquable que c'est l'alliance de Nitish et son JD(U) de centre gauche avec le BJP (droite hindoue modérée) qui ont a produit, en matière de sécurité, infrastructures, et discipline des fonctionnaires, les fruits pour lesquels ils sont récompensés. Le pragmatisme de Nitish l'a aussi poussé à refuser, sans que cela mette en danger son alliance avec le BJP bihari, que Modi (leader de l'aile droite du BJP au Gujurat et islamophobe avéré) fasse campagne au Bihar. Le Congrès s'inquiète des progrès de cette alliance atypique et Sonia Gandhi appelle à resserrer les boulons (Times of India, 25 novembre 2010).



Faire don de son sang serait anti-islamique (haram), sauf au bénéfice d'un proche ou d'un membre de son propre clan, a déclaré le Darul Ulum Deoband, « car nous ne sommes pas propriétaires de notre corps » justifie-t-il, manifestant ainsi cet aspect de l'islam qui consolide la solidarité clanique au détriment de la solidarité humaine. Heureusement cependant, d'autres autorité musulmanes ont déclaré que cette fatwa ne devait pas empêcher les musulmans de faire don de leur sang.



Pour équilibrer l'influence grandissante de la Chine au Sri Lanka, qui longtemps fut considéré par l'Inde comme son backyard, deux nouveaux consulats sont ouverts sur l'île : le premier à Hambantota, le nouvau port équipé par la Chine et inauguré hier, le second à Jaffna. L'Inde finance aussi la construction des lignes de chemin de fer Omanthai-Palali et Medawachchiya-Madu-Mannar dans le Nord ainsi que l'effort de déminage et de reconstruction sur le territoire anciennement contrôlé par le LTTE.

lundi 22 novembre 2010

Expats, touristes, Indiens et Tibétains, moines et laïcs. Inde, économie et politique

Le 19 novembre 2010




Dîné ce soir avec Priya, qui finalement n'est pas une ancienne serveuse mais infirmière. Née en Allemagne, émigrée en Californie sans doute à la fin de la 2e Guerre mondiale, elle s'est en fin de carrière, il y a une vingtaine d'années, installée à Mac Leod Ganj dans l'intention de devenir saddhu. Elle déchanta assez rapidement quand elle comprit ce que, concrètement, cela voulait dire, mais resta à Mac Leod. Peut-être n'avait-elle plus le choix. Elle doit à présent avoir dans les 80 ans mais est encore très soucieuse de son apparence et court comme une chèvre dans les collines de l'Himachal Pradesh. J'ai l'autre jour fait en sa compagnie une marche de 10 km jusqu'à Kanyara où elle va sans doute s'installer dans la maison d'un de ses amis, Manjid, jeune trentenaire, qui achève de construire. Elle ne peut cacher son goût des hommes qu'elle concilie sans difficulté avec une pratique ancienne de la méditation et du yoga ainsi que la redécouverte il y a quelques années, non du christianisme, mais de Jésus.



Bien que je sois arrivé à lui faire comprendre que le diabète m'ayant rendu, sinon complètement impuissant, très peu performant en la matière, elle vient deux ou trois fois par semaine prendre un verre de vin rouge chez moi vers 18 h 30 et fait de temps en temps allusion, sur le ton de la plaisanterie à la possibilité de relations plus intimes.



Elle a été mariée deux fois, dont une en Inde avec un musulman je crois, et a deux enfants aux USA.

Elle vit d'une pension très modique qui, je crois comprendre, qui ne lui permettrait pas de se ré-installer aux USA et d'y vivre décemment, ce qu'elle semble parfois regretter.



Elle part demain pour Chandigarh, puis va passer les trois mois les plus désagréables de l'hiver chez des amis au Kérala. "Malgré tout, La Dolce Vita", commente-t-elle en avalant un gorgée du verre de vin rouge que je lui ai offert. Comme lors de son retour je ne serai plus à Mac Leod, j'ai décidé de lui offrir ce dîner d'au revoir sinon d'adieux.



