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mercredi 8 décembre 2010

Wikileaks. Afpak. Islam indien. La Chine se met-elle le monde à dos ?

Le 1er décembre 2010



Suite aux Wikileaks, un officier supérieur pakistanais aurait déclaré que les USA cherchent à perpétuer un état de « chaos contrôlé » au Pakistan, avec comme but ultime de « dénucléariser le Pakistan » (Times of India).



Par ailleurs Indrani Bagchi se réjouit que ces fuites révèlent que les craintes de l'Inde relatives au Pakistan, à ses intentions et au danger qu'il représente non seulement pour l'Inde mais pour la paix mondiale, soient largement partagées entre autres par certains diplomates américains. Quand à l'opinion de Hillary Clinton suivant laquelle l'Inde ne serait qu'un « self appointed front-runner » (coureur de tête, candidat, auto-désigné) dans sa poursuite d'un siège permanent au Conseil de Sécurité, elle ne devrait guère déranger l'Inde (Idem).

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Quarante-sept % des filles seraient données en mariage avant l'âge de 15 ans alors que l'âge minimum légal est de 18 ans depuis 1978. La première loi fixant un âge minimum (12 ans) avait été votée en 1929. Les état les plus affectés seraient le Rajastan, l'Uttar Pradesh, le Madhya Pradesh, l'Haryana et le Jharkhand (Idem).



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"Peu importe qu'ils soient corrompus à moins qu'ils fassent leur travail", semble avancer l'éditorialiste Jug Suraiya. Comment Nitish a-t-il transformé le Bihar de Lalu Prasad, synonyme pendant 20 ans d'arriération, de féodalisme et de grand banditisme ? Non pas en déracinant la corruption prétend l'auteur mais en la canalisant à des fins productives d'équipement, d'infrastructure et de maintien de l'ordre. Nitish n'a pas supprimé la corruption mais l'a légalisée en faisant des entrepreneurs de criminels tolérés/protégés par Lalu. Les routes construites pas ces mafieux ayant renoncé au crime et à l'extorsion au bénéfice de contrats publics seront probablement défectueuses mais au moins, il y aura des routes (Idem).



Le 2 décembre 2010



Mumbai est peut-être la capitale économique de l'Inde mais l 'état du Maharashtra dont elle est la capitale régresse au point de risquer de rejoindre le peloton des états « malades » (bîmâr) de l'Union indienne : le BIMARU (Bihar, Maddhya Pradesh, Rajasthan, Uttar Pradesh). Le Maharashtra dépense en effet moins que ces états, à l'exception du Bihar, pour les soins de santé et l'éducation. Plus inquiétant son taux de croissance est également inférieur à celui de ces états (Times of India).



Le 3 décembre 2010



Le Times of India rapporte un Wikileak suivant lequel Nawaz Sharif, Premier de l'état du Penjab, et frère du chef de l'opposition pakistanaise au président Zardari , Shahbaz Sharif, aurait prévenu l'aile caritative » (JuD) de l'organisation terroriste Lashkar e Taiba de l'imminence du blocage de lignes de crédit de l'ONU après que leur implication dans l'attentat de Mumbai devînt évidente. Cela permit à ces organisation de « vider les comptes » avant que les sanctions ne deviennent effectives.



Il se confirme que les équipements du Village Olympique (piscine olympique, salle d'entraînement, pistes) ont été construits par une société, Sportina Exim, ne faisant pas partie du consortium auquel le contrat avait été adjugé. Sportina Exim ne disposant ni des compétences ni de l'expérience requise, n'était pas éligible. C'est pourtant elle qui fit le travail, et le factura presque le double du prix d'abord estimé : 630 millions de INR au lieu de 380 millions (Times of India, 2 décembre 2010). Par ailleurs les enquêteurs du Income Tax Service (Taxes sur les revenus) allèguent qu'une quinzaine d'officiels du Comité olympique et autres instances gouvernementales de et à Delhi auraient reçu 15 % des bénéfices de sociétés fournissant équipement sportifs, pistes de courses en matières synthétiques, éclairage extérieur, finition de paysage urbain, etc.



