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jeudi 3 mars 2011

Le Népal a un Premier ministre et aurait ... un gouvernement. Loi pakistanaise contre le blasphème


Le 2 mars 2011

Rentré depuis un peu plus d'un mois (le 29 janvier 2011) juste à temps pour jouir de la dernière offensive de l'hiver belge, confortablement ré-installé dans ma tour d'ivoire liégeoise, j'ai enfin le temps de mettre de l'ordre dans les dernières coupures de presse népalaise emportées.

Au 25 janvier, les derniers faits marquant de la vie politique népalaise étaient la participation de la PLA (armée populaire) maoïste à la cérémonie de transfert des compétences en matière de gestion des différents groupes armés ayant participé à la guerre civile au SC (Special Comitteee for Supervision, Integration and Rehabilitation of PLA combatants), et l'octroi par le Président de l'État, Ram Baran Yadav, d'un dernier délai pour aboutir atteindre à un accord de gouvernement. Ce dernier délai arrivait à échéance le 26 janvier. Tous semblaient par ailleurs accepter le principe d'un gouvernement d'une coalition entre deux des trois principaux partis ou de gouvernements par rotation (tous les 4 mois) jusqu'à la complétion de la Constitution et la résolution du problème des combattants maoïstes.

Tout se jouait entre les trois partis principaux – Congrès (NC), maoïstes et UML – et surtout entre les deux fractions, gauchiste et centriste de l'ULM, le leader de la première, Jhala Nath Khanal, également président de son parti, étant partisan d'une coalition UML-mao, et le Comité permanent du parti d'une coalition NC-ULM.

Le Kathmandu Post du 25 rend compte des dernières escarmouches entre les maos et le Congrès avant l'échéance du 26, le lendemain, le NC réclamant de conduire le premier gouvernement, arguant que les coalitions précédentes avaient été conduites par les maos et l'ULM, les maos répétant leurs prétentions à la conduite d'une coalition arguant du fait qu'ils sont le plus important des trois partis principaux. Ils proposent aussi que leurs forces soient intégrées dans une nouvelle agence ad hoc, plutôt que dans les agences sécuritaires – armée, police et police armée – existant déjà.

L'édition du même quotidien, le 26 janvier, enregistre peu de nouveautés sinon que plusieurs petits partis madeshi (MJF, TLMP, Sadhbhavana) dont les rivalités ont contribué à défaire une alliance (SLMM : Samyukta Loktantrik Madeshi Morcha) qui aurait pu les mettre au nombre des "grands partis", ont décidé de réactiver leur alliance.

On y apprend aussi que le UPR (Universal Periodic Review, Genève), organe de l'ONU chargé de suivre les progrès dans l'application des traités en matière de Droits de l'Homme, reproche au gouvernement népalais d'avoir présenté dans son rapport les "efforts faits" en vue d'une meilleure application de la loi sans rendre suffisamment compte des résultats de ces efforts. Le UPR s'inquiète particulièrement de l'impunité des atteintes aux droits des dalits, des femmes, des enfants et des invalides ainsi que des cas de torture par la police lors de gardes à vue.

Transitant par Londres le 28 janvier, je lis dans The Independent que Mumtaz Quadri, garde du corps de Salmaan Taseer, gouverneur du Pendjab pakistanais, qui assassina son employeur pour le punir de s'opposer à la loi punissant le blasphème de la peine de mort. Cette loi est fréquemment utilisée pour intimider ou faire chanter des non-musulmans ou des musulmans soupçonnés de tiédeur.

Mumtaz Quadri appartenait pourtant à la mouvance soufi de l'islam pakistanais, elle-même en butte aux exactions de l'islam wahabite et du Deoband, école juridique connue pour son interprétation littéraliste de la Charia. Depuis le meurtre du gouverneur, la famille de Mumtaz Quadri est couverte de louange et de dons divers y compris par des organisations sunnites telles que le Sunni Tehreek de la secte sunnite "modérée" Barelvi. La mise occidentale de la journaliste TL Meher Bokhari, par ailleurs virulemment anti-Talibans, ne l'empêcha pas d'encourager le meurtre et de l'approuver une fois perpétré. L'islam pakistanais a beau comprendre des variantes multiples, allant du sunnisme wahabite au chiisme et les ahmadistes en passant par le soufisme et les écoles plus tolérantes du sunnisme pakistanais traditionnel, l'opposition à la réforme de la loi sur le blasphème semble faire l'unité parmi eux conclut le journaliste Omar Waraich, musulman lui-aussi.

Le 3 mars 2011

Au Népal, la situation semble se débloquer depuis que Jhala Nath Khanal, président de l'ULM et leader de la fraction "gauchiste" du parti a été désigné comme Premier ministre le 3 février dernier, à la tête d'une coalition UML maoïstes. On apprend aujourd'hui (Nepali Times) exactement un mois après, un dernier point de contention qui portait sur le portefeuille de l'Intérieur, revendiqué par les maoïstes étant résolu, que le nouveau gouvernement est enfin en place à l'issue de sept mois de crise. Il comprendrait onze ministres maoïstes.

Khanal aurait promis à Prachanda que le portefeuille de l'Intérieur reviendrait aux maos lorsque que le processus d'intégration des forces maoïstes dans l'armée et la police serait suffisamment avancé (The Kathmandu Post).