Bien que très au fait du bouddhisme – elle a géré la logistique de retraites dans la région – de la méditation et du yoga, elle ne se fait guère plus d'illusion que moi-même et parle des religions en général comme de « holy business » (le business du sacré). Est-ce son atavisme germano-américain ou son ancienne profession d'infirmière, elle est aussi plutôt directe et a son franc parler, ce qui doit lui cause nombre d'inimitiés dans le quartier mais surtout dans le milieu des expats, résidents à long terme à Mac Leod ou Dharamsala mais aussi des sympathies. Ses amis sont en général des Indiens, dont certains dans la trentaine ou la quarantaine, ou des moines étrangers, thaï, vietnamiens, mais peu de tibétains. Je ne comprends pas encore pour quelle raison exactement, elle ne semble pas aimer beaucoup les Tibétains. Guère de femmes non plus parmi ses relations. À petite dose sa compagnie me convient.



Elle ne peut cacher non plus qu'elle n'aime guère les juifs. Elle n'est donc pas, probablement, une « juive allemande ».



Des juifs, il y en a pas mal à Mac Leod, au printemps et en été, jeunes en général. Mais « il y en avait beaucoup plus avant » me dit Priya, en général des jeunes réservistes.



Mais il y en aussi de plus âgés. J'en connais un, Jacques Picard, Américain de l'état d'Alaska. Ancien journaliste free-lance dans le domaine des médecines alternatives, il a sans doute, comme moi, jeté son dévolu sur Mac Leod Ganj pour des raisons économiques. Sa pension ne lui permettrait pas le même train de vie aux USA. Comme Priya, il semble avoir rompu les liens avec les USA. Lui aussi semble parfois le regretter.



« Où mourir ? » reste une des questions existentielles que je me pose le plus souvent même si, comme me le disait mon ancien ami (nous ne nous parlons plus ; il ne m'a pas pardonné de ne pas haïr Sarkozy, je crois) Renaud, « la vieillesse, ou le vieillissement, est partout un naufrage ». Naufrage plus ou moins précoce, plus ou moins rapide mais dont l'issue est identique pour tous.



Où préférerais-je «sombrer » ? Où ce naufrage sera-il le moins pénible ? Je crois que finalement ce serait en Belgique. Il me semble que « me laisser couler » dans l'océan de ténèbres, ou de lumière, qui précède la perte de conscience serait plus facile dans le cadre familier de la Belgique ou de l'Europe qu'en Inde ou au Népal bien que ces régions me deviennent aussi familières. J' ai d'ailleurs au début de cette année failli vivre au Népal mes derniers moments. Sans drame.



J'ai rencontré au cours de mes pérégrinations en Inde et au Sri Lanka plusieurs de ces retraités, américains, britannique, français, qui ont quitté leur pays d'origine, parfois y ont vendu une maison ou un appartement, pour s'installer sous les tropiques. Beaucoup d'entre eux semblent parfois regretter leurs choix. Priya me l'a carrément avoué : « Que foutons-nous ici, alors que l'Europe est si belle et confortable ? » m'a-t-elle dit un jour où nous évoquions, l'Inde, sa pollution, ses infrastructures défaillantes et ses moyens de transports sous-développés.



Tout cela me renforce dans ma décision de garder un pied-à-terre en Belgique. Car ce que je cherche d'abord, comprends-je de plus en plus, c'est le changement. Le printemps et l'été en Europe, l'hiver en Inde et au Népal. Le Bouddha lui-même ne resta-t-il pas jusqu'à sa mort un voyageur, comme Bruce Chatwin (Anatomy of Restlessness) ne sachant pas tenir en place, sauf pendant la saison des pluies ? Cela lui fit explorer le monde de son temps et approfondir la relativité universelle ou, en termes bouddhologiques, le caractère conditionné, in-essentiel, de toutes entités et identités.



Comme lors de l'année (2007-2008) passée au Sri Lanka et dans le Sud de l'Inde, je commence d'ailleurs, après dix mois sur la route, de songer avec nostalgie aux vallées de l'Ardenne et de l'Eiffel, et même à Liège et aux deux ou trois relations que j'y conserve. Le soir avant de m'endormir, je me promène en imagination dans les rues de Liège ou dans les forêts avoisinantes.



À Mac Leod Ganj, la température fraîchit. Il a plu hier et avant-hier. Non pas l'ennui, mais une sorte de lassitude s'installe et je me réjouis de quitter l'endroit pour le Népal et Lumbini où les choses semblent se prêter pour que j'y passe la Noël et la plus grande partie de janvier. Élise Sintès qui travaille sur un projet connexe au mien pourra me fournir des informants. Et le LIRI peut me loger.



