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dimanche 26 septembre 2010

Retour à Mac Leod Ganj, Himachal Pradesh, Inde

Mac Leod Ganj

Vendredi 22 septembre 2010

23 h 45

Arrivé avant-hier, le 20, je fus d'abord heureux de retrouver Mac Leod, les montagnes, la fraîcheur, mais surtout d'avoir échappé à New Delhi et de me poser pour quelque temps, trois mois. De retrouver East Home Appatments aussi, Sanjeev toujours aussi confus et rusé, et Priya, cette veille américaine désabusée qui doit avoir été serveuse au moins, peut-être pute, ou peut-être simplement hippie. Le pseudo internet de son fils, resté en Californie, est « zenmonkey ». Devenue Indienne et, comme eux, cynique, elle donne à présent des cours d'anglais à des asiatiques et moines de toutes nationalités. De ces derniers, elle ne me cache pas qu'elle n'en pense pas grand chose. Guère plus que des religions en général. Ce qui ne l'empêche pas de pratiquer encore la méditation. Nous avons tout pour nous entendre. Elle est aussi très utile dans la maison comme interface entre Sanjeev et les Occidentaux.

Hier, il a plu toute la journée. N'ayant encore ni connexion internet ni TL, je me retrouve face à moi-même et médite sur le vieillissement et ses désagréments, bien réels même lorsqu'on est en bonne santé.

Ce soir je suis rentré tôt de ma brève promenade de santé en ville, au Main Chowk. C'est à des moments comme celui-ci que je suis content d'avoir téléchargé sur mon ordinateur une grande partie de mon répertoire favori de musique classique. J'écoute Le Chant de la Terre de Mahler, qui convient à mon humeur ainsi qu'au paysage de cette partie de l'Himachal.

Retrouvé ce midi Prakash, mon cireur de pompes et fournisseur de charas. Tout en récurant mes chaussures boueuses, ce jeune marginal du Rajasthan m'en glisse une crotte. J'estime le cirage et le petit bout (1 ½ gr) à 300 INR. Cela doit être bien payé car il ne proteste pas. Un des personnages les plus sympas de Mac Lod, dont je ferais un ami si je lui faisais confiance, ce que je ne fais pas. Vrai tête d'asura (démon hindou).

En écoutant Mahler, un peu de H mélangé à une bidi réduite en poussière dans ma pipelette m'aident à altérer la perception du temps – la ralentir ou l'accélérer, je ne sais – comme le font aussi la TL ou le surfing. La légère euphorie hashishique m'aide à combler aujourd'hui leur absence.

Le 23 septembre 2010

Deux jours après mon arrivée, malgré ma satisfaction d'avoir retrouvé le confort relatif – mais certain d'après les normes indiennes – de L'East Home Apartments, je suis à nouveau parfaitement en phase avec l'ambiance de la ville, évitant en général les commerçants Indiens - en général hautains et désagréables  - un peu moins les Cachemiri – que je préfère mais dont je me méfie – et entretenant avec les Tibétains des rapports neutres et bienveillants.

Vendredi 24 septembre 2010

Toute l'Inde, attend les CWG (Commonwealth Games) qui doivent se tenir à New Delhi la semaine prochaine. Mais des éclaireurs des Comités olympiques de pays participants – Écosse, Pays de Galles, Nouvelle-Zélande – ont trouvé les installations du Village Olympique impropres à l'habitat humain ( unfit for human habitation ). Ils y auraient trouvé des chiens errants couchés sur les lits destinés aux athlètes, ainsi que des caves inondées, ce qui offre un milieu idéal pour les moustiques propagateurs de la dengue. Une passerelle piétonnière s'est effondrée faisant vingt-cinq blessés parmi les ouvriers, ainsi que le plafond d'un local destiné à l'entraînement des athlètes. Ce dernier « incident » n'a pas fait de victimes. Par ailleurs un attentat a fait deux blessés – taïwanais – aux abords de la mosquée Jama.

Trois jours après ces événements et incidents, Kalmadi, président du Comité olympique est toujours aux abonnés absents, laissant au Premier ministre, Manmohan Singh, au ministre des sports MS Gill et au ministre du développement urbain, Jaipal Reddy, le soin de tenter de recoller les morceaux. Doué, paraît-il pour la « communication », il avait pourtant récemment prédit que l'on se souviendrait des Jeux de Delhi comme les plus réussis jamais tenus, éclipsant même les derniers Jeux de Pékin...

Les CO de l'Écosse, du Pays de Galles et de la Nouvelle-Zélande ont conditionné la participation de leurs athlètes à l'amélioration des conditions d'ici jeudi prochain le 30 septembre. De nombreux athlètes on déjà individuellement annulé leur participation sous divers prétextes.

Tout cela en dit long sur cet aspect de la culture indienne qui consiste à essayer de vendre du vent le plus cher possible, à se montrer incapable de communiquer sur le fond, à travailler en équipe et à reconnaître les problèmes afin de les résoudre collectivement. On sent venir l'argument suivant lequel la qualité des installations olympiques n'est pas du ressort du CO mais du gouvernement. Chacun son boulot, et après moi les mouches. Voilà où mène l'hyper-spécialisation professionnelle de la structure de castes qui ne laisse rien à désirer à la fragmentation des sociétés du Moyen-Orient en appartenances religieuses. C'est en fait quasiment la même chose.

The Times of India (24th September) rapporte, en page 6, qu'un chien appartenant à une famille de Rajput de Manikpur, près de Bhopal, a été « excommunié »par ses maîtres pour avoir mangé un morceau de pain offert par une intouchable. La pauvre bête est maintenant attachée à un poteau dans le quartier des intouchables (dalits) et Sunita Jatav, l'intouchable amie des bêtes a été condamnée à une amende de 15 000 INR (300 $).