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samedi 18 décembre 2010

Visite de Wen Jiabao en Inde. Scandale des spectres 2G. Russie et Pakistan

Le 16 décembre 2010




Deux cadres maoïstes népalais de la région de Lumbini ont été arrêtés en Inde en possession d'explosifs destinés à leurs camarades maoïstes indiens (Times of India).



Alors que le Premier chinois Wen Jiabao se trouve à New Delhi, le Gouvernement tibétain en exil déclare que la question tibétaine et celles des différends frontaliers entre l'Inde et la Chine sont intimement liées. La question tibétaine est un des éléments essentiel des relations bilatérales entre les deux pays insistent les ONG tibétaines en exil. En retraçant l'historique, elle rappellent que « la plupart des Indiens n'ont aucune idée de la manière dont la Chine est devenue un des pays voisins ». Il n'y avait pas de Chine sur leur frontière nord lorsque l'Inde accéda à l'indépendance en 1947. C'est seulement en 1949 que les troupes d'occupation chinoises envahirent le Tibet. Ce qui ne fut d'abord pas remarqué par les Indiens car le Tibet, vaste, sauvage et relativement peu peuplé, conservait malgré tout son caractère de « tampon » entre les deux grandes nations. Telle était la situation lorsque l'Inde reconnut la souveraineté chinoise sur le Tibet. Cette situation a entre- temps considérablement changé. Le rythme de ce changement s'est encore accéléré récemment avec la construction de tunnels dans l'Ouest du Cachemir occupé par le Pakistan (PoK) du Pakistan, ce qui place plusieurs villes indiennes à portée de missiles chinois. L'extension du réseau ferroviaire chinois jusqu'aux frontières du Népal, du Sikkim et de l'Arunachal Pradesh, où d'après The Tribune, un autre tunnel (117 km) viendrait d'être percé passant sous le Mont Galongla et connectant directement le district tibétain de Bomi à celui de Mo Tuo (Metok en tibétain) à la frontière indienne en Arunachal Pradesh, représente également une menace pour la sécurité indienne. Le voyage entre Bomi et Motuo prend actuellement 10 heures de marche.



Il serait naïf de croire qu'une paix durable entre l'Inde et la Chine et dans la région soit possible sans règlement de la question tibétaine, conclut le de facto Premier ministre tibétain, Samdhong Rimpoche (Idem).



Mais l'essentiel des conversations sino-indiennes devrait porter sur les importations et exportations respectives et mutuelles des deux pays, sur les investissements et sur les moyens d'équilibrer une balance commerciale nettement favorable à la Chine : 30 milliards de dollars, 2% du PNB indien et 3 fois le volume des exportations indiennes vers la Chine. Alors que la Chine est le premier partenaire commercial de l'Inde, celle-ci ne vient qu'au 7e rang des partenaires de la Chine. Cependant le taux de croissance de ce déficit commercial ralentit depuis 2006. Des accords pour des échanges entre secteurs privés respectifs des deux pays évalués à 16 milliards de dollars devraient être signés au cours de la visite de Wen Jiabao, à l'issue de laquelle ce dernier, « de manière significative » souligne The Tribune, se rendra au Pakistan.



Les Indiens demandent un accès plus facile au marché chinois pour leurs produits et leurs investissements. L'Inde pousse sa production en matière de produits pharmaceutiques, génériques en particulier, biotechnologie, ainsi que son expertise en services financiers cependant qu'elle espère profiter du savoir-faire chinois en matière d'infrastructures (The Tribune).



A l'issue de l'incident entre Paras et des membres de la famille Koirala à Pokhara (cf supra), l'ancien prince héritier aurait été mis sous les verrous pour trois jours (Idem).



Un mendiant du village de Sahawar Shah, âgé de 70 ans, a été élu maire par les résidents. Le nouveau maire n'en continue pas moins à mendier en dehors des heures où il exerce ses fonctions officielles (Idem).



Comme dans beaucoup de cultes animistes, dont l'hindouisme n'est d'ailleurs qu'une « fédération », les femmes sont considérées comme impures pendant leurs périodes de menstruation, et tenues à l'écart de certains endroits et l'accès à certains lieux de culte leur est interdit.
 Parmi les religions monothéistes le judaïsme et l'islam comprennent eux aussi ce genre d'interdit, relique de l'animisme.