Mais peut-être vais-je aussi, enfin, passer au cours du printemps et de l'été prochain des fins de semaine prolongées dans l'un ou l'autre coin d'Europe que je voudrais découvrir avant de mourir. La liste est longue : Grèce, Balkans, Bulgarie, Roumanie, Arménie, Géorgie, Russie d'Europe et Portugal. Et plus loin, Cuba, Brésil, Argentine.



Mais par où commencer ? La Grèce sans doute, peut-être Samos, lieu de naissance d'Épicure.



Ces retraités, de tous âges, nationalités et milieux sociaux ne forment qu'une partie de la population locale. Certains y louent des chambres ou des flats, d'autres sont propriétaires. Les natifs, qui doivent être à présent minoritaires à Mac Leod, sont les Gaddi, tribus de pasteurs, nomades ou sédentaires, Brahmines et Rajputs, ayant fui les persécutions religieuses du Penjab au 18e siècle, comme ils le firent vers le Népal. Les aborigènes qu'ils ont déplacés sont composés de différentes tribus (ST) : Sipi, Herara et Hali.



Des immigrants tibétains y apparurent dès le 19e siècle mais c'est l'arrivée du Dalaï Lama il y a un demi-siècle qui provoqua l'afflux de réfugiés tibétains à l'origine de la relativement récente notoriété de Dharamsala-Mac Leod Ganj, lui méritant le surnom de Little Lhasa. Vivent aussi dans la région les descendants d'émigrés népalais (Gorkhas) qui occupent, entre autres, quelques hameaux sur les hauteurs de Mac Leod, à proximité du Lac Dal. Ont entre autres résidé à Mac Leod Ganj, le Maharadja de Kangra (capitale du district, dynastie des Katoch, une des plus anciennes de l'Inde, remontant au Mahabharata disent les historiens indiens), James Bruce, 8e Comte (Earl) d'Elgine et 2e Vice-Roi des Indes, ainsi que l'artiste peintre britannique Alfred W. Hallett qui y mourut en 1986.



Certains de ces expats ainsi que certains touristes jeunes ou moins jeunes sont attirés ici par la réputation du Dalaï Lama, et la possibilité de participer à des retraites de méditation ou de suivre des formations en yoga.



Les Tibétains, jeunes ou vieux, moines célibataires ou mariés, commerçants ou travailleurs sociaux sont en général souriants, calmes et sympathiques. Cools. Alors qu'il y a beaucoup de mendiants indiens dans les rues de Mac Leod, je n'ai à ce jour pas encore vu un seul mendiant tibétain. Société sans caste et donc sans doute plus solidaire. Par contre on trouve parmi eux des « marginaux », revendeurs de charas, alcooliques ou portés à « taper » le touriste trop aimable ou trop poli. Ils ne sont pas très différents des marginaux occidentaux. Alors que les Indiens sont plutôt directs et parfois agressifs lorsqu'ils sollicitent, lesTibétains seront comme en général les mongoloïdes, les Vietnamiens par exemple, plus discrets dans leurs approches. Ils ne passent à la caisse, ou aux sollicitations d'un autre type, que lorsqu'un lien de sympathie suffisant a été établi. Ce qui peut prendre un peu de temps. Les jeunes cherchent en général une « girl friend » européenne, américaine, australienne ou japonaise, ou un mécène quelconque qui puisse leur faciliter l'obtention d'un visa vers un pays développé. Beaucoup ne sont intéressés que par l'anglais et négligent l'hindi et le chinois.



De la part des moines – qui cherchent aussi des mécènes, ou mieux, des disciples ayant les moyens – il faut aussi s'attendre à des sollicitations plus directes – n'est-ce pas pour la bonne cause ? – au bénéfice en général des communautés monastiques locales. De ce dernier type de sollicitation, l'épisode de Tashi que je relate un peu plus haut (17 octobre) est la parfaite illustration.