Sur l'AfPak, les Wikileaks ne font que confirmer ce dont on beaucoup se doutaient depuis longtemps déjà : une partie au moins de l'aide américaine au Pakistan (16 milliards de dollars depuis 2001) destinée à combattre les Talibans est au contraire utilisée pour les soutenir, ainsi que les Hekmatyar et Haqqani sur le front ouest, et le LeT sur le front indien et cachemiri, tandis qu'une autre partie (des centaines de millions de dollars) est détournée vers les « coffres de l'état ». Mais quelle que soit l'importance des sommes engagées par les donateurs étrangers, "rien n'amènera le Pakistan à abandonner son support à ces groupes" estimait un envoyé américain à Islamabad en 2009. Zardari affirme cependant que "si le Pakistan riposterait certainement à toute attaque indienne, consécutive par exemple à l'attentat de Mumbai, il ne laissera pas non plus déterminer sa politique par des 'acteurs non-étatiques' ". Par rapport au matériel nucléaire, les craintes américaines ne sont pas tant qu'un groupe terroriste quelconque s'empare des installations nucléaires pakistanaises mais plutôt que certains membres de l'establishment militaire pakistanais ne détournent des quantités suffisantes de matériel nucléaire pour fabriquer en dehors du pays « a rogue nuclear weapon » (une bombe « illégale »).



Le 4 décembre 2010



Les firmes chinoises actives en Inde et ayant également des intérêts dans le Pok (Cachemire occupé par le Pakistan) pourraient faire l'objet de mesures spéciales voire de sanctions. L'attitude ambiguë de la Chine par rapport à la question cachemirie, ses éventuelles prétentions sur le Nord du Cachemire et le Ladakh ainsi que sa collaboration avec le Pakistan en matière de sécurité et de nucléaire finit visiblement par énerver les Indiens (The Tribune).



Le Grand Lama de Kalmykie (Russie) espère que le Dalaï Lama, dont la dernière visite en Kalmykie remonte à 2004, sera de nouveau autorisé à visiter « un jour » cette république d'Asie centrale. Les Kalmouks sont apparentés aux Mongoles (Times of India).



Wikileaks. Le Pakistan auarit rejeté  la suggestion américaine (Sénateur Kerry) d'un pacte de non-agression entre lui-même et l'Inde tant que les USA ne traiteront pas l'Inde et le Pakistan de « manière égale » (Idem).



D'après Chetan Bhagat (Idem) l'électorat indien comprend de plus en plus de « EV » (enlightened voters : électeurs éclairés) et de moins en moins de « PV » (passive voters). C'est d'après lui ce qu'illustre le vote des Bihari réélisant Nitish à la tête de sa coalition JD(U)-BJP. Le Congrès serait sanctionné pour s'être trop longtemps compromis, par pure tactique électorale, avec le populisme de Lalu Prasad Yadav, simple façade de la politique corrompue et criminelle qui régna pendant 15 ans dans l'état du Bihar.



Les caractères du PV (électeur passif) sont d'après C.Bhagat : il ne vote pas ; s'il le fait, il vote pour le parti pour lequel sa famille a toujours voté ; ou pour un candidat de sa caste ou religion ; ou pour un candidat qui l'a invité à une grande bouffe (a nice party) avant les élections. L'électeur passif se soucie peu d'intégrité et de corruption.



Il décrit ainsi un type d'attitudes que l'on peut retrouver sous toutes les latitudes. Cette description conviendrait également assez bien à l'électorat qui a maintenu le PS au pouvoir en Wallonie pendant trente ans.



