Katmandou, le 1er juillet 2010
Retour hier à la Tibet Peace Guesthouse de Katmandou où je suis accueilli comme un habitué par le sourire du réceptionniste, neveu du propriétaire de cette jolie petite propriété comprenant trois corps de bâtiments, dont un ancien peint en rose, autour d'un jardin-restaurant. Ma vie de nomade commence à, vraiment prendre forme. À chacun des points de chute où j'ai laissé des bagages, Kandy, Kodaikanal, Kumily, Nainital, Katmandou, Bangkok, étonné de voir avec quelle rapidité je retrouve mes marques et satisfait de voir que je suis reconnu par les gens des quartiers où j'ai choisi de résider. La marchande de journaux voisine de la Kathmandu Guesthouse, chez qui j'achète les journaux népalais du matin à chacun de mes séjours depuis 2005, me salue sans broncher à chacun de mes retours comme si nous nous étions encore vus la veille. Après dix semaines en Inde dont deux mois à Mac Leod Ganj content de retrouver Katmandou, le Népal et la bonhommie des Népalais offrant un agréable contraste avec l'arrogance indienne. La température aussi est agréable – 27 ° à l'atterrissage vers 15 h – après les 43° de New Delhi hier après-midi.
Les journaux annoncent ce matin la démission du Premier ministre CPN-UML Madav Kumar Nepal qui normalement devrait ouvrir la porte à une nouvelle coalition ou à un gouvernement majoritaire sous la houlette des maoïstes (UCPN).
Lis dans le Kathmandu Post d'hier 30 juin un intéressant article sur le caractère fragmenté et la manque d'unité du milieu des dalits (hors-caste, intouchables). Sous le titre « Voices from the powwow », Erisha Suwal, étudiante à l'Université de Columbia, note que les dalits, s'ils ont des identités de jati et gotra (lignages), parfois « meurtrières », n'en ont pas en tant que caste (varna) : « Prof. S.K. Thorat ... conceptualised Dalit identity as those who have been historically deprived of their rights and discriminated against for their caste or rather for not having one » (Le Professeur S.K. Thorat... conceptualise l'identité dalit comme celle de ceux qui ont été privés de leurs droits et subi la discrimination en raison non tant de leur caste que du fait de ne pas en avoir). De plus les dalits népalais (13% contre quelque 30% en Inde) sont divisés en Pahadi dalits – dalits des montagnes – et Madhesi dalits –dalits de la plaine du Terai. Les dalits des montagnes seraient moins méprisés par leurs voisins. Cela se comprend facilement si l'on considère qu'une grande partie de la population originelle des montagnes est composée de tribaux mongoloïdes plus ou moins apparentés aux Tibétains dont l'univers mental ne comprend pas le concept de caste. Dans la plaine par contre, la proximité de l'Inde et le grand nombre d'Aryens ou de populations qui ont intégré l'idéologie aryenne, conforte le préjugé anti-dalit.
D'après Erisha Suwal la priorité pour les mouvements travaillant à l'amélioration du sort des dalits est de construire une « identité dalit » englobant Madeshi, Pahadi, femmes et autres sous-minorités en leur sein. Mais cela ne reviendrait-il pas à faire des dalits une « caste » (varna), renforçant ainsi ce concept et son emprise sociétale, au risque de mener à une « guerre des castes ».
Le 4 juillet 2010
Le Parti du Congrès (NC) et le CPN-UML (marxiste-léniniste) se déclarent prêts à former un coalition de gauche avec les maoïstes, ou à accepter n'importe quelle coalition menée par ces dernier dès que ceux-ci se seront transformés en un parti « civil », auront dissous leur « armée », leur mouvement de jeunesse paramilitaire (YCL) et auront restitué les propriétés confisquées durant les années de trouble. Les maoïstes arguent du fait qu'ils sont le plus important parti de l'Assemblée constituante pour revendiquer le droit de mener, sans condition, un gouvernement de coalition avec les partenaires de leur choix.
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