Le 20 novembre 2010



Le bilan des années Nitish au Bihar a beau être largement positif par rapport aux « années sombre » de Lalu Prasad – dans les domaines de la sécurité, de la qualité des routes et dans une moindre mesure de l'éducation – les investissements sont encore insuffisants, beaucoup sont encore sans travail, la petite corruption prospère, les coupures de courant sont fréquentes. Cela n'empêche, prédit Rajdeep Sardesai (Hindustan Times, 19 November) que Nitish (JD) sera un des pôles de la politique anti-Congrès, avec Narendra Modi (Gujurat) avec qui il partage beaucoup de traits – austérité, intégrité personnelle et caractère autoritaire – bien que ce dernier se situe à l'autre extrême du spectre politique (aile droite du BJP),



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Raghav Bahl (Idem, « China is ahead, but India can catch up ») rappelle que lorsque Deng Xiao Ping mit la Chine sur la voie des réformes, son économie était moins importante que celle de l'Inde. La Révolution culturelle avait détruit les institutions économiques, il n'y avait ni banque centrale, ni bourse ; les universités étaient vides ; il n'y avait plus de tribunaux et les purges avaient décimé la profession des avocats.



Trente ans plus tard le PNB de la Chine est quatre fois supérieur à celui de l'Inde (5 contre 1, 25 trillions de dollars).



Comment et pourquoi ? Un cocktail de politiques inspirées en même temps de l'Union soviétique dont certains s'attendaient, dans les années 70, à ce qu'elle dépasse les USA, et du Japon. De la première « l'art d'extraire à bon marché – main d'oeuvre sous-payée - des surplus colossaux et de les accumuler dans les mains de l'état pour les revendre au taux du marché international ou les réinvestir massivement en infrastructures, éducation et soins de santé. Du second un strict contrôle de l'immigration et des investissements étrangers. Aucune autre nation – même occidentale – n'a tiré de la pauvreté un aussi grand nombre de gens en aussi peu de temps.



Comment l'Inde peut-elle rattraper ce retard ? En investissant de manière prévisionnelle, entre autres en matière de routes, éducation et soins de santé, et en s'ouvrant d'avantage aux capitaux étrangers, prêche l'auteur de The Amazing race between China's Hare and India'a tortoise.



Au début du 21e siècle les PNB respectifs de l'Inde et de la Chine étaient équivalents. L'Inde avait alors l'avantage d'institutions solides, avantage qu'elle a conservé. Conclusion, l'économie chinoise serait quatre fois supérieure à l'économie indienne mais aurait sur cette dernière moins de 10 ans d'avance. Car, d'après ce raisonnement, la solidité institutionnelle de l'Inde devrait lui permettre de rattraper rapidement son retard sur la Chine si elle en appliquait les recettes en matière d'investissement en matière d'infrastructures.



Cette projection ne me paraît guère solide. Car si elle intègre les variables « institutionnelles » elle ignore les variable culturelles et sociétales : la structure de castes isole les sous-groupes sociaux les uns des les autres, quand elle ne les jette pas les uns contre les autres, empêchant que se développent entre eux transactions économique ou financières, mariages et émergence d'un sentiment du « bien commun ». Tant qu'à présent, entre l'intérêt d'un État conçu comme une grappe de nations ou autres identités, et celui de sa caste ou de sa tribu, l'Indien choisit toujours le dernier. C'est de cette attitude que provient une corruption gangrénant un tissu social déjà fragmenté. En Chine par contre, s'il existe aussi des ethnies et groupes linguistiques, dont un dominant, les Han (80%), aucun interdit n'empêche les mariages inter-ethniques



Rendant compte de l'étude The Drivers and Dynamics of Illicit Financial Flows from India de Dev Kar, économiste ayant travaillé pour le FMI, le Times of India (20 novembre 2010) calcule que depuis la libéralisation de l'économie indienne en 1991, quelque 9,6 trillions de INR – valeur actuelle : 21 trillions de INR – en flux financiers illégaux (évasion fiscale, corruption, contrefaçons, trafic d'êtres humains et autres activités criminelles) dont 72% seraient à présent en dehors de l'Inde, auraient échappé au contrôle de l'état. De quoi commente le journal effacer la dette extérieure du pays telle qu'en 2008 tout en laissant 10,5 trillions de INR disponibles pour des investissements sociaux.