Peu après les fuites de Wikileaks révélant l'inquiétude des Occidentaux devant le rythme de production d'armes nucléaires par le Pakistan, le plus élevé au monde, l'Amiral en chef de la marine indienne annonce que le premier sous-marin doté de têtes nucléaires de facture indienne (INS Arihant) sera opérationnel dès 2012. L'Inde entrera ainsi dans le club des nations – USA, Russie et Chine - disposant de « la triade » nucléaire, c'est-à-dire de la capacité de lancer des missiles à têtes nucléaires depuis le sol, l'air ou la mer. À ce jour l'Inde disposerait de 60 à 80 têtes nucléaires, le Pakistan de 70 à 90 et la Chine d'environ 240 têtes dont sur 7 de ses 62 sous-marins et 3 montés sur des missiles stratégiques à longue portée à alors que l'Inde n'avait jusqu'à présent que 15 sous-marins conventionnels de construction déjà ancienne, et le Pakistan aucun (Idem).







Le 5 décembre 2010



Nicolas Sarkozy arrivé hier en Inde a confirmé que la France appuierait la candidature de l'Inde à un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité ainsi qu'au groupe des GFN (groupe des 45 pays fournisseurs de technologie et matériel nucléaires parmi les 189 états signataires du Traité de Non-Prolifération Nucléaire), un mois après que le président Obama ait apporté son soutien à l'entrée de l'Inde dans tous les groupes multilatéraux chargés de décider des règles de la non-prolifération et de veiller à leur application (GFN, Groupe Australie, Arrangement de Wassenaar, Régime de contrôle de la technologie des missiles). La France a signé en 2008 un accord avec l'Inde portant sur le nucléaire civil et AREVA, qui contribue à la construction d'une centrale nucléaire à Jaitapur (Maharashtra), s'apprête à fournir six réacteurs pressurisés à l'Inde, à condition toutefois que l'Inde accepte de modifier sa législation sur la responsabilité en matière de nucléaire civil en cas d'accident, de manière à l'harmoniser avec la législation internationale en la matière telle que formulée dans la Convention de Vienne (Sunday Times of India).



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Les décennies qui ont suivi l'indépendance indienne ont été marquées par de multiples conflagrations communautaires, surtout entre hindous et musulmans, où ces derniers furent aussi souvent les victimes que les premiers. Malgré le conflit relatif au Cachemire, toujours en cours, le discours serait à présent à l'apaisement, au soulignement de l'héritage commun des Indiens qu'ils soient hindous ou musulmans, et à la collaboration sur le front économique.



Avec des traits spécifiquement indiens, ce discours ressemble un peu à celui qui fut dominant en Occident jusqu'à la fin du 20 e siècle, réduisant tout antagonisme entre musulmans et non-musulmans à ses variables économiques et développementales : ces antagonismes et ces défauts d'intégration disparaîtraient dès que les écarts de revenus se réduiraient.



On sait maintenant que l'économisme en ces matières fut un leurre et il n'y a pas qu'Angela Merkel à penser que « le multiculturalisme est un échec » . Les concepteurs des attentats de New York et Madrid ne sont pas des marginaux banlieusards mais souvent des membres de la bonne classe moyenne, voire des élites musulmanes. Il semble pourtant que l'Inde, enivrée de son taux de croissance de 8%, et de ses succès économiques en général, adopte à son tour cet économisme naïf, ignorant ou voulant oublier qu'une structure sociale fondée sur la juxtaposition et la cohabitation de communautés endogames ne peu aboutir qu'à des développements séparés parfois coopérant – lorsque la conjoncture est favorable – parfois s'ignorant lorsque rien dans la conjoncture n'oblige au contact – parfois s'affrontant lorsque les ressources et opportunités se font rares, c'est-à-dire souvent et régulièrement.