L'accès au Temple de Sabarimala (Periyar, Kerala) est ainsi interdit aux femmes entre 10 et 50 ans. Afin de défier cette règle, depuis 2006, l'actrice Jayamala violerait régulièrement l'interdit. Avec de nombreux partisans elle espère ainsi obtenir, au nom de l'égalité des sexes, son abrogation. Ses partisans invoquent que «  coutumes et traditions, y compris religieuses, évoluent continuellement … il fut un temps où l'accès de certains temples était interdit aux 'intouchables' … beaucoup acceptent maintenant l'idée de femmes prêtres... » Paradoxes de l'hindouisme ! D'une part conservateur et souvent facteur d'arriération. D'autre part doué d'une capacité d'évolution et d'une flexibilité inhérente, remarquablement absentes du catholicisme par exemple.



Yahoo News India annonce que Antony, ministre indien de la Défense gardera la pression sur les USA au sujet de la portion de leur aide détournée par le Pakistan pour s'équiper en armement visant l'Inde et subsidier les groupes terroristes anti-indiens.



Le scandale dit des « 2G spectrum » (auquel je ne me suis guère intéressé jusqu'à présent) continue à faire la Une. Pour rappel le ministre des Communication, A. Raja, a alloué des spectres de communication pour les téléphones sans fil de seconde génération (2 G) à partir de 2007, à leur prix tel qu'en 1998 sur la base du principe « premier arrivé, premier servi » plutôt que sur celle de soumissions consécutives à un appel d'offres. Ce qui aboutit à un manque à gagner pour les caisses de l'état central se montant à un trillion de INR. Le ministre Raja a depuis lors donné sa démission à la mi-novembre mais le scandale, le plus important depuis l'Indépendance du pays en 1947, continue à faire des vagues et donne lieu à un chapelet d'enquêtes visant des personnalités en général liées au Congrès.



Le 17 décembre 2010



« Notre relation a transcendé la dimension bilatérale pour revêtir une portée globale et stratégique » a déclaré Manmohan Singh en portant un toast à son hôte Wen Jiaobao à l'issue d'une visite de deux jours de ce dernier où l'on discuta affaires mais aussi sécurité, terrorisme, contentieux frontaliers et non prolifération. Une ligne téléphonique directe (hot line) entre les deux premiers ministres avait été inaugurée peu avant la visite du Chinois, ce qui ne peut manquer de rappeler la guerre froide entre l'URSS et l'OTAN. Sur les points les plus sensibles, la Chine aurait accepté de soutenir à l'ONU le projet de résolution bannissant les organisations terroristes en général, Al Quaeda et Lashkar-e-Taiba en particulier. Delhi de son côté serait rassuré sur le point du contrat de fourniture par la Chine au Pakistan de nouveaux réacteurs en plus de ceux fournis avant l'existence du NSG. Ces nouveaux réacteurs ont assuré les Chinois seront strictement conformes aux règles de l'AIEA. Cependant le réel souci des Indiens concerne les réacteurs de Khushab et de Chasma qui échappent eux au contrôle de l'AIEA.



« ISI blows cover of CIA man in Islamabad » annonce le Times of India. Un Pakistanais du Nord Waziristan, Karim Khan, dont le fils et le frère ont été tués lors d'une attaque de drones a, d'après le Times of India, sous l'instigation de membres de l'ISI, nommément assigné le principal agent de la CIA (Station Chief) en poste à Islamabad. Les plaignants le désignent comme le pilote des drônes, par GPS. L'identité des Station Chiefs est en général tenue secrète. Le monde de l'espionnage américain serait en émoi, y compris au siège central de l'agence en Virginie. Le Station Chief devrait être évacué du Pakistan de manière imminente. Alors que la presse en général se garde d'attribuer la responsabilité de de cette « révélation » à l'ISI, la presse indienne ne semble pas en douter, se gargarisant de la dernière « trahison » de l'allié des USA.



Le 18 décembre 2010



The Tribune rapporte un wikileak suivant lequel Bin Laden aurait promis aux insurgés cachemiri qu'ils ne tomberaient pas « à court de fonds » et qu'il était prêt à engager 20 millions de dollars pour les supporter.



En brève également, l'influence du Dalaï Lama diminuerait dans la communauté tibétaine en exil. Il est vrai que deux jeunes tibétains m'ont déjà laissé entendre que le Dalaï Lama était « très intelligent » mais … Et un jeune moine, Tashi, avec qui je voyage lundi soir en bus de nuit vers New Delhi, m'a dit « nous avons perdu le Tibet à cause des Gelugpa (le lignage du Dalaï Lama) ».