Le 22 novembre 2010



L'enquête sur les responsabilités du chaos qui a précédé les jeux du Commonwealth et les irrégularités qui y ont contribué semble avoir ouvert la boîte de pandore des reproches et accusations mutuelles non seulement entre le Congrès (auquel appartiennent tous les officiels chargés de la préparation des Jeux) et le BJP, mais aussi à l'intérieur du Congrès où Keshava Rao, sénateur de l'Andhra Pradesh, reproche à Manmohan Singh de n'être que le porte-parole (rubber-stamp) de Sonia Gandhi. Ce dernier reproche émane plus souvent du BJP.



Dans la majorité des scandales y compris les plus récents, (2G scam) – allocation de spectres de diffusion à des sociétés de télécommunication ne remplissant pas les conditions d'éligibilité – et Adarsh – vente à des politiques et haut-gradés d'appartements destinés à des veuves ou orphelins de guerre avec la complicité du Premier de l'état du Maharashtra, ce sont des hommes du Congrès qui sont visés. Kalmadi et ses assistants le sont pour le rôle joué dans l'impréparation des Jeux et les détournements de fonds s'y ajoutant, A Raja, ministre fédéral des télecoms, pour le 2G scam, Ashok Chavan Premier ministre du Maharashtra pour le site Adarsh de Colaba. Ces deux derniers viennent d'être poussés à la démission et Kalmadi pourrait ne pas tarder à les suivre.



Le Congrès a répliqué en mettant en cause Yeddyurappa, Premier Ministre BJP du Karnataka pour avoir facilité la vente de terrains à des prix de faveur à ses enfants.



Depuis quelques jours la presse est pleine des échos de cette grande lessive.



« L'Inde contemporaine » formule de manière saisissante Srivatsa Krishna « se caractérise par une économie du 21e siècle, dirigée par une classe d'entrepreneurs du type « robber-baron » (baron voleur) sortie tout droit du 14 e siècle et soutenue par une bureaucratie fonctionnant comme au 19 e siècle. Il ironise entre autres sur le scandale 2G où « A Raja a pillé les comptes de l'état en attribuant une ressource rare à des compagnies qui ne sont pas capables de faire la différence entre une tour de télécommunication et la Tour penchée de Pise » (Times of India, 21 novembre).



Sur la même page est analysée comment le « système » fonctionne. Les fonctionnaires, plus compétents que les politiques, y joueraient un rôle crucial. Ce sont eux qui s'intermédieraient « pour guider pas à pas les politiques élus et les ministres » dans le dédale des réglementations pour contourner ces dernières au bénéfice des demandeurs, et au leur propre. Certains des fonctionnaires des départements les plus lucratifs – droits de douane et taxes sur le revenu – seraient multi-millionnaires. En effet aucun parti politique ne pourrait fonctionner sur son budget officiel sans recours à de l'argent sale. Les babus, fonctionnaires d'une administration « suprêmement intelligente » et les netas (politiques) ont mis en place un système où la politique, les élections et tout ce qui les entoure ne sont possibles que grâce à des quantités massives d'argent noir. Dans ce système, les babus sont la pièce centrale car ils sont quasiment « invincibles ». La sanction pour un politicien convaincu de corruption est immédiate : ils sont acculés à la démission et perdent la confiance du public, ce qui complique leur ré-élection. Pour les militaires également la sanction suit en général rapidement la conviction. Mais les babus sans qui aucun de ces marchés véreux ne seraient possible, avec la complicité d'une police achetée ou aux ordres, restent intouchables, comme s'ils vivaient « sur une autre planète ». L'opinion cependant commence à y voir clair et pas seulement celle du grand public. Un groupe de jeunes élus se serait récemment scandalisés de l'apparente immunité dont bénéficieraient les fonctionnaires sans la complicité active desquels le scandale immobilier Adarsh – (Colaba Mumbai) sur un terrain appartenant au Ministère de la Défense – n'aurait pas été possible.



Le Sunday Times (November 21) annonce l'arrestation par le CBI dans une ashram de Haridwar (Central Bureau of Investigation, équivalent du FBI américain) de Aseemanand, alias Jatin Chatterjee, leader du groupe extrémiste hindou (saffron activist) Abhinav Bharat, actif surtout dans la « re-conversion » de chrétiens indiens à l'hindouisme au cours d'un rituel bizarrement inspiré de celui du baptême chrétien et consistant en un bain dans des sources d'eau chaude. Plus grave le groupe est aussi soupçonné d'être à l'origine d'attentats anti-chrétiens dans des zones tribales et anti-musulmans à Hyderabad et Ajmer.



