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mercredi 7 juillet 2010

Castéisme

Le 6 juillet 2010

Le Kathmandu Post fait état de critères contradictoires exigés pour pouvoir bénéficier d'un subside de 100 000 NPR (1 100 €) accordé aux couples inter-caste dalit-non-dalit. D'après le règlement régissant les candidatures à ce subside, l'épouse doit être âgée d'au moins 22 ans et l'époux de 18, alors que la loi sur les mariages stipule que l'âge minimum légal pour le mariage d'une fille est de 18 ans avec consentement de ses parents, 22 ans sans leur consentement.

Le 7 juillet 2010

Le Kathmandu Post annonce que quatre familles de dalits ont décidé de quitter leur village (Ruwale, Siraha, piémont de la châine des Chure) suite au refus des membres des « hautes castes », majoritaires dans ce village, de les laisser s'approvisionner en eau au puits communal. Or il se fait que ces « soi-disant hautes castes » (so-called upper caste) sont des Magars. Les Magars bien qu'étant, avec les Rai, Limbu, Tamang et Gurung, parmi les premiers occupants du Népal des collines et des montagnes, de type mongoloïde, et sans doute eux-mêmes considérés comme « hors-caste » par les castes aryennes, brahmines, kshatriya et vaishya, se considèrent donc comme « haute caste » par rapport à leurs voisins dalits locaux. Leurs droits à ce titre ne tient sans doute qu'au fait que Ruwale se trouve peut-être en territoire historiquement,  magar, et sans doute encore plus probablement qu'ils y sont majorité.

C'est donc le « castéisme » qui constitue le problème, plutôt que telle ou telle caste – brahmines ou kshatriyas – même si ces dernières furent d'abord et longtemps les principales promotrices du premier. À partir de celui des brahmines et des kshatriyas, le castéisme s'est donc inscrit comme principe organisateur dans le tissu social des sociétés indiennes au point d'être assimilé aussi par les « castes inférieures ». Si même au début il a pu s'imposer par la force – comme le fit l'aristocratie en Europe – par la suite il se réduit souvent à un mécanisme assez lâche d'intimidation par des groupes localement majoritaires, de minorités locales, réduite au statut de « boucs émissaires ».

The Himalayan Times annonce aussi qu'un couple « mixte » dont l'un des partenaires, probablement le garçon, est un dalit a été obligé de quitter son village d'origine dans le district de Myagdi suite au menaces de la famille de la jeune femme. Le couple a demandé et obtenu l'assistance du Nepal Jatiya Utpidit Mukti Samaj, organisation satellite du CPN-UML pour obtenir le subside accordé aux couples mixtes mentionnés plus haut. Beaucoup de ces couples ne sont pas informés de leurs droits. 

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