La synthèse relativement harmonieuse entre hindous et musulmans sous les Moghols, jusqu'à la Mutinerie de 1857, donne il est vrai à ces développements récents une arrière-fond très différent de celui qui reste dans les mémoires collectives respectives de l'Occident et de l'Islam nord- africain et moyen-oriental, fait de croisades et de jihad, de piraterie en Méditerranée, d'impérialisme et de colonialisme. Ce passé commun où la société indienne fonctionnait un peu comme le fit l'empire ottoman sous l'autorité d'un islam relativement tolérant, ou décadent diraient les intégristes, suffira-t-il à fournir le terreau nécessaire à la poursuite d'un développement intégré du sous-continent ?



L' édito « Educate, don't appease » du Times of India (3 décembre 2008) reconnaît l'héritage commun, y compris génétique, des hindous et musulmans indiens. « Fundamentalists dislike the concept of a liberal islam flourishing in the syncretic soil of India. Indian Muslims, however, remain rooted in a Vedic civilisational ethic that has celebrated our religious plurality over 3000 years » (Bien que les fondamentalistes n'apprécient guère l'idée d'un islam libéral se nourrissant du terreau syncrétique de l'Inde, les musulmans indiens sont bien enracinés dans cette éthique védique pluraliste vieille de plus de 3000 ans) y prêche Minhaz Merchant. Il cite aussi un imam d'Ayodhya déclarant que « bien que nos religions soient différentes, nous partageons le sang des hindous » à quoi un Swami hindou répond « cela fait aussi de vous les descendants de Notre Seigneur Rama ».



Tout semble donc à nouveau baigner. Cependant un fait reste incontestable : les musulmans indiens bien qu'ils aient dominé le Nord du sous-continent pendant 400 ans, sont depuis la période britannique retournés au bas de l'échelle sociale où ils sont encore, parmi les plus pauvres et les moins éduqués. « Juifs, parsis, chrétiens, bouddhistes ont trouvé leur place en Inde et s'y sont développés ; plus récemment ils ont adopté une éthique libérale et moderne sans sacrifier leur culture et leurs traditions» poursuit M.Merchant. « Pourquoi pas les musulmans ? » semble-t-il suggérer, avant de fournir ses éléments de réponse : « leurs leaders, prêcheurs fondamentalistes et politiques en quête de leurs voix, sont 'leurs pires ennemis' ».



L'attitude des élites indiennes vis-à-vis des musulmans a été – pas très différente en cela des élites européennes – de les « apaiser » (appease : calmer, endormir), d'acheter leur tranquillité en leur concédant faveurs, quotas ou passe-droits. Ce qui les entretient dans un cocon d'arriération et en fait des proies faciles pour les hommes politiques, tels que Lalu Prasad Yadav, à la recherche d'une base.



D'après l'éditorialiste une meilleur démarche serait d'éduquer les masses musulmanes. Musulmans, modernes, progressistes et libéraux, ils fournirait à l'Inde son meilleur argument de propagande contre la théorie des « deux nations » à l'origine de la partition pakistanaise. Mais comment éduquer qui croit n'avoir rien à apprendre ?



La capacité des hommes à prendre leurs désirs pour des réalités me fascine. Les hindous, après 400 ans de colonisation musulmanes n'ont toujours pas lu le Coran et continuent à parler de l'islam sans le connaître en fait si ce n'est par ce que des « amis » musulmans leur en ont dit ou ce qu'ils en ont lu dans la presse.