Sur la politique du Bihar et la probable ré-élection de Nitish, Swaminomics (Ibidem) rappelle que sous Lalu Prasad Yadav, le Bihar rendait au Centre des milliards de roupies non investies chaque année cependant que les routes, les lignes électrique et les écoles se dégradaient. Cela ne l'empêcha pas de gagner les élections trois fois de suite. En effet les Yadavs et les musulmans, son électorat de base, constituaient ensemble 28% de l'électorat auquel il suffisait d'ajouter 7 à 8 % de voix achetées pour s'emparer du pouvoir au Bihar. Les Yadavs et leurs « Muslim goons » (milices de casseurs musulmans) dominèrent la politique de l'état pendant 15 ans. Résultat : qui introduisait une demande de permis de bâtir ou de conduire recevait le soir même une menace d'enlèvement. L'activité économique déclina et plus personne n'osait sortir après 18 heures.



L'Inde s'est jointe à la Chine pour voter contre une résolution de l'ONU stigmatisant le Myanmar pour ses violations des Droits de l'Homme. Elle a de même qualifié de « pas important dans la bonne direction » les récentes élections que les termes de la résolution décrivent comme «  not free, fair, transparent and inclusive » (Times of India, 21 novembre).



L'armée pakistanaise est la principale menace visant le Pakistan écrit Shaun Gregory (Univ. of Bradford, UK). Comme la garnison du Deserto dei Tartari de Buzzati elle a fait croire au peuple pakistanais en une menace indienne qui n'a jamais existé. Une telle propagande n'a comme but que de perpétuer son emprise sur la société pakistanaise et sa prétention au contrôle d'une énorme partie des ressources nationales (Idem).



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La température a bien diminuée de 5° en quelques jours. Il fait de plus en plus froid et humide. Les matinées et début d'après-midi étaient jusqu'il y a peu restés ensoleillées jusqu'à 16 heures. La grisaille maintenant envahit de plus en plus souvent le ciel dès la fin de la matinée. C'est le cas aujourd'hui.

Les touristes se font rares, les marchands cachemiri ont baissé leurs volets pour les suivre au Kérala ou ailleurs dans le Sud et une ambiance hivernale s'installe dans les rues de Mac Leod.

jeudi 18 novembre 2010

La diaspora chinoise et le Dalaï Lama

Le 17 novembre 2010



Deux proches collaborateurs de Kalmadi (président du CO des jeux du Commonwealth) ont été arrêtés hier. Darbari et Mohindroo sont soupçonnés d'avoir trafiqué des e-mails afin de masquer les conditions irrégulières – pas d'appel d'offre et tarifs sur-évalués – d'un contrat portant sur la location de véhicules et la réalisation de films, entre le CO et une firme londonienne, propriété d'un nommé Patel, d'origine indienne, dans le cadre de la phase britannique (Queen's Baton Relay) des jeux en Octobre 2009 (The Tribune, 16 novembre 2010).



R.S. Bedi (Idem, p. 8) s'attarde sur l'efficacité des menaces américaines au Pakistan de « sévères conséquences si d'autres tentatives d'attentats visant les USA sur son territoire et provenant d'individus ou organisations basées au Pakistan devaient réussir » adressées par la bouche de Hilary Clinton au début de 2010 et préconise la même franchise de la part de l'Inde vis-à-vis de son voisin dont la menace de riposte nucléaire à toute incursion ou action indienne en territoire pakistanais ne serait que bluff.



Le vote des musulmans indiens a longtemps été surtout guidé par une priorité : empêcher l'accès du BJP (droite hindoue) au pouvoir. Dans ce but, l'électorat musulman a porté son vote sur le Congrès, puis après l'État d'Urgence, sur différents partis de « gauche » : Janata, Samajwady Party, RJD et BSP. Cela serait en train de changer, le BJP tentant d'attirer la nouvelle classe moyenne musulmane en laissant à l'extrême-droite (RSS) et ses épigones les thèmes identitaires (Idem, pp 8-9).