Dans « Implications of Iran going nuclear : Saudi, Pak moves to be watched » (The Tribune) D.Suba Chandan évoque la possibilité, en cas où l'Iran arriverait à développer de l'armement nucléaire, de voir les identités et entités sunnites et chiites resserrer le rangs et, concrètement, le Pakistan fournir savoir-faire, équipement ou protection (parapluie nucléaire) à l'Arabie Saoudite et à d'autres pays du Golfe, également sunnites. La révolution iranienne de 1979 et l'islamisation (« sunnisation », commente The Tribune) du Pakistan sous le régime du général Zia ont en effet accentué l'antagonisme sunnites-chiites au Pakistan et installé une tension dans les rapports irano-pakistanais. Un accord secret aurait déjà été signé en ce sens en 2003 entre l'Arabie et le Pakistan où l'influence du wahabisme n'a cessé de croître depuis les années 80. Le Pakistan avançant ses pions en Afghanistan, économiquement (pipeline amenant le gaz turkmène) mais aussi par Talibans interposés, afin de se préparer au retrait des troupes américaines, risque également de ne pas laisser l'Iran, voisin occidental de Kaboul, indifférent. Cela intéresse l'Inde dans la mesure où de tels engagements, bien que signant l'arrêt de mort des rêves de non-prolifération et de désarmement, entraînerait aussi un déplacement vers le Moyen-Orient de l'épicentre des tensions nucléaires et une réorganisation, moins « indo-centrique », de l'appareil dissuasif pakistanais.



Les organisateurs des Jeux du Commonwealth devraient encore des millions de dollars à quelque quinze firmes étrangères (Australie, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne) ayant organisé les cérémonies d'ouverture et de fin des Jeux. Non seulement les factures ne sont pas payées sept semaines après les échéances mais les appels téléphoniques et les -e-mails sont restés sans réponse. De plus les firmes rencontreraient des difficultés à récupérer matériel et outillage valant plusieurs dizaines de millions de dollars.



Un wikileak révèle que Rahul Gandhi aurait en 2009 déclaré à l'ambassadeur américain Roemer que les « extrémistes hindous représentent un danger plus grave pour le pays que le LeT ou les islamistes indiens (mujahideens) »(Idem).



Avec la visite du Président Medvedev la semaine prochaine au cours de laquelle seront signés une quinzaine d'accords renouvelant la « relation stratégique » entre la Russie et l'Inde, il se confirme que cette dernière se trouve au centre d'un mouvement de re-déploiement géostratégique, confirmation d'alliances anciennes (USA, Russie), création de nouvelles (France, UE) et tentatives de désamorçage du potentiel de conflit avec la Chine (The Tribune). A l'issue de sa visite, Wen Jiabao a cependant critiqué les réactions de la presse indienne à sa visite, qu'il a sans doute trouvées trop tièdes, voire hostiles. Reconnaissant que la presse en Inde est libre, il ne l'en a pas moins invité à jouer un rôle plus positif dans la promotion de l'amitié entre les deux pays au lieu de risquer d'endommager les relations bilatérales (The Times of India).



La Russie, en plus de s'engager dans une coopération en matière d'armement – conception conjointe d'un avion de combat de 5e génération – et de nucléaire civil, rappelle qu'elle appuie depuis vingt ans un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité pour l'Inde et, après l'UE, appelle Islamabad à mettre un terme à l'activité de quelque quarante camps d'entraînement terroristes sur son territoire. Ces derniers, a déclaré Alexandre Kadakin, ambassadeur russe à Delhi, sont le centre d'où le cancer du terrorisme international visant Moscou, Mumbai, Madrid, Londres se déploie (The Tribune),



Le Times of India se scandalise que le leader du JuD, Hafiz Saeed - en résidence surveillée depuis décembre 2008 suite à l'implication de son mouvement dans l'attentat de Mumbai mais libéré, « faute de preuve » par la Haute Cour de Lahore suite au refus de l'Inde de livrer le seul terroriste survivant Ajmal Kasab – soit dernièrement apparu en public, en compagnie de poids lourds de la politique pakistanaise, à l'occasion d'une manifestation contre l'abrogation de la loi sanctionnant le blasphème actuellement débattue au Parlement. La manifestation était organisée par le JuL (Jamât Ulema-e-Islam) peut-être pour faire oublier l'embarrassant wikileak révélant que son leader Fazlur Rehman avait demandé l'appui de l'ambassadrice américaine Patterson afin d'obtenir le poste de Premier ministre.



Malgré les optimistes déclarations d'intention sino-indiennes, on ne peut empêcher l'impression que de nouveaux axes se dessinent : USA, UE, Russie, Inde d'une part, Chine, Pakistan, Corée du Nord, Myanmar, d'autre part.

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