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Swaminathan Anklesaria (Idem) s'émerveille d'avoir vu au cours de son récent séjour en Nouvelle Zélande tout un aéroport, voyageurs et employés, « riches et pauvres », s'immobiliser pendant deux minutes à la mémoire des 29 mineurs piégés au fond d'une mine, « Cela serait impossible en Inde » continue-t-il, où « un millier de mineurs meurent chaque année » sans que l'on en fasse mention dans la presse et les média. « La classe moyenne peut s'émouvoir des soucis de coeur de Jessica Lal ou de Ruchika Girhotra mais pas de la mort de mineurs. Malheureux mais pas catastrophique ! … L'Inde reste un pays impitoyable … où les négligences criminelles sont monnaie courante … où 70% des victimes d' accidents de la route sont des piétons … et l'attentat du 26/11 à Mumbai a fait moins de victimes que les nombreux attentats qui sont routine un peu partout en Inde, visant l'une ou l'autre communauté, mais dans des cadres moins prestigieux que l'Hôtel Taj Mahal. Les traits des voyageurs 'même ceux de 1re classe' dans cet aéroport néozélandais étaient ' marqués par une expression d'authentique chagrin' ». Comparé à l'Inde, on a l'impression que « riches et pauvres en Nouvelle Zélande sont liés par un authentique lien de fraternité » conclut l'édito.

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Dîné avant-hier soir chez Tashi, ce jeune moine tibétain organisateur d'excursions bouddhistes avec qui j'ai visité le Lac Rewelsar en octobre dernier. Deux de ses confrères sont aussi présents : son professeur de philosophie et un jeune ermite chevelu, originaire du Sikkim, qui vit à Dharamkot. Nourriture excellente – légume vert, dont je ne connais pas le nom, étuvé, et pommes de terre baignant dans une sauce au fromage, oignons et piments rouges – arrosée de thé que Tashi, qui est drôle, je dois le reconnaître, qualifie "d'eau chaude parfumée".



Après un coup de sonde, auquel je ne réagis pas, de la part du professeur de philosophie – le Dzog Chen, approche Nyingma Pa d'obtention soudaine de l'illumination dès cette vie, serait « puissant et efficace » - visant à vérifier si je ne serais pas un client potentiel, la conversation s'oriente vers des sujets plus terre-à-terre. Il s'avère à mon grand plaisir que tous sont intéressés par la politique et la géopolitique. Après le problème tibétain, nous passons à la géopolitique régionale, à ce qui ressemble à une tentative d'encerclement de l'Inde par la Chine – répondant elle-même à ce qu'elle perçoit comme son encerclement par les USA et ses alliés – et à la réaction indienne : investissements en Afghanistan, et au Sri Lanka, nouveaux aéroports et logistique de combat en Arunachal et dans le Nord-Est en général, accords « stratégiques avec les USA, le Vietnam et le Japon … Nous rions bien à l'évocation de la coquille du Times of India qualifiant le Dalaï Lama de « leader taliban », et envisageons de fonder un groupe de talibans tibétains ....



Le chevelu est particulièrement franc et direct. Comme il évoque sans broncher l'exécution parfois nécessaire de terroristes ou de certains individus dangereux, Tashi, dans un murmure à résonance un peu sardonique, psalmodie un « Ôm Mani Padme Aum » expiatoire.



L'ermite sourit puis s'écroule sur un des lits poussés contre les murs lâchant : « Ah, des femmes, des cigares, du whisky » soupire-t-il.



« Ivre à l'eau chaude » commente Taishi.



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L'échec du parti du Congrès au Bihar et sa perte d'influence dans le Nord (Hindustan : Uttar Pradesh, Madhya Pradesh) pourrait-il mettre un terme au régime bi-parti (Congrès et BJP) qui s'est imposé de fait depuis le début des années 90 au bénéfice de coalitions disparates comme celle de Nitish au Bihar. Le Congrès apparaît de plus en plus complice sinon responsable des scandales qui ont scandé les derniers mois depuis celui des Jeux du Commonwealth jusqu'à celui du scandale de l'immobilier sur des terrains appartenant à l'armée à Mumbai (Adarsh) en passant par celui des spectres de télédiffusion à des sociétés inéligibles. Comparativement, le BJP paraît relativement intègre.



Les causes de cette évolution sont, d'après les commentateurs, de différents ordres : vieillissement de l'appareil du parti – l'âge moyen de ses cadres serait de 65 ans ; monopolisation depuis 2004 des postes importants par des représentants des milieux d'affaire (money bags) au détriment des militants de terrain, et peut-être permanence de la relation symbiotique entre le Congrès et la famille Gandhi (Sunday Times of India, 5 novembre 2010).