La 16e tentative d'élection d'un Premier ministre au Népal s'est comme les précédentes soldé par un échec et le 17e tour vient d'être reporté au 19 novembre. Le pays serait au bord d'une crise financière (Idem, p. 13).

L'épouse d'un musulman ayant prononcé la formule rituelle de répudiation à son égard devient « haram » (interdite) pour son époux, même si cette formule (talaq) a été prononcée sur le mode de la plaisanterie. Il en va de même si, le talaq ayant été prononcé au téléphone dans de mauvaise conditions d'écoute, l'épouse ne l'a pas entendu ou compris. Telle est la fatwa qui vient d'être prononcée par le Dar-ul-Uloom Deoband, cour de justice musulmane pratiquant une des interprétations les plus strictes de la charia (Idem, p. 18).



Le ministre de l'Industrie (Corporate Affairs) Salman Khurshid aurait admis que Sonia Gandhi représentait le « vrai pouvoir » au sein de l'UPA (alliance de centre-gauche menée par le Congrès). Cela n'empêche cependant pas, a-t-il précisé, que Manmohan Singh soit aussi le « vrai Premier ministre ».



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Le dernier scandale (2G scam) fait suite à l'octroi par l'ancien ministre fédéral des télécommunications, A Raja, en 2008, de 85 licences d'exploitation accordées à des compagnies de télécommunications sans appels d'offres « dans un contexte marqué par l'arbitraire et le manque total de transparence … où les règles et procédures ont été ignorées » causant 10, 760.000 millions de INR de pertes pour les caisses de l'État. L'opposition réclame une enquête parlementaire, refusée par l'UPA, la coalition au pouvoir, qui préfère confier l'enquête au Public Accounts Committee (Times of India).



Plus intéressant – la corruption n'étant pas le privilège de l'Inde – quatre Chinois vivant aux USA et au Canada où ils représentent diverses associations militant pour la démocratie en Chine, viennent de rencontrer les représentant de l'Administration Centrale Tibétaine à Dharamsala. Parmi eux Xiang Xiao Ji, un des leaders du mouvement étudiant de 1989, apporte son soutien à l'approche de « la voie moyenne » défendue par le Dalaï Lama pour aboutir à une vraie démocratie en Chine et une authentique autonomie du Tibet. Bien que reconnaissant le droit des Tibétains à l'indépendance, « dans notre intérêt commun à long terme, une très large autonomie est préférable » précise Xiang Xiao Ji, répétant que pour atteindre ce but, l'approche de la « voie moyenne » est la plus susceptible d'enregistrer des progrès (Idem).



Dans le Hindustan Times (p. 7) NC Saxena rappelle que le taux de croissance élevé de l'économie indienne ne doit pas faire oublier des indicateurs sociaux inquiétants. En particulier le taux de mortalité infantile est supérieur à celui du Bangladesh (54 contre 47/1000 ; le taux de mortalité des femmes en couches lui est à peine inférieur (256 contre 320 pour 100.000 accouchements) ; le taux d'analphabétisme reste le plus élevé du monde (38 % contre 6,3 % pour la Chine et 7,5 pour le Vietnam) tandis que seulement 28 % de la population jouit de conditions d'hygiène et d'accès suffisant aux soins de santés contre 86% au Sri Lanka, 65% en Chine et au Vietnam, et 36% au Bangladesh. La moitié des enfants souffre de malnutrition.



Le 18 novembre 2010



On a découvert l'année dernière l'existence en Afghanistan de gisements non seulement de métaux courants – fer, cobalt, cuivre, or – mais aussi de métaux critiques pour les industries modernes, tellement importants que ce pays pourrait devenir un des premiers centres miniers du monde.

Les Chinois (CMG : China Metallurgical Group) ont été parmi les premiers à sauter sur la balle en investissant 4 milliards de dollars pour acquérir les droits d'exploitation de la mine d'Aynak dans la province de Logar. Le gouvernement afghan soucieux sans doute de diversifier les sources d'investissement invite à présent l'Inde, avec lequel, ainsi que la population afghane en général, il entretient de bonnes relations, à lui faire des propositions. L'Afghanistan espère de l'Inde des investissement d'exploitation mais aussi ses experts en géologie et ingénierie minière. L'appel d'offre court jusqu'à la mi-juillet 2011 (The Tribune).