Le 6 décembre 2010



Les retombées des révélations de Wikileaks se poursuivent. Les USA auraient cherché sans succès, en 2006, deux ans avant l'attentat du 26/11 à Mumbay, à amener les autorité pakistanaise à sévir contre le Lashkar-e-Taiba (LeT) et son aile « humanitaire » le Jamaat ud Dawa (JuD) [dont les activités se concentrent sur le front indien]. Les activités de ce dernier furent brièvement perturbée au cours des six mois suivant l'attentat de Mumbai. Son chef Hafiz Muhamad Saeed fut libéré de tout contrôle après si mois de résidence surveillée. Par ailleurs le secrétaire parlementaire du ministre pakistanais de la défense aurait déclaré à l'ambassadeur américain Crocker qu'il était fier d'être membre du LeT et travaillait à étendre le soutien du gouvernement aux organisations jihadistes quand elles le demandaient (Times of India, 6 décembre).



Le 7 décembre 2010



La Chine aurait, à la demande du Pakistan, bloqué les efforts des USA au Conseil de Sécurité visant à imposer des sanctions au JuD et à Hafiz Muhamad Saeed, alors même que l'attentat de Mumbai se préparait. Le budget du Let serait de 5,2 millions de dollars levés principalement à travers les campagnes du JuD (Times of India).

Une brève annonce sur la même page que les Talibans envisagent de cibler les Chinois travaillant sur des projets de développement dans le Nord-Ouest du Pakistan (Idem). Bonne idée !  Ils veulent vraiment se mettre tout le monde à dos ...



Le LeT, loin de voir ses activités entravées par le gouvernement pakistanais, les étendrait en Inde même sous la forme d'un « réseau étendu de cellules dormantes ». Narendra Modi, situé à la droite du BJP et Premier ministre du Gujurat, aurait échappé à un attentat organisé par le LeT en juin 2009, quelques mois après le 26/11. Le LeT s'implique aussi en Afghanistan. Alors que les capacités de nuisance d'Al Quaeda se réduisent suite aux contre-attaques répétées des Américains et alliés, celles du Let ne font qu'augmenter, sous l'aile protectrice du Pakistan, qui combattrait en même temps Al Quaeda et les Talibans sur le front Afghan. Les ambitions globales du LeT seraient évidentes. Un indice en serait qu'en Inde même le LeT s'attaque de préférence à des cibles étrangères (Mumbai 26/11, ou German Bakery à Pune). Il représenterait, après Al Quaeda, d'après le Département d'Etat américain la menace la plus sérieuse contre les USA.



L'attitude de la Chine lui fait perdre amis et influence non seulement en Asie de l'Est mais partout dans le monde et jusqu'en Afrique. Alors qu'en novembre 2009 la déclaration conjointe du Président Obama et du représentant de la Chine laissait augurer d'un avenir proche dominé par le couple sino-américain, perspective dont l'Inde s'inquiéta à l'époque, un an après la situation semble s'être complètement inversée. En février 2010 déjà, l'ambassadeur US à Beijing relayait les inquiétudes de l'Inde et du Japon ainsi que de nombreux pays du Tiers-Monde. « Stomp around and carry a small stick » (Danse en rond armé d'un petit gourdin) commentait-il ironiquement, pastichant le fameux "Parler doucement en portant un gros bâton" de Théodore Roosevelt, ajoutant cependant que cette nouvelle assurance chinoise était plus formelle que substantielle (Idem, p. 10).



Les accords de défense sino-indiens sont suspendus depuis que la Chine s'ingère dans le différend cachemiri en n'accordant aux ressortissants du Cachemire indien que des visas agrafés, réservés aux ressortissants de territoires contestés.

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